DES FEMMES ENCEINTES A LOURCINE
de temps écoulé entre l'accouchement et la mort : tantôt celle-ci a été prompte; mais alors il m'a paru certain que la maladie organique avait déterminé l'avortement et la terminaison funeste consécutivement. Tantôt, au contraire, la mort n'étant survenue que six semaines ou deux mois après Faccouchement, celui-ci n'est évidemment pas responsable.
Huit femmes, en revanche, sont mortes de maladies différemment dénommées sur les registres, mais qui sont tout à fait analogues. Je compte : péritonite, 4 ; péritonite puerpérale, 2 ; métro-péritonite, 1 ; phlébite utérine, 1. Dans tous ces cas, la mort a suivi rapidement la parturition. Une malade entre autres, qui avait avorté, a succombé le jour même. Les autres ont survécu trois, quatre ou cinq jours. Une seule a résisté près d'un mois. Il est certain que ces accidents sont imputables directement à la puerpéralité.
En résumé, 342 accouchements ont fourni huit cas de mort par accidents puerpéraux, soit 2,3 pour cent, ou 1 sur 43. Ces huit cas sont ainsi répartis : 1854, un; 1855, deux; 1859, deux; 1860, deux; 1861, un.
Je ne veux pas commenter longuement ces chiffres; mais quiconque sait dans quelles conditions de santé vraiment déplorables se trouvent la plupart des femmes qui accouchent à Lourcine, ne pourra s'empêcher de les trouver favorables. Il est bon, d'ailleurs, de noter que, comme situation géographique, l'hôpital en question n'est rien moins qu'avantageux. Il est silué sur les bords de la Bièvre, dans un quartier populeux, mal bâti, mal percé, occupé par des professions insalubres, en un mot, dans des conditions hygiéniques inférieures en apparence à celles où se trouve la xWaternité, dont elle est d'ailleurs assez rapprochée. Ce n'est donc ni à son site, ni à son installation, ni à la construction de ses bâtiments, que Lourcine doit la salubrité relative qu'elle offre aux accouchées. Si la mortalité de ces dernières est peu considérable, je ne puis en trouver l'interprétation que dans la circonstance que j'ai indiquée plus haut; toujours est-il que les résultats y sont bien meilleurs que dans les services spécialement' destinés aux accouchements dans les autres hôpitaux, services qui, si peu peuplés qu'ils soient, présentent toujours les caractères des véritables Maternités.
Qu'il me soit permis de terminer cette note par quelques remarques qui intéressent directement la pratique; de ce que la mortalité est minime à Lourcine, il n'en faudrait pas conclure que les accidents puerpéraux y sont très-rares; le contraire existe, et j'ai pu m'en assurer moi-même depuis le 1er janvier. En prenant le service,
VERNEUIL. fi