ÉDUCATIONS DU PRINTEMPS
REHARQUES GÉNÉRALES.
Avant d'entrer dans l'exposition des détails de mon éducation du printemps, je crois devoir donner ici, telles qu'elles sont consignées sur mon registre d'expériences, les observalions recueillies pendant le travail. Ces observations ont été écrites sur le moment et sous l'impression du fait qui leur donnait lieu, sans prévision de publicité; je crois qu'elles n'en auront que plus de valeur aux yeux des sériciculteurs pour caractériser mes résultats et justifier mes conclusions.
Ces observations feront voir que mon expérience a été entreprise sans aucune espèce de parti pris ni de prévention. Je n'avais sur mes œufs d'autres renseignements que ceu:;;: qui résultaient des noms sous lesquels ils m'avaient été offerts.
Je tenais ces œufs de différentes personnes, et principalement de MM. Mitiâot, Nourrigat, Guérin -Mène ville, Mares, Loignon, Tartaglia, Pommier, etc. Il n'y a point eu d'incubation artificielle ; j'ai attendu que les vers éclosent spontanément.
L'éducation a été faite dans une pièce de mon appartement, claire, aérée, sèche ; d'abord sur des papiers, puis sur des claies d'osier blanc.
Les vers ont été rames avec du bouleau. J'ai pu disposer, grâce à la bienveillance de M. Rivière, jardinier en chef du Luxembourg, de tous les Mûriers qui existent dans les jar« dins du palais.
Il y a plusieurs Mûriers blancs non greffés et des Multicaules. Les uns et les autres sont de grands arbres dans toute la force de la végétation.
La feuille a été constamment aussi belle qu'on pouvait le désirer; elle a été coupée pendant toute l'éducation, afin de mieux s' approprier* à de petits lots de vers.
Je donne plus loin le tableau de la température observée pendant toute l'éducation. La moyenne de cette température a été de 19 degrés centigrades; le maximum âS"* et le minimum 15%5.
On a chauffé l'atelier toutes les fois que cela est devenu nécessaire. Les conditions atmosphériques n'ont pas différé, à Paris, de ce qu'elles ont été dans la plus grande partie de la France pendant la saison de 1860.
Voici maintenant les notes journalières de mon registre.
MOTBB JlOIJilJVAlillIRES.
15 mai. Il commence à paraître des vers sur quelques échantillons. En général , on recueille pour l'éducation Técloslon la plus abondante.
21 mai. Il n'y a encore aucune mue. Évidemment quel-* ques lots sont beaucoup plus avancés que les autres.
Je donne cinq à six repas par 24 heures : à 7 heures du matin , 11 heures; 3 heures, 7 heures et 11 heures du soir.
32 mai. Les mue& approchent ; on en voit quelques-unes.
23 mai. La plupart des vers sont en première mue ; ils y seront presque tous demain.
Je ne remarque encore rien de particuUer, si ce n'est l'inégalité des vers de Chine.
24 mai. Je ne vois encore aucun symptôme de maladie. La première mue se- passe très-bien ; seulement les vers ne sont pas très-égaux.
M. de Retz est venu aujourd'hui visiter Téducation. Il aurait désiré que j'eusse pesé les œufs de chaque échantillon. Je lui fais remarquer que c'était déjà une tâche bien difficile pour moi que d'élever à Paris les vers de trente-deux échantillons d'œufs.
25 mai. Rien de remarquable.
26 mai. Je ne vois encore rien qui annonce la maladie.
39 mai. Depuis avant-hier le froid retarde les vers.
Je fais du feu, sans élever beaucoup la température.
J'observe des morts dans plusieurs catégories, notamment dans les vers de la cellule D de M. Mitifiot.
30, 31 mai. 1 , 2, 3 juin. Je ne» vois rien de remarquable. A mesure que les vers sortent de la deuxième mue » j'en prends vingt que je mets h part; je supprime les autres.
4 juin. Tout va bien* J'avais mis à part les vers qui me semblaient mdades ou suspects. Je ne vois pas qu'ils diffèrent beaucoup des autres en ce moment. Cependant quelques catégories se sont peu à peu réduites ; il reste peu de vers dans quelques-unes; j'en prends note.
11 juin. L'éducation marche bien, êti général. Je vois beaucoup de petits dans certaines catégories, surtout dans celles des cellules de M. Mitifiot. Vingt-huitièmç jour de réducatton.
12 juin. A mon grand regret, je suis obligé de remplacer momentanément la feuille de mûrier blanc ordinaire par de la feuille de multiçaule; cette feuille, du reste, «st magnifique*
^3 juin» Jô ne remarque encore aucun inconvénient qoi puisse être attribué è cette substitution.
14 juiUf Dès le 14» je remarque quelques jaunisses.
IÇ juin. Les vers entrent en quatrième mue; trentedeuxième jour de Téducation, pour la plupart. Ils sont toujours très-beaux. Je trouve quelques rares malades seulement» et rien qui annonce la gattine.
17 juin. Je continue à regret la feuille de multiçaule encore un jour et demi (du 16 au 17); puis je reviens au mûrier blanc.
18 juin. Je ne vois plus de jaunisses, une tout au plus; mais ce ver a en même temps la gattine; c'est évident. Je 1^ compare avec un v^r pébriné pur, la différence est sensible. Tous deux ont des taches et l'appendice caudal attaqué; mais Tun cumule manifestement la pébrine et la jaunisse , l'autre n'a que la pébrine.
Je compare ce dernier avec les figures du mémoire de M. de Quetrefages, et je reconnais la parfaite exactitude des figures de cet habile observateur.
Jusqu'à présent j'ai remarqué plutôt des petits que des pébrinés. Les petits, que je m'efforce de soigner, disparaissent néanmoins peu à peu, et meurent comme atrophiés : cependant, aujourd'iiui, j'en conserve encore pas mal; nous verrons ce qu'ils deviendront.
23 juin. Je remarque dans deux séries un symptôme qui m'était inconnu. Sur la tôte principalement, au sommet des plis de la peau, on voit des espèces de taches blanches. Il semble que ce soient des phlyotènes dont la pellicule est blanehe; elles ne sont pas saillantes. Le corps des vers qui présentent ce$ taches est parsemé d'une poussière blanche resseooblant à des grains de fécule; cette poudse se trouve surtout aux environs des tachée blanches (1).
La montée commence, mais faiblement.
25 juin. C'est aujourd'hui seulement que la montée se prononce avec ensemble : 43* jour de T éducation.
5 juillet. Aujourd'hui je puis déramer la plupart des séries. Je prends le poids dé cocons.
6 juillet. Je mets dans l'esprit-de-vin quel<)ues vers retardataires malades.
20 juillet. Les papillons ont commencé à paraître le 13 dans les deux échantillons de chinois; puis le 16, le 17, dans quelques autres. Aujourd'hui plusieurs races n'ont encore rien donné.
Jusqu'à présent je n'ai pas eu beaucoup de papillons malades. Deux ou trois ont montré de légères taches semblables à de la suie ou du tabac. Pareil nombre a montré un côté du corps noirâtre, comme s'il avait reçu la fumée d'une chandelle; mais plusieurs femelles ont paru gonflées,
(t) M. Nourrigat avait fait la même observation et Ta eommoDiquée à la Société impériale et centrale d'agriculture, séance du 27 juin iSêO.
comme boursouflées : leur sang était prêt à jaillir par les plis de Tabdomen, et il s'est, en effet, échappé dans quelques-unes. Cetle pléthore m'a paru causée par une quantité surabondante de liquide excrémentitiel (par la grande place que ce liquide occupait dans le corps des papillons); car, lorsque ces femelles ont pu se vider, elles ont, en effet, évacué une quantité énorme de ce liquide brun rougefttre que chacun connaît. Quelques-unes ont aussi rejeté du liquide blanc jaun&tre analogue à leur sang.
Plusieurs femelles et quelques mâles sont lourds, languissants, peu disposés à Taccouplement.
En général» les signes de la maladie sont moins sensibles que dans les vers, ce qui se conçoit sans peine, les cocons provenant, en général, des vers qui ont plus ou moins échappé àja maladie.
Je n'ai vu ni un ver muscardiné, ni un papillon atteint de la même affection.
Ce qui parait le plus saillant jusqu'à présent, c'est une surabondance de liquide excrémentitiel. Est-elle due à un défaut de transpiration ou à toute autre cause? L'année prochaine, il faudra peser les vers et s'assurer s'ils perdent de leur poids eu se convertissant en cocons. (Cette expérience a été faite à l'automne suivant. (Voir plus loin.)
En consultant le mémoire de H. de Quatrefages, je retrouve la description des mêmes symptêmes, surtout le papillon noirci ou gris.
Quant aux œufs, je les suis Jour par jour, et je note les ^changements de couleur.
Je donne, en général, les mftles vers dix ou onze heures, quand les femelles sont vidées, et je les enlève le soir vers onze heures, quand ils ne se sont pas détachés d'eux-mêmes. L'acpouplement a donc duré douze heures.
21 juillet. Ce matin, je prends plusieurs fois des mâles pour des femelles, tant ils sont gonflés. Ils se vident dans une proportion qui m'élait inconnue, et alors on s'aperçoit que ce sont des mftles.
26 juillet. En notant les changements de couleur qui se produisent dans les œufe, je remarque que la première modification, dans laquelle les œufs passent du jaune au chamois, ne s'opère pas très-uniformément dans la masse d'une même ponte. On voit souvent des œufs déjà chamois, tandis que d'autres sont encore jaunes. Il n'en est pas de même pour les deux au très modifications, lilas et gris : elles se font très-uniformément dans la même ponte.
Jusqu'à présent je n'ai rien remarqué dans les œufs, même dans ceux des femelles les plus malades, qui dénote un état de maladie et qui diffère de ce qui se passe dans les œufs les plus sains.
J'avais cru remarquer, ces jours-ci, quelques phénomènes particuliers dans le mode d'apparition et les caractères du trèfle ou organe dont se sert la femelle pour chercher la place destinée à recevoir l'œuf qu'elle va pondre ; mais ces phénomènes n'ont pas présenté assez de suite pour qu'il me parût possible d'en tirer des inductions quelconques. C^est à revoir (1).
Je remarque qu'en général les miles sont bien moins malades que les femelles.
Je vois aussi (chose bizarre) que les taches qui se montrent sur les ailes existent presque toujours sur les ailes du côté gauche.
J'essaye sur plusieurs femelles de laver lespartiessexuelles, parce que je remarque que souvent ces parties sont desséchées ou obstruées par de la déjection. Plusieurs fois, en effet, des femelles pondent sur-le-champ après cette espèce de bain local ; mais cela ne réussit pas toujours.
Convaincu que mes papillons se trouvent dans le cas d'exécuter des évacuations extraordinaires, j'essaye d'en
(1) Je remarque que le trèfle est Jaune ehez les papiUons de race à cocons jaunes , et blaoc chez les papillons de race à cocons blancs. La différence de couleur du sang qui existe dans le ver se maintient donc dans les papillons; elle se rctrouye, comme on sait, dans les œufis.
peser avant et après TévacuatioD; mm c^la est difficile, parce qu'il faut saisir juste le momentfavoraWe. Ou trouvera plus loin les résultats de quelques-unes de ces eomparaisons»
Telles sont les notes écrites sur mon registre d^expé* riences. Je vais maintenant mettre sous les yeuï du lecteur les notes recaeillies sur chaque race et sur chacune des sé^ ries qui ont composé l'^ducatioti du printemps de 1860. J'aurai ensuite à eiposer les faits de l'éducation d'automne, puis enfin à tirer du tout les conclusions qui paraîtront suffis samment appuyées de preuves*
RACE D'aIYDRIINOPLE (N* 1 DE M. KOURRIGAT).
Œufs de 1859. — Examen du 23 avril 1860. Assez beaux œufs, d'un joli gris 5 probablement une race blanche. Ils ne sont pas d'une couleur uniforme. Quelques-uns sont rougeâlres, d'autres verdâtres, quelques-uns jaunâtres; enfln on en voit dont 'l'aspect général ne peut être mieux comparé qu'à celui d'un petit fragment arrondi de fromage de Gruyères. Pour abréger, je désignerai cette espèce d'œufs sous le nom de fromages.
La moucheture est très-fine, régulière et détachée. Ces œufs sont déjà avancés (1).
La proportion des défectueux est de 12 pour 100. Ces œufs me paraissent d'une qualité douteuse-, je me défie des fromages.
IX) QiiAnd j*ai recueiUi ces notes sur la moucheture des œufs eu avril 1859 , je o^aTais pas eocore , sur la membrane réticulaire qui constitue il mooeheUiiie, des idées nossi précises qa*aojourd'fani et «a mement de l'examen des auis en janvier 1860; on remarquerii donc ufie assez gnifide éifiérence dans la manière dont la moucfaet^re a àé décrite aux deux époques.
Vers. — Les vers sont nés en grande partie le 15 mai et spontanément. Ils sont beaux.
Mues. -^ Première, le 26 mai;
Deuxième, le 1*' juin ; .
Troisième, le 9 juin ; Quatrième, le 19 juin.
Montée, du 28 juin au 10 juillet.
Durée de Téducation, environ 40 jours. Les vers ont tous montré des signes plus ou moins prononcés de pébrine. D'autres vers cependant ont été plus malades que ceux-ci.
Cocons, -^ Je recueille des cocons d'un assez beau blanc« pesant, en moyenne, 2 gr« IT, el contenant 16 pour 100 de soie. C'est une très-belle proportion, puisque la moymne des anciennes races du Midi n'est que de 12 pour 100 de soie sur 100 de cocons frais. Hais il faut remarquer que la montée ayant duré dix à douze jours, au moment où l'on a pesé les cocons/ plusieurs avaient déjà beaucoup perdu de leur poids.
Ces cocons sont presque^ tous satinés; cependant, traités avec intelligence à la filature, ils seraient d'un bon rendement en soie de second blanc un peu verdâtre.
Papillons. — II est né dix femelles capables d'être accouplées et de pondre. Les mâles étaient assez beaux.
N* 1. — 14 juillet. Une femelle ordinaire. Évacuation
abondante et de très-bonne qualité. On a dû donner un
mâle chinois, parce qu'il n'était pas né de mâle dans sa
race. Moucheture essentiellement pointillée ; quelques traces
de réseaux.
Pontes. CEo&grit. CBalii jtanes.
Première 464
Ces œufs, d'un gris jaunâtre douteux et petits, sont arrivés, le cinquième jour, à la couleur définitive.
H* 2. — 17 juillet. — Une belle femelle, à laquelle on donne aussi un mâle chinois.
Pontes. QEttfs gris. CEufs jaunes.
Première 4&3
Ils sont d'uD beau gris-ardoise pâle, gros, et arrivent, le septième jour, à leur couleur définitive.
N** 3. — 27 juillet. Femelle ordinaire, à laquelle on donne un mâle de la race d'Andrinoplê.
Pontes. CEttfs gris. CEafs jaunes.
Première. ...... 374 4
Deuxième. ..... 146 12
En tout 536 beaux oeufs.
Le sixième jour, "ils ont leur couleur normale, beau gris mat, moucheture en réseaux ; quelques-uns mouchetés ou pommelés.
N"" 4. — 27 juillet. Une femelle tellement gonflée, qu'elle est prête à crever. Elle rend une liqueur brune très-suspecte.
Elle pond des œufs dont un dixième environ n'est pas fécondé.
Ils deviennent d'un gris roux; le reste est jaune, La femelle meurt misérable le troisième jour.
N"" 5. — 27 juillet. Une femelle ordinaire qui ne pond pas le premier jour.
, Pontes. CEnfs gris. CEafs jaunes.
Première 480 25
Deuxième. 100 25
En tout 630 œufs.
Ces œufs n'adhèrent pas au papier. Ils sont du plus beau gris-ardoise. La moucheture est abondante, mais pas régulière; quelques beaux réseaux et marbrures irrégulières. Ces œufs paraissent parfaits.
N° 6. — 27 juillet. Une femelle malade qui s'est vidée difficilement d'un liquide brun très-suspect, et qui n'a pas pondu le premier ni le second jour.
Troisième jour. . . . 142 œufs gris.
Ces œ»{s sont d'un gris-ardoise pâle, et paraissent bons; il n'y a pas un défectueux. Ils n'adhèrent pas au papier. Types parfaits de la moucheture pointillée; quelques réseaux.
On supprime cette femelle évidemment malade.
H* 7. — 28 juillet. Une très-belle femelle qui ne pond pas le premier Jour. Le second jour, elle pond après une évacuation de bonne nature.
Pontes. CEnfs gris. CEnfs jaunes.
Première 135 82
Deuxième 135 68
Troisième 54 55
En tout 529 œufs.
Ces œufs ne sont point adhérents aux papiers.
Il est à remarquer que, dès la première ponte, cette femelle donne un mélange d^œufs fécondés et d^œufs stériles. Le sixième jour, gris jaunâtre; mauvais aspect; des fromages. Moucheture variée; mais quelques beaux réseaux; des pointillés; des pommelés.
N* 8. — 28 juillet. Une très-belle femelle.
Pontes. CEufs gris. CEufs jaunes.
Première et deuxième. . 490 10
Troisième et quatrième. .75 13
565 "iF"
En tout 588 œufs.
Pas adhérents. Le sixième jour, beau gris de lin ; quelques roses. Moucheture offrant les types du pointillé avec quelques réseaux. Gris le sixième jour.
N"" 9. — 28 juillet. Une très-belle femelle.
Pontes. (Eafs gris. CEufs jaunes.
Première 355
Deuxième.. ..... 208 13
Troisième 6 6
En tout 588 œufs.
Ces ceufe n'adhèreoi pas aux papiers. Gris de Un ; une partie rosés. Moucheture en réseaux presque parfaite; gris du 6* au V jour.
N"" 10. -^ 31 juillel. Une femdUft en mauvais état.
Pontes. CÊufsgris. CEnfs jaunes.
Première.. .....
Deuxième
Troisième. .....
En tout 890 œufs.
Ces œufe n'adhèrent pas aux papiers. Très-beau gris. Moucheture trè&-irrégulière; réseaux; pointillé; tacheté; marbré.
Œufs. •**- U résulte des détails précédents que les femelies de cet échantillon ont donné, en moyenne, 520 œufe.
Les infécondes ou défectueux se trouvent dans la propor** tion de 7 et demi pour 100 environ ; ce qui est une faible proportion. Quelques femelles môme n'ont pondu que des œufe parfaitement fécondés.
Il est à remarquer que, à Texception d'une seule, toutes les femelles ont donné des œufs qui n'ont pas adhéré aux papiers. C'est ce qu'on appelle, dans le Midi, des graines sanfi enduit ou à grmutaux.
Au moment de la ponte, ces œufs avaient une coideur jaune pftie ordinaire.
Les changements de couleur se sont opérés assez régu*^ lièrement, et en moyenne, en 6 jours 1/5 au plus.
La couleur définitive varie dans les différentes pontes entre les nuances propres aux races blanches; gris pur; gris de lin et gris-ardoise. La moucheture a présenté les caractères suivants :
Deux fois, elle est en réseaux parfaits en grande majorité;
Sept fois, en réseaux plus ou moins incomplets.
Trois fois, elle offre des types de pomlillé. C'est donc le réseau ei te poiotillé qui docûinent.
Résumé.
On peut tirer les conclusions suivantes des obserrations recueillies pendant l'éducation complète de celte race :
!• Les œufs de 1859 élaipnt d'une qualité douteuse.
2*" Les vers ont tous montré des signes plus ou moins prononcés de gattine.
30 Les cocons ont été blancs, ainsi qu'on l'avait prévu, et d'une qualité acceptable.
4'' Sur 10 papillons femelles, 5 ont été beaut ou trèsbeaux; les autreâ, ordinaires ou malades; tes màleâ assear beaux*
S" Les femelles ont donné, en moyenne, S2a œufs; ce qui est un bon résultat. Il j avait peu d'œufe inféconds : 7,5 pour 100.
e^" Les œufs étaient de ceux qui n'adhèrent point aux papiers.
7« Les changements de codeur se sont opérés dsseî régulièrement, en moyenne^ en 6 jours 1/5 environ.
8f Les œufe sont d'une bonne couleur et paraissent supérieurs k ceux dont ils proviennent.
Ainsi donc, cette race d'Àndrinople paratt avoir plutôt ^dgné que perdu pendant son élevage , au printemps de 1860, àl'aris..
* RÂCB u'aNATOLIB (N* i I>B M. NOtTARIGAt).
Œufs de 1859. — Examen du 33 avril. D'im gris plu» foncé que les œufs d'Andrinople; moins umf<Mrmes; moin» propres^ quelques-uns sont presque noirs, d'autres d'un gris mat qni annonce tfu'ils sont plus avancés. Pas de rouges,, et moins de ffmMges, 3,5 pour 100 de défeetueus.
Moucheture excessivement fiDe*, elle a déjà disparu dans un grand nombre. Dépression assez forte.
En somme, ces œu^ paraissent assez bons et meilleurs que ceux d'Andrinople; ils sont peut-être d'une race blanche (le résultat a prouvé le contraire). Les défectueux sont dans la proportion de 4 pour 100.
Vers. — Nés en grande partie le 15 mai, ils se montrent bientôt inégaux.
Mues. — Première, le 24 mai ; Deuxième, le l*'Juin; Troisième, le 8td.; Quatrième, le 15 td.
Montée, le 25 juin.
Durée de l'éducation , environ 42 jours.
Au moment de la montée, les vers pesaient, en moyenne 4s,40; ils avaient assez bonne apparence, bien que la plupart fussent gattinés, surtout sur le devant de la tête.
Cocons. — 23 vers ont donné 17 gros cocons jaunes trèssatinés et de mauvaise qualité.
Les cocons pèsent en moyenne 2,16; ils contiennent environ 15 pour 100 de soie grossière d'un beau jaune.
Papillons. — Il n'est sorti à propos que trois femelles. Les mflles étaient assez beaux.
H*» 11. — 20 juillet. Une très-belle femelle qui se vide parfaitement. A la seconde ponte on voit une petite taclie noire sur son aile gauche. Cependant la bête est encore magnifique quand elle cesse de pondre, le sixième jour.
Pontes. CEufs gris. CEiifs jaunes.
Première. . . . r . . 416
Deuxième 61 2
Quatrième 2 5
Cinquième 1 ^3
En tout 528 œufs.
Ces œufs soDt d'un beau gris, tirant plutôt sur le rose que sur le jauue. Cette couleur explique comment, au mois d'avril, j'avais hésité à me prononcer sur la nature de la race. Finissent, le septième jour, leur changement de couleur. Moucheture paitie en réseaux, partie poinlillée.
N"" 12. — 33 juillet. Femelle suspecte, assez bien du reste.
PoDtes.
CEafs gris.
(Eufs jaunes
Le 25 , première. . .
Deuxième. . .
Troisième. .
Quatrième. .
Cinquième. .
Sixième. . .
En tout 514 œufs.
Cette femelle, qui avait paru suspecte, a cependant pondu 514 œufs. Les gris ont bonne apparence; seulement quelques-uns présentent une assez forte dépression^ et je pense que plusieurs même, quoique ayantconservé leur teinte grise, ne donneront pas de vers. Ils ont pris leur teinte définitive le septième jour : c'est le gris-jaun&tre. La moucheture est en réseaux plus ou moins déformés; quelques pointillés.
N* 13. — 98 juillet. Une femelle tzès-belle, qui ne j[K>nd que le second jour.
Pontes.
Première
Deuxième. . . .
Troisième. . . .
CEafs gris.
(Eafsjtuues.
En tout 320 œufs.
Cette femelle, qui ne présentait aucun caractère particulier, n'a cependant vécu que trois jours et a moins pondu que Tautre. Les œufs sont d^un gris jaune sensiblement
différent de la teinte des précédente, peinte définitiTe le siiième jour.
Moucheture : types de pointillés ; quelques riéseaux ; quelques marbrures.
Œufs. -^ Les femelles de cet échantillon ont donné, en moyenne, 454 œufs, dont 6 pour 100 dé déteëtueut.
Le changement de couleur a été complet en six jours.
La couleur définitive est le gris-jaune des races à cocons jaunes.
La moucheture est généralement régulière, fine, en pointillé avec restes de réseaux; quelquefois même en réseaux.
Les œufs sont gros.
Les inféconds sont d'un jaune foncé. Quelques rouges.
En résumé, ce sont de belles pontes, très-bien posées et de bonne apparence.
Résumé.
V IM œùft partifesfent assei bbhs et m^ème supérieurs à ceiil d'Atodriîîople.
5* Lfô vers ont été à peu près tous pébdnés.
3' Cofeons jaunes de mauvaise qualité.
i"* âûr iWs feineltes, deux trèé'-bellefe • les JmAfes béâut.
S* Les femelles Oût donné, èti moyéhitiiB, *84 àduh et éntif on 6 pour lÔO de jauneè.
6" Les œufs étaient adhérents aux papiers.
7* Leur changement de couleur s'est opéré, en moyenne, en sept jours environ (6,62 jours].
8" Les œufs sont d'une très-bonne couleur et ne paraissent pas moins beaux que ceux dont ils proviennent.
La race ne me partit pas avoir dégénéré à Paris.
RACE DE BOUKHAREST (fC' 3 DE M. KOÙàftlGAt).
Œufs de ISSO.^JSlamen du 23 avril 18^0* Belle graine, plus pâle qu)|3 }m précédentes ; uniforme ; quelques jaunâtres
seulement. Probablement race jaune ^ peu ou point de suspects.
Moucheture variée.
Dépression légère^ assez avancée.
En résumé, considérés comme très-bons.
Vers. -^ les vers sont nés en grande partie le 15 mai ; le 19, ils sont très-beaux.
Mues. — Première, le 22 mai; Deuxième, le l*'^ juin; Troisième, le 8 juin; Quatrième, Ip 16 juin.
Montée le 25 juiQ.
Durée de réclucatioa , envirpp iQ jours.
Ces vers ont été constammept, depuis leur naissaf^p^ jusqu'à la montée, avec le n"" 2 de M, Mitifiot, les plus beaux de mon éducation, et cepend,ant ils ont tops, saqs çiEception, montré des.signe^ non équivoques de la ipaladie. Ils sont de la race tigrée, c'est-à-dire qu*ils présentent, sur te p^aUi des barres transversales d'un brun no^râlre»
Sur ces bandes brpnos on rçmarquf^it desp^rti^s nombreuses devenues entièrement noires par le fait de la gattine.
Leur poids moyen a été de 48,40.
Cocons. — Il a été recueilli 26 cocons^ pas un double; d'un beau jaune; pesant frais 2,70 en moyenne, et contenant ll,iO*pour 100 de soie. Ces cocons, sans être d'une qualité supérieure, sont cependant un bon produit, un peu grossier, mais de bonne forme. On serait trop beureux d'en voir beaucoup de semblables sur le marché.
Pfjipillons. *— -Kous avons eu 14 femelles, dont 10 ont pu être accouplées et ont pondu. Les m&les ont été beaux ou aasex beaux. ,
N"" 14. «^ 20 juillet. Une femelle très-belte, mais trèsgonfiée. £Uo ne reçoit le m&le que le 21.
Pontes. CEofs gris. CEafs jaaoes.
Première. ...... 182
Deuxième 243 10
Troisième 40
Quatrième 13 1
Ed lout 489 œufs.
Ces œufs étaient d'un très-beau jaune foncé au moment de la ponte et le lendemain. Le septième jour, ils étaient d'un gris très-jaunâtre; mais ceux du deuxième jour sont très-sensiblement plus gris, ce qui tient à une moucheture plus serrée. Nous aurons plus d'une fois Toccasion de remarquer des différences entre les pontes de la môme femelle. Cette femelle reste très-belle jusqu'à la fin.
Moucheture : reste de réseaux; pointillés; pommelés.
N* 15. — 20 juillet. Une très-belle femelle, mais gpnflée outre mesure comme la précédente. Le mâle, le 20. Le lendemain elle n'a pondu que 21 œufs; elle se vide, une^econde fois, d'un liquide brun de mauvais aspect.
Pontes. CEufs gris. CEafs jaunes.
Première 21
Deuxième. ..... 296
Troisième 23
En tout 340 œufs.
Ces œufs sont» du septième au huitième jour, du gris-jaune des races à cocons jaunes. On remarquera qu'il n'y a pas eu un seul jaune. A la vérité» la femelle n'a pondu que 340 œufs. Elle porte des taches de gattine, tandis que la première n'en a pas eu. Moucheture en réseaux imparfaits; pointillés.
Rw 16 et 17. — Deux femelles plus que douteuses, car elles ont le corps et les ailes d'un gris de mauvais augure. L'une d'elles pond 174 œufs qui restent chamois.
N*" 18. ^ 22 juillet. Une belle femelle qui ne pond que le deuxième jour. Elle finit Irès-belle.
Pontes. CEufs gris. CEars jftanes.
Première 369 4
Deuxième 6 4
Troisième. . ^ . . , , 88 4
Quatrième 15 2