‹ MelaenisChapitre 4 sur 12 · CHANT DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHANT DEUXIÈME

Aux jardins de César, non loin du Tibre jaune, Parfois un chêne antique aux beaux feuillages verts Se dresse ; chaque branche, escaladant les airs, De degrés en degrés autour de lui frissonne, Et sur son front superbe, ainsi qu'une couronne, Tremblent les astres d'or et glissent les éclairs.

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Ce chêne monstrueux, Titan aux larges hanches,

C'est l'empire debout clans toute sa hauteur.

Du peuple, tronc rugueux, partent, comme clés branches,

Prêtres aux bandeaux saints, consuls aux robes blanches,

L'édile, le tribun, le grave sénateur,

Jusqu'au faîte sublime où plane l'empereur.

Mais la racine obscure à la sève fertile

Qui serpente sous Rome et qu'on semble oublier,

C'est plus que le tribun, le consul ou l'édile,

Plus que le sénateur et que le chevalier ;

— 0 muse, prends ton luth, et sous l'archet habile,

Fais redire aux échos le nom du cuisinier.

Le consul, en un jour, peut sortir d'un suffrage, Le caprice des camps forge les empereurs ! Mais, outre l'art divin qu'il recul en partage;

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Il faut au cuisinier les pénibles labeurs,

La science profonde, et que, dès son jeune âge,

Il ait, comme un savant, pâli sur les auteurs.

Pour régler des festins la belle symétrie, Il lui faut le calcul et la géométrie, La sculpture, qui taille en dômes merveilleux La neige étincelante et les gâteaux mielleux, L'histoire, qui du goût donne la théorie, L'étude des saisons, des hommes et des lieux

Il sait, il sait quels flots vont roulant sur la plage Le crabe aux doigts crochus et le blanc coquillage, Quel vent jusqu'à nos mers pousse les esturgeons, D'où partent les faisans, les grives, les plongeons, Et quand la mûre est bonne, et pourquoi l'homme sage, Dans les prés seulement, cueille les champignons

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