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Archiv. de rnéd., 1873. 0e série, t. XXI, page

tation de Lisfranc n'a pu être régulièrement exécutée. L'articulation du cinquième métatarsien avait été ouverte facilement, mais il fut impossible de trouver les autres interlignes articulaires. Un trait de scie porté sur les cunéiformes acheva la séparation. A gauche, rien de particulier à noter. On remarque, pendant l'opération, le faible écoulement sanguin, et l'insenbilité absolue.

Le malade quitte l'hôpital à la fin du mois d'avril 1867, complètement guéri.

L'examen de la pièce a montré, indépendamment d'une endartérite très accusée, des lésions articulaires qui rendent compte des difficultés de l'opération de Lisfranc : ainsi, l'on constate une fusion complète et osseuse de l'extrémité postérieure des quatre premiers métatarsiens entre eux, avec les cunéiformes et avec la partie antérieure du cuboïde. On peut retrouver, en arrière, une trace des interlignes articulaires. Le premier cunéiforme n'est pas intimement soudé au premier métatarsien; on sépare, par un effort, une partie des surfaces articulaires qui présentent encore un revêtement cartilagineux et des tractus fibreux unissant les surfaces.

On constate, de plus, une ankylose fibreuse très serrée entre le cinquième métatarsien et la première phalange du cinquième orteil. La seconde phalange est unie plus lâchement à cette dernière et tout à fait soudée à la troisième.

Pour les autres orteils, il n'y a pas d'ankylose complète des phalanges, mais, dans presque toutes les articulations, les cartilages sont en partie érodés, amincis, et des tractus fibreux unissent les surfaces articulaires.

On trouve au musée de la Faculté le moulage des deux pieds pris quelques semaines après la guérison.Les résultats sont magnifiques, mais M. Duplay a appris que les ulcérations s'étaient reproduites et que le malade avait fini par entrer à Bicêtre.

J'ai rarement pratiqué ces opérations, les considérant comme insuffisantes d'ordinaire dans les cas d'affections organiques, et comme généralement inutiles dans les cas traumatiques.

Voici néanmoins quelques notes relatives à ce sujet.

Obs. I. — Épithélioma papiïlaire dit bord externe du pied. Désarticulation des quatrième et cinquième métatarsiens. Mort le treizième jour. — Cirrhose du foie1.

B., 47 ans, entre à la fin de juin 1874 dans mon service à l'hôpital de la Pitié, pour une ulcération siégeant au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne du cinquième orteil gauche.

Aucun antécédent héréditaire appréciable; pas de syphilis, pas d'excès alcooliques. Depuis l'âge de 19 ans, psoriasis sur divers points du corps, surtout aux coudes, aux poignets et aux genoux. En 1871, accidents gastro-intestinaux intenses.

L'ulcération date de 1870; depuis, malgré divers traitements consistant surtout en cautérisations, elle ne fit que s'accroître en superficie et en profondeur; elle occupe la face plantaire, le bord externe et un peu la face dorsale du cinquième orteil. Un stylet introduit par le centre de l'ulcère pénètre jusqu'à l'os, qui paraît envahi par le mal.

Le 7 juillet 1874, on pratique la désarticulation des quatrième et cinquième métatarsiens; la plaie est lavée à l'eau alcoolisée, puis on applique l'appareil ouaté d'Alpli. Guérin.

Le lendemain, léger embarras gastrique qui cède à un lavement simple. Le 10, hémorragie légère et malaise; le 11 au soir, frisson, la température monte à 39°, % Le 12, on enlève l'appareil ouaté et on panse avec la glycérine.

Les jours suivants, faciès abattu, température très irrégulière; le

1. Cette observation a été publiée déjà dans les thèses de MM. Dubuclet (1874, p. 8j et Longuet (1877, p. 29), mais avec des inexactitudes assez sérieuses.

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