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Mélanges africains et orientaux

Après avoir conquis l'Ég-ypte, puis la Cyrénaïque et la Tripolilaine, les Arabes, poussant toujours devant eux se trouvèrent en contact avec la Tunisie et l'Alg-érie. Là, dans les villes et sur le littoral, vivaient encore des populations peut-être soumises nominalement à l'empire byzantin, mais indépendantes en fait, tandis que dans les plaines et les monlag-nes, les Berbères avaient recouvré depuis longtemps leur liberté. Le khalife 'Omar s'était méfié du « lointain perfide », mais l'attrait du butin décida ses successeurs à envoyer des expéditions qui, destinées d'abord à faire de simples razzias comme celles de 'Abd Allah ben Abou Sarli et de Mo'aouyah ben Khodeidj, devinrent ensuite le noyau d'une occu-

1. Histoire de l'Algérie par ses monuments, Paris, s, d. (1900).

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pation pormaiionle. Malgré des inlerruplions causées })ar les luttes des prétendants au klialifat en Orient, la domination arabe s'établit d'une manière stable lorsque 'Oqbali ben Nafi' fonda Qaïrouàn (669): celte ville devait être le point de ralliement, le dépôt, et au besoin le refug-e des Musulmans s'ils étaient menacés par une insurrection indigène ou un retour offensif des Byzantins.

La conquête présentait, en effet, bien d'autres difficultés que dans l'est de l'Afrique septentrionale. Là, les Musulmans avaient été accueillis comme des libérateurs par une population asservie depuis des siècles et qui supportait plus difficilement peut-être le joug" religieux des Grecs que les exactions de leurs agents fiscaux. Incapables d'un effort énergique pour secouer eux-mêmes le joug-, les Coptes acceptèrent avec une joie imprévoyante la domination arabe. Il n'en fut pas de même à l'Ouest, où l'autorité g-recque ne s'exerçait plus que dans des ports et où les haines causées par les dissensions religieuses s'étaient effacées depuis que les populations latinoberbères avaient recouvré leur indépendance. Les Musulmans ne devaient pas être accueillis comme l'avaient été les Vandales et les Byzantins, en qui les Berbères voyaient les libérateurs de leurs maîtres (lu moment. Au contraire, ils représentaient une double conquête: la conquête politique et la con- ([uête religieuse, précédée d'une phase d'incursions et de pillages. Contre les Musulmans, les populations luttèrent avec énergie, aidées parfois par les Grecs, et elles auraient probablement triomphé si l'esprit de particularisme si puissant en Afrique n'avait

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