ACTE 1, SCÈNE VII
L'espace est vaste ! aussi s’y promène-t-il bien !
Mais quand il va là-haut, lui seul, à sa campagne.
Que le corps iei^bas souffre qu’on l’accompagne !
DAMIS
El crois-tu donc qu’un homme à talents tel que moi Puisse régler sa marche et disposer de soi ?
Les gens de mon espèce ont le destin des belles :
Tout le monde voudrait nous enlever, comme elles!
Je me laisse entraîner chez Monsieur Francaleu,
Par Hn impertinent, que je connaissais peu.
C’est lui qui me présente ; et, dupe du manège.
Je sers de passeport au fat qui me protège.
On tenait table encore : on se serre pour nous.
La joie, en circulant, me gagne, ainsi qu’eux tous.
Je la sens. J’entre en verve; et le feu prend aux poudres,, Il part de moi des traits, des éclairs et des foudres I J’ai le vol si rapide et si prodigieux Qu’à me suivre on se perd, après moi, dans les deux s Et c’est là qu’à grands cris je reçois, des convives,
Ce nom qui va du Pinde enrichir les archives !
MONDOR
Qui va nous appauvrir, à coup sûr, tous las deux !
DAMIS
Ensuite, un équipage, et commode et pompeux,
Me roule, en un quart-d’heure, à ce lieu de plaisance. Où je ris, chante et bois ; le tout par complaisance !
MONDOR
Par complaisance, soit.... Mais vous ne savez pas?
DAMIS
Hé quoi?
MONDOR
Pendant qu’aux champs vous prenez vos ébats, La Fortune, à la ville, en est un peu jalouse.
Monsieur Balivois...
damis, V interrompant •
Hein?
MO ND OR
Votre oncle de Toulouse.
DAMIS
Après ?
MONDOR
Est à Paris,
DAMIS
Qu’il y reste f MONDOR.
Fort bien I
Sans croire, sans vouloir que vous en sachiez rien.
DAMIS
Pourquoi donc me le dire ?
MONDOR
Ah I quelle inditfèrenoe !
Eh I rien n’est-il pour vous de plus de conséquence ?