Bull., 2e série, t. XII, 1871, p
2. Voir plus loin le chapitre consacré à la phlébite inguinale.
niants et qu'un certain nombre de chirurgiens y ont déjà renoncé ou s'en montrent peu partisans.
Je donnerai un peu plus loin mon opinion sur ce point ; mais je puis affirmer dès à présent que pour certaines opérations, telles que la désarticulation de l'épaule, les amputations du bras et de l'avantbras, mes procédés sont aussi bons que possible et très- dignes d'être conservés.
Ceci dit, je vais reproduire le travail de M. Petit, qui a été le point de départ de celui de M. Pillet, et citer de longs passages de la thèse de ce dernier.
J'indiquerai en particulier les procédés que j'ai mis en usage.
NOTE POUR SERVIR A L'HISTOIRE DE LÀ PHLÉBITE INGUINALE CONSÉCU- TIVE A LA COMPRESSION DE L'ARTÈRE FÉMORALE AU PLI DE L'AINE.
Par M. L. Henry Petit1.
Dans une communication faite en 1861 à la Société de chirurgie, M. Verneuil appelait l'attention de la Société sur les phlébites qui peuvent succéder à la compression exercée sur les artères voisines des veines. Il avait eu occasion d'observer trois fois cet accident.
1° Une jeune fille amputée de la cuisse et soumise pendant l'opération à une courte compression de l'artère fémorale, fut atteinte d'une phlébite circonscrite dans la région inguinale. Le développement d'une tumeur exactement en rapport avec la veine crurale ne permettait nul doute à cet égard ; aucun phénomène particulier ne se déclara néanmoins; il n'y eut pas d'œdème, la résolution se fit progressivement, et la guérison fut obtenue sans encombre.
2° Chez un autre opéré, amputé de la jambe, pareil accident survint; la compression au pli de l'aine avait duré environ vingt minutes; deux jours après l'opération, des douleurs apparurent à la racine du membre, en même temps qu'un peu de gonflement et une induration longitudinale sous forme de cordon volumineux en dedans de l'artère et suivant le trajet de la veine crurale. Quelques ventouses et des cataplasmes amenèrent un commencement de résolution. Le malade succomba à l'infection purulente. Malheureusement l'autopsie ne put être faite.
3° Un troisième malade fut traité d'un anévrysme énorme du creux poplité par la compression digitale ; cette compression fut de longue durée. On rapporta aux téguments la sensibilité qui se développa dans cette région; cependant un œdème considérable du membre et du pied se déclara; les orteils se refroidirent, et la gangrène, envahissant progressivement tout le pied, ne se borna qu'à l'articulation tibiotarsienne. L'attention ne fut pas appelée, pendant la vie du malade, sur la région inguinale; mais à l'autopsie on constata la présence de caillots très-anciens dans la veine crurale, et la double altération de l'artère et de la veine à des niveaux différents.
M, Verneuil conclut de l'examen de ces faits que la compression