LISETTE, DORANTE
LISETTE
Suis-je une fourbe I ai-je trahi vos feux ?
Le seul qu’on veut exclure est-il si malheureux f Dès que je vous ai vu près d’aborder Lucile,
Je me suis éclipsée, en confidente habile;
Et je vous ai laissé le champ libre, à l’instant.
Hé bien, quelle nouvelle? en êtes- vous content?
DORANTE
Ah! qu’elle est ravissante! et que ce iêt8~à«têt© Achève de lui bien assurer sa conquête !
Je l’aimais I l’adorais ! l’idolâtrais I mais rien N’exprime mon état depuis cet entretien.
Jusqu’au son de sa voix, tout me pénètre en elle.
Son défaut me la rend plus piquante et plus belle;
Oui, ce qu’en elle on nomme indolence et froideur Redouble de mes feux la tendresse et l’ardeur.
LISETTE
La dédaigneuse enfin s’est-elle humanisée f Je l’avais, ce me semble, assez bien disposée.
BORANTE.
Tu me vois dans un trouble...
Lisette, V interrompant.
Eh ! vivez eu repos l
DORANTE
Sês grâces m’ont charmé ; mais non pas ses propose LISETTE.
À-t-elle avec rigueur fermé l’oreille aux vôtres? DORANTE.
Non ; mais j'aurais voulu qu’elle en eût tenu d’autres.
LISETTE
Quoi l qu’elle eût dit : « Monsieur, je suis folle de vous* » Je voudrais que déjà vous fussiez mon époux !... » Mais, oui, c’est, avoir l’âme assurément bien dure De ne pas abréger ainsi la procédure !