‹ MétromanieChapitre 62 sur 101 · ACTE IV, SCÈNE f · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE f

Je ferais encor pis si je pouvais pis faire !

De ces cœurs défiants l’espèce atrabilaire Ressemble, je le vois, aux chevaux ombrageux s Il faut les aguerrir pour venir à bout d’eux.

MONDOR

Oh J parbleu! ce n’est pas le faible de mon maître!

Au contraire, il se livre aux gens sans les connaître.

Et présume assez bien de soi-même et d’autrui,

Pour se croire adoré, sans que l’on songe à lui!

Du reste, sait-il bien se tirer d’une affaire?

LISETTE

Ceux qui l’ont séparé d’avec son adversaire Disent qu’il s’y prenait en brave cavalier;

Et, pour un bel esprit, qu’il est franc du collier I

MONDOR

fl n’est sorte de gloire à laquelle il ne coure.

Le bel esprit en nous n’exclut pas la bravoure ! D’ailleurs, ne dit-on pas ; * Telles gens, tel patron? % Et dès que je le sers peut-il être un poltron ?

LISETTE

Voilà donc cet amour dont j’étais ignorante,

Et que j’ai cru toujours un rêve de Dorante?

Mon maître ne dit mot; mais, à la vérité,

€e combat-là tient bien de la rivalité I En ce cas mon adresse a tout fait.

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LISETTE

Ton adresse?

MONDOR

Oui ; j’ai de sa eonquête honoré ta maîtresse.

Celle qu’il recherchait ne me convenant pas,

De Lucile, à propos, j’ai vanté les appas,

Lui conseillant d’avoir souvent les yeux sur elle,

Et de mettre un peu l’une et l’autre en parallèle.

Il paraît qu’il n’a pas négligé mes avis I

LISETTE

Il se repentirait de les avoir suivis I Envers et contre tous, je protège Dorant©.

MONDOR

Gageons que, malgré toi, mon maître le supplanie Car, étant né poëte au suprême degré,

Lueile va d’abord le trouver à son gré.

Jlonsieur de Francaleu déjà l’aime et l'estime.

Du père de Dorante il n’est pas moins l’intime;

Et je porte un billet à ce père adressé,

Qn après s’être battu, sur l’heure il a tracé. Sachant des deux vieillards la mésintelligence.

Il mande à celui-ci, selon toute apparence,

De rappeler un fils qui fait ici l’amour,

Et dont l’entêtement croîtrait de jour en jour.

Il saura là-dessus le rendre impitoyable.

S’il aime enfin Lucile, ainsi qu’il est croyable. Prends de mes almanachs, et tiens pour assuré Que le bonheur de l’autre est fort aventuré 5

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