‹ Mérope, tragédieChapitre 27 sur 62 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MÉROPE , ÉG1STHE , EURYCLÈS , ISMÉNÏE.

ISMÉNIE

Ali ! madame, entendez-vous ces cris?

Savez-vous bien...

MÉROPE

Quel trouble alarme tes esprits?

ISMÉNIE

Polyphonte remporte, et nos peuples volages A son ambition prodiguent leurs suffrages.

Il est roi , c’en est fait.

ÉGISTHE

J’avais cru que les dieux Auraient placé Mérope au rang de ses aïeux.

Dieux ! que plus on est grand, plus vos coupssont à craindre ! Errant, abandonné , je suis le moins à plaindre.

Tout homme a ses malheurs.

(On emmène Égisthe. )

EURYCLÈs, à Mérope.

Je vous l’avais prédit :

Vous avez trop bravé son offre et son crédit.

Je vois toute l’horreur de l’abîme où nous sommes.

J’ai mal connu les dieux, j’ai mal connu les hommes :

J’en attendais justice; ils la refusent tous.

EURYCLÈS.

Permettez que du moins j’assemble autour de vous

qu'il est, il n’en est pas moins homme. Il commence de bonne heure à faire l’apprentissage des maux de cette vie. Hélas! mon fils qui se cache à tous les yeux vit sans doute dans un état pareil » Le vers :

U me rappelle Egisthe ; Égisthe est de son âge

appartient tout entier à Voltaire, et c’est le trait le plus saillant et le plus louchant de ce morceau.

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