‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la moraleChapitre 80 sur 212 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

i 16 I. LUNDI DE CARflMl .

prix, le répandit sur les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux, et la maison fut remplie de l'odeur du parfum (1). Uu'y a-tsil de plus louable, de l'intention de cette femme, de son œuvrejde piété, ou de l'exemple que vous donne sa vertu ?

4° Cette femme montre une âme reconnaissante, généreuse et embrasée d'amour. Ce qu'elle avait fait autrefois en mémoire de sa conversion et de la rémission de ses péchés, elle le t'ait de même maintenant en reconnaissance de la résurrection de Lazare son frère, qui était l'un des convives : mais vous, que de bienfaits vous recevez avec ingratitude, et combien vous en abusez même envers votre bienfaiteur !

Marie n'attend pas l'occasion, mais elle la cherche, elle <aisit la première qui se rencontre, afin de montrer au Seigneur l'ardent amour qui la consume et de lui en donner des preuves. Nous, au contraire, nous rejetons les saintes inspirations et nous négligeons les occasions qui nous sont offertes. L'amour, agité et inquiet, pense toujours et suggère beaucoup de choses, et ce qu'il suggère ingénieusement, il le fait avec empressement; s'il ne fait rien, dit saint Grégoire, ce n'est pas un amour.

L'amour est fort et généreux : Marie se présente tout à coup dans le repas, sans craindre d'être importune, sanc craitidre les langues médisantes qui avaient déjà désapprouvé sa conduite chez Simon ; elle dédaigne courageusement le mépris des hommes ; « car l'amour est fort -( comme la mort, sa lumière est une lumière de feu et a de flamme (2). » Celui qui pour une légère difficulté abandonne ce qu'il avait commencé, n'est pas un amant solide ; il en est de même de celui que la crainte des hommes et le respect humain retient et abat, qui désire plaire à Dieu, mais qui craint de déplaire aux hommes.

2° Le témoignage de respect de cette femme fut hum-

(1) Jean 12. — (*) Cant. 8.

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