‹ Meémoire sur les moyens de distinguer les bons œufs de vers à soirChapitre 1 sur 24 · ÉDUCATIONS DE · texte numérisé non relu

ÉDUCATIONS DE

Peu de mots suffiront pour exposer le but et le plau de ce travail.

On sait assez dans quelle situation critique se trouve , en France, ainsi que dans les autres contrées sérigènes, la belle industrie de la soie , naguère si florissante. Une affection épidémique s'est abattue sur toutes les races de vers à soie y sans exception ; elle a envahi successivement tous les ateliers, détruit toutes les sources ordinaires des grainages, et nous a réduits à pousser jusqu'au fond de l'Asie la recherche des races vierges du fléau.

Forcé de recourir ainsi aux graines étrangères offertes par le commerce, l'éducateur a naturellement porté son attention vers les caractères les plus propres à faire distinguer les œufs sains de ceux qui pouvaient être soupçonnés d'infection. De tous côtés ont surgi des procédés, des méthodes qui devaient donner cet important résultat.

Mais jusqu'ici aucun de ces {procédés, aucune de ces méthodes n'a rempli le» oottdkioofi à% ce programme qu'on peut formuler en ces termes :

Indiquer le moyen de distinguer les graines qui donneront des vers sains de celles qui doivent donner des vers malades.

Personne n'ayant résolu le problème, on a eu recours aux éducations d'essais précoces dont il paraît inutile de parler UA ^nc détail, ceà 4ducaiîond et leurs reibarqueblôâ résultats étant certainement connus de touè ceux qui liront ce travail.

II n a pas paru superflu, malgré l'extension et la multiplication des établissements qui se livrent aux éducations d'essais» de continuer à étudier sous toutes leurs faces les diverses évolutions dti ^er à àôte. Car, si l'on parvenait à découvrir dans les œufs un signe caractéristique de la présence de la maladie, on aurait à sa disposition deux moyens au lieu d'un pour déterminer la qualité 4es «eufs. Un degré de probabilité de plus rendrait un grand service à l'industrie. L'expérience, en effets a démoiiU^é que les éducations précoces ne donnaient pas constamment des résultats semblables à ceux des éducations industrielles.

Quelquefois les succès de ces éducations en petit ne se sont pas reproduits dans les éducations normales» et quelquefois ^ussi le contraire est arrivé i des parties d^œufs coo^ damnées en mars on4 donné de beaux produits en juin.

Je m*empresse cependant de reconnaître l'importancô du service rendu par ceux qui ont imaginé ces éducations d'essais et les ont pratiquées les premiers.

Ouoi qu'il en soit, placé dans des conditions différentes» je me suis efforcé de résoudre le problème sous un autre point de vue, celui que j'indiquais plus baut« Je me suis demandé s'il ne serait pas possible qu'il se trouvât dans les œufs quelque caractère saisissable et duquel on pût conclure que les œufs dans lesquels on l'aurait aperçu devraient donner des vet*s sains ou des vers atteints de la maladie.

Voici comment j'ai attaqué ce difficile problème :

Je me suis procuré^ au printemps de 1860» un certain nombre d'échantiilons d'œufs de vers à soie.

J* ai examiné ces échaotUions avec un grand soin , et je me suis efforcé de les classer par ordre de qualité, en utilisant tout ce que Ton savait à ce moment pour établir des probabilités.

Pour la plupart de mes échantillons, jMgnorais leurs antécédents, c'est-à-dire que je ne savais pas s'ils provenaient de vers ou de papillons sains ou plus ou moins malades.

Pour quelques échantillons, j'avais appris, au contraire, qu^l existait, soit en leur faveur» soit contre, des probabilités de succès ou de déception. Le résultat de l'élevage de tous ces vers devait confirmer ou infirmer les probabilités. Si j^avais bien jugé les œufs, il devenait possible, en procédant comme moi, de choisir les bons et d'écarter les mauvais. Telle a été la pensée fondamentale de cette expérience. Il va sans dire que, chemin faisant, j'ai recueilli attentivement tout ce qui pouvait m'éclairer sur la nature de la maladie des vers à soie» les causes qui la produisent, les moyens de la prévenir ou de la traiter.

Afin de ne pas confondre ces diverses études et de rendre plus clairs les résultats affirmatifs ou négatifs que f ai obtenus;^ je diviserai mon travail en trois parties.

Dans la première, je rendrai compte de Texpérience, c'est-à-dire des deux éducations que j'ai faites en 1860, l'une au printemps, Fautre à l'automne. Ce sera l'exposé des faits.

Dans la seconde partie, je discuterai les faits et les résultats, au point de vue du problème qu^il s'agit de résoudre ; ce sera la conclusion pratique.

Enfin, dans la troisième partie de mon mémoire, j^envlsagerai les résultats et les questions sous un point de vue plus scientifique. On verra qu'il resté encore beaucoup de choses à faire et à apprendre sur le ver à soie.

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