DÉKUT DE LA SUPPURATION
de dix à douze millimètres de profondeur; à l'aide d'une sonde cannelée, l'opérateur passa sous la partie médiane de la tumeur une chaîne d'éeraseur en continuant à énncléer la partie supérieure; avant ensuite dégagé l'oreille, il passa une seconde chaîne, afin de détacher la partie inférieure. L'opération tut alors continuée sans difficulté. Au bout d'environ vingt minutes, la tumeur était complètement enlevée; le malade avait perdu environ deux cents grammes de sang. Quelques artérioles turent liées. Le maxillaire inférieur était complètement dénudé et l'on voyait battre la carotide externe à la surface de la plaie.
Il ne restait plus une seule parcelle de la glande parotide.
Comme l'appareil ouaté eût été d'une application assez difficile dans cette région, on recouvrit simplement la plaie d'un léger gâteau de charpie sur lequel on pulvérisa plusieurs fois dans la journée une solution aqueuse d'aeide phénique au centième.
Le lendemain 15, vingt-deux heures après l'opération, le pouls marquait 71 et la température 36\°7.
On examina alors le liquide qui se trouvait à. la surface de la plaie, et le microscope permit d'y constater des quantités considérables de leucocytes.
Le 16, le pouls donnait 74 et la température 36,°7. Le 17, le pouls n'était plus que de 72 pulsations, et la température était à 37°, 3.
Fièvre traumatique nulle.
Depuis ce moment, le thermomètre ne s'éleva pas d'un demidegré au-dessus de la température normale, et le travail de réparation s'opéra dans les meilleures conditions; on continua simplement l'emploi de la solution phéniquée pulvérisée sur la plaie plusieurs fois dans le courant de la journée. Fait remarquable et très rare, le nerf facial avait été complètement enlevé, puisque le maxillaire était entièrement dénudé, et cependant le malade fermait presque complètement l'œil de ce côté en regardant en haut et en dedans.
Cette observation démontre : l'établissement rapide de la suppuration (formation des leucocytes au bout de vingt et quelques heures) et l'absence complète de toute fièvre traumatique, malgré une plaie très anfraclueuse et très large (diamètre de ♦! centimètres environ).
Observation II. — D... (Antoine), garçon marchand de vins, trente ans, salle Saint-Louis, n° 1. Mordu par un chien à la paupière inférieure droite, le 24 décembre 1871, il se présenta le soir même à Y hôpital, et l'interne de garde pratiqua deux petites sutures sur les plaies, qui se cicatrisèrent promptemeiU. Le malade sortit guéri le
DÉBUT DE LA SUPPURATION. m 5 janvier, mais pour y rentrer bientôt après, c'est-à-dire le 16du même mois. Une petite tumeur s'était formée à la partie interne de la paupière, où les sutures avaient été pratiquées.
La paupière était comme dédoublée; M. Yerneuil pensa que cette tumeur était constituée par une partie du cartilage tarse et des glandes de Meïbomius hypertrophiées, diagnostic que l'examen ultérieur confirma complètement.
Opération le 21 février. La tumeur, qui avait environ le volume d'un petit pois, fut saisie avec un ténaculum et enlevée sans peine au moyen de deux ou trois coups de ciseaux. Pansement à l'eau froide.
Le lendemain, vingt heures après l'opération, on recueillit, au moyen d'un stylet, un peu de liquide à la surface de la plaie et on l'examina au microscope ; on y trouva une quantité considérable de leucocytes et presque pas de globules rouges. Le malade avait le pouls normal et pas d'élévation de température : il sortit guéri quinze jours environ après l'opération.
Je tirerai de cette observation des conclusions analogues à celles de la précédente : formation rapide des leucocytes et absence complète de fièvre traumatique; cette dernière est toute naturelle, vu l'exiguïté du traumatisme.
Observation III. — L... (Aglaé), quarante-trois ans, cuisinière, entra à l'hôpital, salle Saint-Jean n° 4, le 2 mars 1872, dans un état complet d'ivresse; elle fut admise d'urgence à trois heures pour des coups de couteau qu'elle venait de recevoir au bras droit et à la main droite.
Plaies peu graves, du reste, sur lesquelles on appliqua quelques compresses imbibées d'eau fraîche.
Le lendemain 3, à dix heures du matin, vingt heures après l'accident, on fut obligé de gratter les plaies presque sèches, afin de pouvoir examiner les matières au microscope; on trouva une grande quantité de leucocytes. Pouls normal, température ordinaire.
Observation IV. — D... (Adolphe), chauffeur, entra à l'hôpital, salle Saint-Louis n° 25, le 3 mars 1872 à six heures du matin, ayant été renversé sur la voie par sa machine et blessé à l'nidex de la main droite. Immédiatement, l'interne de service lui fit le pansement ouaté classique.
Le lendemain 4, vingt heures après l'accident, on leva le pansement et on examina les liquides de la plaie, du reste très vermeille. On ne trouva que quelques leucocytes disséminés et pas en plus grand nombre que ceux que l'on rencontre normalement dans le