SCÈNE VIS MONDOR, DAMIS
MONDOR, donnant une lettre à Damis.
Ah ! grâce au Ciel ! enfin, je vous déterre I (D amis prend la lettre et la lit bas.)
Je vous cherche, Monsieur, depuis huit jours entiers St de Paris, cent fois, j’ai fait tous les quartiers I ï’a: craint, au bord de l’eau, vos visions cornues,
Que cherchant quelque rime et lisant dans les nues, Pégase imprudemment, la bride sur le cou,
S’eût yoituré la Muse aux filets de Saint-Cloud !
dàmis, à part , en montrant la lettre , qu'il a lut « Oh I oh ! bon gré, malgré, voici qui me retarde. MONDOR.
Écoutez donc, monsieur; ma foi fi prenez-y garde.
Un beau jour. . .
damis, l'interrompant .
Un beau jour ne te tairas-tu point f
A votre aise ! Après tout, liberté sur ce poin*
Enfin, quelqu’un m’a dit qu’ici vous pouviez être.
Mais personne, monsieur, ne veut vous y connaître,
St dans ce vaste enclos, que j’ai tout parcouru.
Je vous manquais encor si vous n’eussiez paru»
DAMIS
De mes admirateurs tout cet enclos fourmille ;
Mais tu m’as demandé par mon nom de famille
MONDOR
Sans doute; comment donc aurais-je interrogé? DAMIS.
Je n’ai plus ce nom-là.
MONDOR
Vous en avez changé?
DAMIS
Oui ; j’ai, depuis huit jours, imité mes confrères. Sous leur nom véritable ils ne s’illustrent guères; Et, parmi ces messieurs, c’est l’usage 'commun,
De prendre un nom de terre, ou de s’en forger un*
Votre nom maintenant c’est donc?
DAMIS
De l’Enipirée:
Et j’en oserais bien garantir la durée !
MONDOR
De l’Empirée?... Oui-dàl n’ayant, sous l’horlzca^ Ni feu, ni lieu qui puisse allonger votre nom,
Et ne possédant rien sous la voûte céleste,
Le nom de l’enveloppe est tout ce qui vous reste. Voilà donc votre esprit devenu grand terrien ?