‹ Mélanges africains et orientauxChapitre 30 sur 105 · LES CHEIKHS DU MAROC · texte numérisé non relu

LES CHEIKHS DU MAROC

dont la domination ne se releva pas de la défaite éprouvée à l'Oued Mekhâzin, mais aussi de tenir tète aux Turcs qui, devenus maîtres de l'Algérie, et plus tard de la Tunisie, voulurent détrôner les sultans de Fâs, comme ils avaient fait de ceux de Tlenicen et de Tunis.

Au milieu des troubles et de l'anarchie, leschérifs saadiens qui avaient fait leurs preuves en attaquant les Portug-ais établis sur la côte de l'Atlantique et leurs alliés indigènes, surent se concilier l'appui de la toute-puissante confrérie des Chadelia, tandis que les rivaux de ces derniers, les Oadiria, favorisaient les derniers Mérinides et leurs alliés, les Turcs d'Alger. La victoire se déclara pour les premiers et, en 936 hég. (1549), le cliérif Mohammed el Mahdi, déjà maître de Miknâsah et de Maroc, fit son entrée à Fâs, la troisième capitale de l'empire. Il n'en resta pas toujours le maître incontesté ; les Algériens, conduits par Salah-Kaïs, occupèrent Fâs. Mais El Mahdi y rentra après avoir chassé le fantôme de roi imposé par les Turcs. Des g-uerres civiles éclatèrent parmi ses successeurs, mais la première dynastie des chérifs ne s'en maintient pas moins dans un tel état de puissance, qu'à la fin du xvi« siècle, un de ses princes, El Mansour, j)ut soumettre le Touat et envoyer une armée conquérir Tonbouklou.

Jusqu'à présent, l'histoire de cette époque n'avait été écrite qu'à l'aide des sources européennes, espagnoles, portugaises et françaises, en tête desquelles figuraient, à juste titre d'ailleurs, Léon l'Africain, Marmol et Diego deTorres. Les historiens indigènes, biog-raphes ou chroniqueurs, qu'on n'a du reste

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commencé à publier que depuis peu, n'étaient pas utilisés. Leur importance est cependant capitale, si l'on songe qu'ils nous ont conservé dans le détail les mouvements des confréries religieuses, qu'il est indispensable de connaiire si l'on veut se rendre compte de l'histoire du Maroc et sur lesquels les écrivains européens contemporains sont muets ou très incomplets.

Pour le seizième siècle, par exemple, on peut citer comme sources indig"ènes, outre la compilation d'Es Salaoui 1, El Ofrâni, Noz-hat el Uàdi "*- ; Mohammed el Oâdiri 3 ; Mohammed el Mahdi, Momti'' el Asmâ '' : Ibn el Oâdhi, Djadzouat el Iqtibàs-' ; El Kettàni. Solouat el Anfàs^'; Ahmed Baba de Tonbouktou ; Neil el Ibtihàdj ' ; 'Abd es Salâm el Oâdiri, Ed Dot^r es Sani » ; Mohammed ed Dilâi : Natidjah el tahqiq 9; El Ofrâni, Kitàh Safouah 10, et surtout Mohammed ben Ali ibn 'Asker,

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