J GO I. MERCREDI DE CARÊME
3° il vend son Seigneur et son Dieu, non à sa Mère ou à ses amis, ni à ses disciples, mais à ses ennemis les plus furieux, qui ont soif de son sang, et qui ne l'achètent pas pour en retirer un profit, mais pour l'immoler et le perdre ; alors il alla vers les princes des prêtres, qui, animés d'une envie furieuse contre Jésus-Christ, s'étaient déjà réunis en conseil pour aviser au moyen de le prendre et de le faire mourir. Quelle inhumanité ! quelle cruauté î quel crime détestable !
Rien n'arrête Judas ; qui pourra supporter un tel forfait ? qui ne serait indigné? cependant qui ne commet pas le crime de Judas? Tout chrétien qui pèche gravement vend son Dieu, son Seigneur, son bienfaiteur, de qui il fait profession d'être le serviteur, le disciple, l'ami ; il le vend à ses adversaires, à la puissance des ténèbres ; il le vend et le livre pour le faire bafouer et crucifier. Mais ceci regarde particulièrement ces mauvais chrétiens que rien n'arrête, pas même les plus affreux sacrilèges accompagnés d'impiété, d'ingratitude et de perfidie, de cruauté et de mépris, lorsque, s'approchant delà sainte Eucharistie pour devenir ses convives, ils le livrent à ses ennemis pour l'outrager et le crucifier. « Malheur à l'homme par qui le Fils « de l'homme sera livré! il eût mieux valu qu'il ne fût ja- « mais né (1). »
IIIe Point. — // leur dit: Que voulez-vous me donner } et je vous le livrerai? Eux convinrent avec lui de trente pièces d'argent (2). Jésus-Christ est vendu à vil prix par son disciple et acheté par les autres.
1° Judas vendit son Seigneur et son Dieu au prix d'un vil esclave, trente pièces d'argent ; il eût été disposé à le vendre à un prix inférieur, même à tout prix : Que voulez-vous me donner? dit-il; eux lui promirent trente pièces d'argent. Le prix de ce crime était d'autant plus vil que l'injure était double; car elle retombait non
(i) Matth. 26. — (2) Ibid.