‹ Mélange oratoiresChapitre 51 sur 51 · joAN., I, n · texte numérisé non relu

joAN., I, n

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Il faut au monde des foyers de sainteté ; et c'est pour cela qu'aucune forme de l'oppression, fût-elle fiscale, n^aura raison de Tétat monastique qui organise et perpétue dans TËglise la pratique des conseils évangéliques. H faut au monde des foyers de vérité: et c'est pour cela que les Universités catholiques ont pris naissance à l'heure même où les ennemis de Dieu devenaient tout-puissants dans ce pays. Ahl je sais bien que cette coïncidence a découragé un grand nombre de ceux qui semblaient être les patrons ou les clients naturels de ces bienfaisantes institutions. Celles-ci appartenaient au parti vaincu. On a désespéré d'avance. On a prophétisé leur mort au risque de les tuer ; elles n'en sont pas mortes, grâce à Dieu, mais leur croissance en a été ralentie. Aujourd'hui elles vivent; adversaires déclarés ou amis pusillanimes, il faut que tous en prennent leur parti. Quant aux amis véritables, ils ne se contenteront pas de laisser vivre nos écoles supérieures : ils voudront qu'elles deviennent grandes et fortes, qu'elles fassent honneur à la vérité qui les inspire, qu'elles propagent la foi avec la science, qu'elles triomphent du dédain, imposent le respect, désarment la calomnie et que, pénétrant, par droit de conquête, dans les grands milieux intellectuels de la nation, elles y fassent entrer avec elles l'élément régénérateur qui emprunte sa vertu à la parole de Dieu.

Telle est, Messeigneurs et Messieurs, l'espérance qui nous anime. Elle a présidé à ces créations difficiles, entreprises avec courage en des jours mauvais; elle a déterminé les sacrifices généraux qui nous ont aidés à

traverser plus d'une épreuve ; elle a soutenu nos fondateurs, inspirés nos bienfaiteurs, fortifié le dévouement dé nos maîtres, nourri la confiance de nos disciples. Elle nous a conduits Jusqu'aux résultats honorables que nous plaçons aujourd'hui sous vos yeux. Elle ne nous abandonnera pas en chemin. Une statistique officielle constate que, sur 27.000 clients de l'enseignement supérieur en France, renseignement libre et chrétien n'en peut encore revendiquer que i.500. C'est trop peu, j'en conviens. Mais je remarque d'abord que, sur ces 1.500, plus de 600 appartiennent à notre œuvre. Et j'ajoute : ces 1.500 étudiants catholiques, oh ! sans doute ils disparaissent dans la maâse; mais attendez : c'est le ferment évangélique: une fois introduit dans cette masse, il la soulève et la transforme !

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