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Mémoires de la Société de chirurgie, t. IV, p

AMPUTATION DE LA JAMBE. 02résultats différents suivant qu'elles seront pratiquées pour des cas traumatiques ou organiques, pour des lésions du pied ou de l'articulation tibio-tarsienne, pour des caries cliaphysaires ou éPiphysaires, pour des artlirites aiguës ou chroniques, pour des maladie, des parties molles ou des parties dures, pour des affections inflammatoires ou cancéreuses et fibro-plastiques. Pcut-èlre ce relevé exacl donnera-t-il un démenti aux opinions que je soutiens aujourd'hui et cestde grand cœur que j'en adopterai de nouvelles, fondées au moins sur des bases solides. La Société de chirurgie est peut-être seule eu mesure de trancher une question en litige depuis près de trente ans • il suffit de recueillir, ce qu'on ne fait guère, des observations d'amputation de la jambe. Ces cas sont si communs qu'on peut négliger ceux qui existent dans la science, et se contenter de faits nouveaux colhges indistinctement, sans qu'il en soit omis un seul.

A la fin de la discussion je repris la parole pour affirmer que je ne proscrivais point l'amputation sus-malléolaire d'une manière absolue, mais que je la réservais pour les cas où les os de la jambe étaient sains, comme lorsqu'il s'agit d'altérations du pied dans sa continuité ou de lésions traumatiques, les tumeurs blanches et les caries de l'articulation tibio-tarsienne réclamant l'amputation à la partie supérieure.

Pour prouver d'ailleurs combien je me gardais d'être exclusif je montrai plus tard à la Société deux sujets amputés au quart inférieur de la jambe et qui s'en trouvaient bien

La méthode à deux lambeaux avait donné d'excellents moignons Un des sujets avait été opéré par moi-même, l'autre par Hugùier.

Voici les deux observations.

Un enfant entra à l'Hôtel-Dieu en 1857, affecté depuis plusieurs années d une lésion organique de l'articulation tibio-tarsienne droite Le cou-de-pied était considérablement tuméfié, de nombreuses fistules versaient une suppuration abondante. La jambe offrait plusieurs cicatrices provenant d'anciens abcès qui avaient fusé dans les espaces intermusculaires. L'état général était mauvais, les douleurs vives. L amputation seule offrait quelques chances de guérison ; elle fut exécutée après la préparation convenable par les purgatifs et les bains. Le couteau dessina deux lambeaux, l'un antérieur, plus court,

. Bull, de la Soc. de chir., 1rc série, t. IX, p. 9, 1858.

Ttendu du bord interne du tibia au bord externe du péroné l'autre £ llg, ^lé par .ransfixion. Deux artères lurent hees et la plme r un ! ,; r six points de suture entortillée. Compresses imbibées d'e Ù fr lobe pour tout pansement. Réuuion immédiate de h presque totalité de la plaie; ablation des points de suture commencée des le main, terminée le troisième jour: absence de ton, pbenomene ^ammatôire local. Le cinquième jour les compresses d eau fraîche finmit remplacées par des cataplasmes froids.

Au oSme jour la cicatrisation était complète L'enfant se leva U^TS q«elW jours après il marchait avec des bequ.Ues, pu.s

*Kl?5S de faire ici une légère pression, on peu, donner ce cas comme un des plus beaux exemples des avantages de ahme Lion substantielle après les grandes opérations chirurgicale, A Z n r venu des effets anesthésiques du chloroforme, 1 enfant pren t «ne tasse de bouillon. A quatre heures, il mangeait de bon "œ r une côtelette de mouton : la mut, un peu de bouillon fut e, co epe mis. Le lendemain, le même régime fut continue - .1 se com- To au" pain, de soupe, de deux côtelettes et d'eau roug.e L opère K déclara spontanément que, depuis bien longtemps, A n avait Isé une aussi bonne nuit ni fait un aussi bon repas. Pendant ouï la première semaine, il n y eu. pas trace de mouvement - Se • le seul phénomène à noter fut un appeht extraordma.re, auïfl'o. satisfit avec prudence toutefois, et en faisant choix d aliments substantiels, mais de facile digestion.

Pour en revenir aux suites de l'opération, on voit aujourd b u le moVnôn tel qu'il était quinze jours après le sacrifice du membre ; Tu Imi m la hgne cicatricielle indiquant la réunion des deux lam- Pea a été attirée en arrière et un peu élevée. L extrémité de os mousse non gonflée, non douloureuse, répond principe ement ■ ^ pr fonde du lambeau antérieur, don. la sépare une bourse "éreuTe. Jamais le moignon n'a été la source de la moindre dou-

16 L'mnareil protbétique employé dans les premiers jours prenait son peint d'appui sur l'ischion: terminé par un pilon, d était composé de deux tiges de bois latérales, dans l'écartement desquelles le Membre dans l'extension venait se placer sans presser nulle par. e que l'extrémité du moignon louchât en aucune façon. Dans Lme son étendue, le membre artificiel .«ail ng.de, de manière que les mouvements du genou étaient abolis.

Quelque temps après, un appareil ne différant du premier que par

une brisure au niveau du genou fut mis en usage, et permit la marche avec aisance et solidité *.

Le second malade est actuellement âgé de ving-cinq ans, serrurier, d'une constitution moyenne. Il y a près de cinq ans, une masse île fer d'un poids très considérable heurta en tombant les membres inférieurs. La cuisse gauche fut fracturée à sa partie moyenne; le pied droit fut écrasé, et l'on fut obligé d'extraire îa malléole externe au bout d'un certain temps. On tenta la conservation du membre, et pendant dix-huit mois il y eut suppuration, gonflement, trajets fistuleux, impossibilité de poser par terre le pied, tout à fait déformé. La santé générale se ressentit de cet état. Le malade entra en 1855 dans le service de M. Huguier, qui proposa l'amputation. La faiblesse était si grande qu'on ne crut pas devoir user de l'anesthésie. Le rétablissement fut assez prompt. Aucun accident ne survint, et quarante jours après l'opération tout était cicatrisé Au bout de trois mois, on appliqua l'appareil qui sert encore aujourd'hui.

Depuis cette époque, notre sujet a repris son ancienne profession ■ il travaille toute la journée, souvent de cinq heures du matin à huit heures du soir, toujours debout. Il monte et descend les escaliers soulève au besoin des fardeaux de 100 livres, et peut, sans grande fatigue, faire deux ou trois lieues dans la journée. Jamais il n'a ressenti la moindre douleur dans le moignon ; jamais celui-ci n'a présenté ni inflammation, ni fistules, ni excoriations, en un mot sa jambe lui rend presque les mêmes services qu'autrefois. Le moignon est des plus beaux. La cicatrice, reportée- en arrière des extrémités osseuses, est déprimée, étroite, flexueuse, très solide, sans adhérences étroites aux os; son trajet indique qu'on a pratiqué la méthode à lambeaux. C'est le lambeau antérieur qui recouvre l'extrémité des os, dont il est séparé par une bourse séreuse. Deux indurations épidermiques s'observent sur le point où le lambeau est réfléchi.

L'appareil prothétique employé est articulé au niveau du genou ; il

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