‹ Mélanges africains et orientauxChapitre 19 sur 105 · Dilpliin, lienieil, p · texte numérisé non relu

Dilpliin, lienieil, p

LES TOLBA d'aUTREI-OIS 75

avait une cuillerée ou deux de graisse. Quand on découvrit l'ouverture de la marmite et qu'on voulut en prendre un peu, on la trouva pleine de terre. On traduisit Ben Gekrân en justice et on l'amena devant le qâdhi. Celui-ci lui demanda : Pourquoi vends-Ui de la terre aux gens et les trompes-lu ? — Seigneur, répliqua-t-il, je vends de la terre aux gens et non de la g-raisse. — Comment, de la terre ! Est-ce qu'on te l'aurait achetée aussi cher ? — Demande à l'acheteur comment je la lui ai vendue ? — Le juge inteirogea le plaignant (jiii répondit: Il m'a dit : nous autres tolba, nous sommes brouillons et remuants ; la marmite est déterre^ achète ce que tu vois. — 11 ne t'a pas trompé, reprit le qàdhi ; et il cria contre le plaig-nant qu'il chassa en donnant raison à Ben Cekrân i. »

On comprend que les scrupules ne sont pas faits pour l'arrêter quand il s'ag-it des choses saintes. Dans l'anecdote suivante, la g-raisse est remplacée parleOoràn. « Un jour Ben Cekran était grillé (sans le sou) ; il se promenait et finit par rencontrer un Kabyle à qui il dit : Veux-tu que je le vende le C)oràn ? — Comment est-ce qu'on vend le Ooràn ■? — Certainement on le vend. — Et combien ? — C'est tant. Le Kabyle l'achète. Ben Cekrân tira de dessous son aisselle un petit sac fermé par en haut et rempli d'abeilles. — Tiens, dit-il, piends le Qoràn, il est là-dedans, emporte-le dans ta tente. Quand tes gens seront couchés, fais cette recommandation à ta femme et à tes proches : Quand je com-

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