Dclptiin, Recueil, p
76 MÉLANGES AllUCAlNS ET OIUE.NTAUX
mencerai à crior ol à hurler, que personne ne me délivre. Ensuite introduis ta tele dans le sac et attaclie-le à ton cou; (juand le Ooràn commencera à te piquer, ce sera signe que tu es agréé, réjouistoi et continue ; s'il ne te pique pas, reviens, je te donnerai un autre sac. — Entendu, dit le Kabyle et il s'en alla à sa tente, il fit ce que lui avait recommandé Ben Cekrân et introduisit sa tête dans le sac. Les abeilles commencèrent à le piquer ; et lui de crier et les gens de se dire : Il nous a recommandé de ne pas l'ouvrir... 11 liurla jusqu'à ce qu'une abeille s'échappa. Voilà leQorân qui s'envole, dit-on. Il fut hors de lui, presque inanimé jusqu'à ce qu'on ouvrit le sac. On le trouva la figure gonflée comme un tambour et les yeux retournés. Il fallut longtemps le soig-ner avant qu'il pût g-uérir*. »
Si c'est pour un Arabe un divertissement de voir tromper un Kabyle, combien plus quand il s'ag-it d'un Juif. Ben Cekrân était le chef des tolba ; il leur fournissait la nourriture et les vêtements dont ils avaient besoin. Un jour, ils allèrent à la chasse et prirent un lièvre. Il le porta vivant chez un Juif qui vendait des marchandises. — Hé ! Juif, donne aux tolba un manteau, une chemise et des chaussures ; remets-en à chacun de ceux-ci. — Volontiers, dit le Juif ; mais où est l'argent ? — Le voilà dans mon capuchon ; et il montra le lièvre qui y était enveloppé. — Ne t'inquiète pas ; coupe l'étofFe et tais-toi ; nous te paierons au dernier.— Quand le Juif eut fini : Paie-moi, main-