‹ Mélange oratoiresChapitre 40 sur 51 · Rom., VIII · texte numérisé non relu

Rom., VIII

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cette parole est tombée dans le camp des ennemis de Dieu comme on brandon de discorde. On a pris la défense de La science ; on a crié bien haut, on a proaré qu'elle n'ayait trompé personne, qu'elle a^ait tenn ce quelle avait promis. Je le veux bien, je sois de ceux qui le croient et qui s en réjouissent. Mais si La science n'a trompé personne, beaucoup ont été trompés par ceux qui s'arrogeaient le droit de parler en son nom. Ceux-ci avaient tort, je Taccorde. Quelqu'un pourtant a fait faillite, puisque des promesses ont été faites qjai ont abouti à une immense déception. Si ce n'est pas la science, c'est donc l'impiété, c'est cette pbilosophie orgueilleuse et vide qui met un quasi-néant à Torigiiie des choses et charge l'inconscience de débrouiller le chaos. Cest la doctrine des effets sans causes, de l'ordre sans ordonnateur, de Tintelligence apparaissant au terme d'une série de phénomènes avenues; c'est la doctrine qui tire faltruisme de Tégoïsme et, pour épurer la morale, commence par diviniser Tappétit.

La science est innocente de tout cela, je le veux bien. Mais ceux qui prétendaient remplacer la religion par la science n'ont pas trouvé mieux que cette philosophie barbare; et leur faillite à eux ne peut plus être contestée.

Que dire de la richesse? 11 fut un temps, qui n'est pas loin de nous, où on lui attribuait aussi une verta civilisatrice. Elle devait, en répandant le bien-être, adoucir les mœurs, intéresser le grand nombre à Tordre public, populariser la prévoyance et le respect des

institutions sociales, tout cela sous la dictée de l'intérêt individuel. On a laissé fonctionner le système, et qu'avons-nous vu? Une corruption grandissante, la haine des classes chaque jour plus excitée ; la défiance et le mépris atteignant les plus hautes tètes ; le régime de Fargent soulevant d'universelles colères. Bientôt les initiateurs de cette méthode d'éducation populaire ont dû renoncer à défendre leur œuvre; ils l'ont reniée. Personne n'a plus voulu avoir été de l'affaire ; et la sagacité des législateurs est aujourd'hui en quête d'expédients pour éloigner le soupçon ^qui ne respecte plus personne. Il y a encore beaucoup d'hommes cupides; il ne s'en trouve plus pour prétendre que le libre essor de la cupidité soit un moyen de moralisatîon.

Reste l'opinion. C'est encore une grande force. Longtemps elle a exercé son empire contre la religion du Christ. Aujourd'hui elle y revient. Oh 1 je ne parle pas ici de l'opinion des politiciens. Ce serait faire trop d'honneur à ceux-là de les classer parmi les chefs intellectuels, parmi les guides de la pensée. Enchaînés aux symboles étroits des partis, ils ne sont pas des inspirateurs, mais des échos. Ils redisent de vieilles formules, de vieux mots d'ordre. Quand on leur parle d'un esprit nouveau, ils prennent peur comme à Tannonce d'une trahison. Leur esprit à eux est très vieux, c'est l'esprit de haine, l'esprit de secte, l'esprit de ceux qui n'en ont pas.

Mais les vrais initiateurs, j'ose l'affirmer, se rapprochent du christianisme. Chez eux, si ce n'est pas encore

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la foi véritable, c'est déjà le respect, c*est un désir, une iîspérance, une prière. Ils sentent que quelque chose d'essentiel manqne à l'humanité moderne depuis qa*on l'a isolée de TËTangile, et ils ne rougissent pas d'en faire faveu.

Est-ce bien vrai ? me direz-vous. Et ne vous bercezvous pas de chimères? Non, mes amis. Je vous parle avec conviction, je vous apporte le résultat d'observar tions multiples. Et si vous voulez des preuves, j'en trouverai dans les faits les plus récents.

La mode est aux centenaires. On vient d'en célébrer trois, presque coup sur coup. Ç/a été d'abord, il y a deux ans, le centenaire de la création de l'Ecole polytechnique. La religion a été associée à cette solennité. C'est un honneur et une joie pour nous de rappeler que rinitiative intelligente, courageuse et discrète tout ensemble, à laquelle cet hommage est dû, est partie d'ici *. De nombreuses sympathies y ont répondu. Une messe célébrée par un ancien Polytechnicien, un des nôtres, que nous pleurons, hélas! a réuni en grand nombre les généraux, les ingénieurs, les savants sortis

de l'illustre École.

L'année suivante, ce fut le tour de l'École normale supérieure. L'exemple donné par l'École polytechnique fut suivi. Nous sommes fiers de retrouver encore un de nos professeurs ^ parmi les promoteurs de la cérémonie religieuse où Ton vil l'élite de l'Université consacrer par la prière le souvenir d'un çiècle de travaux.

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