Mattii., XIII
au dehors ce qui, dans Thumanité déchue, appartient à l'héritage du péché.
Ils n'ont pas compris cela, ceux qui dans TÉvangile ne veulent voir qu'une des phases de l'évolution humaine. Si la nature seule avait jproduit cet ouvrage, elle n'en serait point ébranlée et modifiée dans ses profondeurs. Non, le Christianisme n'est pas la vie de l'homme, il est dans l'homme la vie de Dieu. Et je ne vois pas d'autre image pour rendre sensible, comme le fait celle du ferment, l'action régénératrice qui est celle du Rédempteur.
Mais cette action, où la trouver? Dans le passé ? Oui, sans doute, puisqu'elle a commencé avec la venue du Christ. Mais dans le présent aussi, car elle n'a pas pris fin avec son séjour visible sur la terre. C'est le propre de la vie de n'interrompre jamais ses opérations. La vie est un échange incessant ; un courant qui s'épanche et revient sur lui-même ; qu'il s'arrête un instant, c'est la mort. Un jour viendra où le parfait repos et l'aclivilé suprême se concilieront dans la plénitude immobile de la vivante éternité. Ici-bas, c'est chimère de compter sur l'effort d'hier pour autoriser ou excuser l'inaction d'aujourd'hui. En vain le Christ aurait renouvelé, il y a dix-neuf siècles, la face delà terre, si, quand vient notre tour, nous la laissions vieillir.
Le ferment divin a deux noms : il s'appelle grâce et vérité : gratta et veritas yer Jesum Ghristum facta est *. La vérité est le ferment de l'intelligence ; la grâce est celui