‹ MétromanieChapitre 44 sur 101 · LISETTE, DORANTE · texte numérisé non relu

LISETTE, DORANTE

LISETTE

Suis-je une fourbe I ai-je trahi vos feux ?

Le seul qu’on veut exclure est-il si malheureux f Dès que je vous ai vu près d’aborder Lucile,

Je me suis éclipsée, en confidente habile;

Et je vous ai laissé le champ libre, à l’instant.

Hé bien, quelle nouvelle? en êtes- vous content?

DORANTE

Ah! qu’elle est ravissante! et que ce iêt8~à«têt© Achève de lui bien assurer sa conquête !

Je l’aimais I l’adorais ! l’idolâtrais I mais rien N’exprime mon état depuis cet entretien.

Jusqu’au son de sa voix, tout me pénètre en elle.

Son défaut me la rend plus piquante et plus belle;

Oui, ce qu’en elle on nomme indolence et froideur Redouble de mes feux la tendresse et l’ardeur.

LISETTE

La dédaigneuse enfin s’est-elle humanisée f Je l’avais, ce me semble, assez bien disposée.

BORANTE.

Tu me vois dans un trouble...

Lisette, V interrompant.

Eh ! vivez eu repos l

DORANTE

Sês grâces m’ont charmé ; mais non pas ses propose LISETTE.

À-t-elle avec rigueur fermé l’oreille aux vôtres? DORANTE.

Non ; mais j'aurais voulu qu’elle en eût tenu d’autres.

LISETTE

Quoi l qu’elle eût dit : « Monsieur, je suis folle de vous* » Je voudrais que déjà vous fussiez mon époux !... » Mais, oui, c’est, avoir l’âme assurément bien dure De ne pas abréger ainsi la procédure !

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