Lexicon, éd. Bekker, Berlia, 1854, in-8, p
Apollon de qui elle a un fils dont la naissance est tenue secrète, mais il est dévoré par les chiens, et, folle de douleur, sa mère révèle tout à Crotopos qui la tue pour punir son déshonneur. Pour la venger, Apollon suscite un monstre conçu dans la couche exécrable des Erinnyes : sur sa tête se dresse un serpent qui siffle incessamment et partage en deux son front couleur de rouille. Ce monstre, hideux et sinistre, se glisse la nuit au chevet des époux, arrache les nouveaux-nés du sein des nourrices et s'engraisse des larmes des familles. Enfin cette Lamia est tuée par Korœbos (Stace, Thèbaïdey I, 555-6768*}.
La Lamia est encore mentionnée par Horace (i4W poétique, v. 34U) et d'autres auteurs. Philostrate {Vie (T Apollonios de Tyane, 1. IV, ch. xxv) la représente comme une Empuse, sorte de vampire femelle, tandis qu'un écrivain des derniers temps de l'empire byzantin'- compare son adversaire Palamas à la Lamia qui est privée d'yeux tant qu'elle reste à la maison, mais qui, dès qu'elle sort, a la vue si perspicace qu'elle aperçoit tout. Ce dernier trait, déjà indiqué dans le scholiaste d'Aristophane, nous ramène en pleine littérature populaire et nous retrouvons la Lamia avec son nom et ses attributs d'ogresse dans un conte grec moderne d'Arakhaba. « A Doubri, profonde crevasse d'un torrent descendant du Parnasse, habitait une Lamie (Lamia). A
1. C'est aussi la tradition rapportée par le Mythogvaphus I de l'édition de Bode, Scriptores rerum mijlkicariim latini /re5,Cellis, 1834, 2 v. in-8, t. 1, I 168, p. 52.
2. Bysantiiia historia, éd. Schopen, Bonn, 1830, 2 v. in-8, 1. XXlI, cil. II, t. Il, p. 1109; cf. au^si la note, t. 11, p. 1315-1310.
chaque fête religieuse qu'ils chômaient, les habitants devaient lui livrer un des leurs en pâture. Aussi, avant le commencement de la fête, ils avaient soin de tirer au sort et celui sur lequel il tombait était livré en victime à la Lamie. Un jour, le sort désig'na un jeune et magnifique pallicare ; le fils du premier personnage du village dit alors : Je partirai et m'offrirai à la Lamie afin de sauver notre village. On disait que si elle dévorait le fils du chef, elle ne dévorerait plus de victimes. Les parents du jeune homme pleurèrent, s'affligèrent et cherchèrent à le détourner de son dessein, mais il ne voulut pas les écouter. Il partit et pénétra dans le Dobri pour tuer la Lamie. Dès que celle-ci l'aperçut, elle se jeta sur lui pour le dévorer, mais il lui porta, avant qu'elle eut pu le saisir, un violent coup de lance et la tua. Là-dessus, il se rendit à la fête et raconta ce qui s'était passé aux gens étonnés de son salut. Depuis le village fut en repos * ».
Après avoir essayé de déterminer la nature exacte des personnages qui figurent dans la légende
1. Schmidt, Griechische Sagen und Mârchen und Volkslieder, Leipzig, 1877, in-8, 1. II, cli. x, p. 142 et notes p. 246-247. Ce conte semble ètie une nioi.lificalion d'une légende conservée par Antonin Liberalis, d'après Nicandre [Transfovmationum Congeries, id. Teucher, Leipzig, 17y 1, in-8, cli. viii, p. 43-47). Elle place précisément près de Crissa, aux environs du Parnasse, le séjour d'une Lamie qui dévorait les récoltes et les hommes jusqu'au jour où elle l'ut tuée par Kurybatos, fils d'Euphémos, issu du fleuve Asios. On trouve la Lamie fréquemment mentionnée dans les contes grecs modernes, cL Ilahn, Griechische und albanesische Màrchen, Leipzig, 1864, 2 v. pet. in 8 (conte ni, vur. 2 et 3 ; conte iv vX variantes 1 et 2, conte xwiii et variante; conte xli, conte lu [cf. aussi l'assow, Popularia Caj-mina Gvaeciae recentiovis. Leipzig, 1860, in-8, n° DXMV, p. 401, trad. par Mn^' L. Garnett, Greek Folk-Songs, Londres, 188;j, in-8, p. 75-76 ; M""e L. Garnelt. The Women of the Turkey, Londres, 1890, 2v. in-8, t. L p. 133-135; Abbott, Macedonian Folk love, Cambridge, 1903, in-8, p. 26o-266J ; elle a même passé en Albanie (Dozon, Contes albanais, l'aris, 1881, in-18, conte xvj, etc.
272 MKLANGES AFRICAINS ET ORIENTAIX
de saint Sousnyos. il me reste à parler des invocations magiques qu'elle contient. Dans une version slavonne, les incantations composées, dit-on, par le pape Jérémie sont destinées à chasser les douze fièvres : « Près de la mer Roug-e, se dresse une colonne de pierre (le mont Sinaï); sur la colonne est assis Sisinnii, le saint grand apôtre, et voilà, la mer s'est gonflée jusqu'aux nuages, et de son sein sortent douze femmes aux cheveux flottants, apparition diabolique et maudite. — Et ces femmes disent: Nous sommes les fièvres, nous, les filles du roi Hérode. — Et saint Sisinnii les interroge : Démons maudits, pourquoi êtes-vous venus ici ? — Elles lui répondent : Pour tourmenter la race des mortels ; quiconque nous avale, nous nous attachons à lui et nous commençons à le torturer, et celui qui s'oublie à dormir le matin, ne prie pas le Seigneur, n'observe [)as les fêtes, boit et mange de bonne heure en se levant, — voilà notre favori ^ Et saint Sisinnii prie Dieu: Seigneur, délivrez la race humaine de ces maudits démons. Dieu lui envoya alors deux anges, Sichael et Anos et quatre Evangélistes, et ils commencèrent à frapper les Fièvres avec des massues de fer, leur donnant jusqu'à trois mille coups par jour. Les Fièvres commencèrent à se plaindre et à prier : Grand saint, Apôtre Sisinnii, Sichael, Anos, et vous, les quatre evangélistes, Luc, Marc, Mathieu et Jean, ne nous torturez plus : lorsque nous entendrons vos noms sacrés ; lorsque, dans une famille, vos noms
1. V^arianle : « Nous somines envoyées par le Isar Hérode. dans le monde, au milieu des chrétiens, pour briier leurs os, refroidir leurs cheveux, laire que leurs veines se contractent et qu'un feu intérieur les brûle. »
LES LEGENDES DE S. TERTAG ET DE S. SOUSNYOS 'J/o
seront glorifiés, nous nous éloignerons de cette famille à trois jours, à trois stades' ». Telle est la partie historique de la légende; elle continue par la description particulière de chaque fièvre ; l'apôtre leur demande leur nom; elles répondent en énuniérant en même temps leur caractère distinctif, que leur nom suffirait d'ailleurs à révéler : l'une se nomme Triascia (en russe triasastiayiTe,mh\e\:,triasoutchka ou triasca, hèvre intermittente), l'autre Ogneiaipgn, ogon^ feu ; ognevitchay hèvre chaude) ; la troisième, Ledeia (led, froid), etc. Novule se présente comme la danseuse quia demandé la tête de saint Jean-Baptiste. Vient ensuite une formule d incantation : on nomme toutes les Hèvres et on les menace de l'apotre Sisinnii et de leurs autres ennemis : Eloignez-vous du serviteur de Dieu (ici le nom), fuyez à trois jours, à trois stades, et si vous ne vous éloignez pas de ce serviteur de Dieu, j'appellerai l'apotre Sisinnii, saint Sichael et saint Anos et les quatre évangélistes, Luc, Marc, Mathieu et Jean, et ils commenceront à vous torturer en vous donnant jusqu'à quatre mille coups par jour". » La version éthiopienne a subi sur ce point des modifications qui en font un texte original : de là, la difficulté d'identifier quelques-unes des
1. Dans unu amulette by/antine repiésentanl le sceau de Salomoii, les noms de Sisinnios et de Sisinnarios sont joints à celui de ce prince pour chasser la maladie. Cf. Heim, Incuntamtntamagica gvxca-lutina, Lcipziy, 1802, in-8 (d'après Schlumberger), p. 4 8.
2. l'ypine et Spasovic, Ilixtoire des littératures slaves, trad. Denis, p. 119-120. Les auteurs ajoutent en note (p. 119, note 1). Celte légende a été retrouvée jusqu'en Sibérie par Guijaev qui 1 a recueillie dans sa forme presque parfaite de la tradition populaire. Bien qu'un Sisinnius soit mentionné parmi les quarante martyrs de Sébaste, ^cf. Huinart, Acta primaruin murtyrum sinccru, Amsterdam, 1713, in-4, p. b21), il m'est impusbible d'admettre l'opinion de l'ypine et Spasovic [iOid., p. 119, note 2) ([ui l'assimilent au Sisinnii de la légende slave.
IS
"274 Ml'iLANGES AFRICAINS ET ORIENTAUX
maladies qui sont l'objet d'incantations. Plusieurs des êtres nuisibles mentionnés ici sont propres à l'Ethiopie; outre les forgerons, qui sont d'ailleurs considérés comme sorciers dans d'autres pays, et les Falachas, population qui a conservé sa langue et sa religion particulière et dont j'aurai l'occasion de parler plus tard, on trouve signalés le Bouda et le Zàr sur lesquels je donnerai quelques explications.
Le premier terme, qui signifie sorcier, est souvent appliqué aux forgerons qui se recrutent surtout parmi les habitants du Dâmot, du Godjàm et les Falachas. Il désigne les hommes qui ont la faculté de se transformer en hyènes et qui jouent le même rôle que les lycanthropes et les loups garons de l'Occident. Sous cette forme, ils attaquent de préférence les femmes qui ont méprisé leur amour, mais leur puissance n'a d'effet que contre les personnes dont ils connaissent le nom de baptême qu'on dissimule soigneusement en Ethiopie. Leur action s'exerce par la possession ; on les reconnaît à leurs yeux sinistres et généralement c'est par le regard qu'ils se rendent maîtres de leurs victimes. On peut arriver à délivrer le possédé ou la possédée par l'emploi de charmes et d'exorcismes auxquels le Bouda résiste autant qu'il peut. Une légende prétend qu'un saint éthiopien du nom d'Abo, contemporain de Lalibala (xin*^ siècle) resta en prières pendant sept ans, suspendu en l'air, la tête en bas, pour délivrer le Godjàm des Boudas qui l'infestaient. Dieu lui accorda ce qu'il désirait, mais, depuis la mort du saint, ces êtres malfaisants ont repris leur
pouvoir 1. Au milieu du xix^ siècle, les gens soupçonnés d'être Boudas étaient exterminés sans miséricorde. Les cas d'épilepsie ou de convulsions sont souvent attribués à la possession d'un Bouda chez les Ethiopiens, comme chez les Gallas '^.
La plus ancienne mention du Zâr est celle qu'on trouve dans une chronique amarina, d'origine relativement moderne "^ où il est employé dans le sens de démon qu'il a encore en amarina et en tigré en Kemant ou Agaou '^]. D'après les diverses descriptions qui en ont été données, les effets du Zâr sont de nature diverse : tantôt des crises d'hvstérie dont souffrent principalement les femmes non mariées''; tantôt on lui attribue la consomption **. La croyance au Zâr parait être venue des Gallas ; du moins on la trouve très développée dans les provinces d'Ethio-
1. Cf. Soleillet, Voyages en Et/iiopie, Rouen, 1880, in-4, p. 282 [Peut ëlre laut-il en rapprocher les bôssa, èlres niallaisanls redoutés clans le Tigré. Cf. Enno Litlniann, Publications of tlie Princeton Expédition in Abyssinia, Leiden, rJK», t. I, n'cxiii, p. 2oi-2y5 ; t. [\,n'> W'i, p.30'J-olO].
2. Cf. les détails donnés par l'iercf, TUe li/'e and adventiires, Londres, 1831, 2 voL in 8, 1. 11, app. 1 ; Marris, The hitj/ilands of Et'iiopia, Londres, 1844, 2 V. in-8, t. Il, cli. xxxv, p. 294-296 ; Manslidd Parkyns, Life in Abyssinia, Londres, 18.j3, 2 v. in-8, t. Il, ch. xwiii, p. 144-102: Slcrn,
Wandering among Ihe Falashas. Londres, 1802. in-8, ch. xi, p. 132-160; W. l'Iowilen, Travels in Abyssinia and the O'alla Country,Londv<is, 1868, in-8, cil. VI, p. 110-124 ; liianclii, A/fa tfrra dci (îalla, Milan, 1884, in-4, ch. xii, p. 415-419 ; Borelli, h'l/iio/)ie méridionale, l'aris, 1890, in-4, p. 133 j Massaja, Mes trente-cinq années de mission dans la Haute-Ethiopie, t. I, Lille, s. d., in-8, ch. xi\, p. 217 : Lefebvre, Voyage en Abyssinie, Relation historique. ^. I, Paris, s. d. Introduction ch. m, p. i.xi [Guidi, Vocabulario amarico-italiano, Koina, 1901, in-4, col. 340-347 s. v. budd ; Cccclii, iJa Zeila aile frontière del (kifla, Rome, 1880-1887, 3 v. in-8, t. 1, ch. xx, p. 101-403; M. Cohen, Cérémonies et croyances abyssines, Paris, 1912, in-8, p. 16j.
3. Prujlorius, Die amharische Sprache, Halle, 1879, in-4, p. o04-."J00.
4. [Isenberg, Uictionary of amharic language, Londres, 18.^1, p, 150 ; Uuidi, Vocabulario amarico itaiiano, col. 012-613 ; L. de Vilo, Vocabulario délia lingua tigrigna, Rome, 1890, in-8, p. 97 : il est nommé Zdrti ; Conti Rossini, Z,a langue des Kemant en Abyssinie, Vienne, 1912, in-8, p. 273-274j .
0. Slern, Wanderings among the Falashas, p. 160-161. 6. Plowticn, Tracels in Abyssinia, ch. vi, p. H 4.
pie où ils se sont établis. Dans le Clioa, par exemple, les Zàrotcli (pluriel de Zâr) forment deux troupes de quarante-quatre démons chacune, ayant à leur tête deux alaka (ou chefs) : l'un s'appelle Marna, Tautre Warrer. Chaque Zâr a de même un nom particulier : pour le chasser de la personne dont il s'est emparé, on emploie le chant, la musique, la fumée de tabac, sans parler du sacrifice d'une poule ou d'un bouc. Le Zar était même devenu, au milieu de ce siècle, une divinité dont les fidèles se réunissaient à des dates fixes, pendant trois jours et trois nuits, se livrant à des pratiques qui le faisaient apparaître aux initiés *. Le culte du Zâr et l'usage de lui sacrifier des victimes a été importé chez les Musulmans de la Mekke et d'Egypte par les esclaves volés en Abyssinie '.
Les anges invoqués contre les maladies et les démons sont : Michel (Mikàêl), Gabriel (Gabréel), Raphaël (Roufaêl), Souryâl, Sadâkyâl, Ananyâl, Fanouôl, dont les trois premiers sont suffisamment connus. Ils correspondent aux sept anges nommés dans V Hexœmeron du Pseudo-Epiphanes : Michel, Gabriel, Raphaël, Souryâl, Saratyâl (à la place de
\, Isonberg el Krapf, Jour/mis. Londres, 1843, in-8, 11' partie, p. 116- 118: Jolinston, Travelsin Southern Abysxinia, Londres, 1844, 2 v. in-8, t. Il, ch. XXII, p. o27-:i29 ; llarris, The highlands o/'Ethiopia, t. H. ch. xxxv, p. 291-292; Plowden, Travels in Abyssinia, ch. xiii, p. 259-200 ; Borelli, Ethiopie méridionale, p. 133-134 [Gecchi, Da Zeilaalla frontieredel Caffa, t. I, p. 403-408J.
2. Cf. Kleinsinger, Bilder am Ober-Egypten, 1878, in-8, p. 388; De Goeje (d'apri's Snoiiciv llurgronje), Zeitschrift der deutschen niorgenlândischen Gese/Ischnft, t. XLI\^ 1890, p. 480 ; Nœldeke, Zdr{ibid.,\>. 701) ; VoUers, Noch einmal der Zdr (ibid., t. XLV, 1891, p. 343-351). [Surlc Zâr un Egyplo, cf. Zein cddin lliliiii, Rioiuiyat madhdrr es Zdr, LuQaire, 1903, in-8 ; Kahle, Zdr-Beschwdrungen tu Egyplen, Der Islam, t. lllj 1912, fasc. 1-2, p. 1-41;;.
FanoiiT'l), Anamyâl * et aux six mentionnés dans le livre d'Hénok (ch. xx) ; Uriêl (Ourèel), Raphaël, Râg"ouêl, Michel, Saraqaêl, Gabriel : Ananyâl et Fanouel sont remplacés par Râgouèl. Oiirëèl doit être substitué dans notre texte à Souryâl ; cependant, on trouve le nom de Sourièl {Soiiryàl) mentionné avec celui de Raphaël, par les Pérates, comme portés tous deux par deux des puissances divines représentées par le feu 2. D'un autre côté, dans une amulette byzantine, Uriel est invoqué avec Emmanuel pour mettre en fuite une maladie 3. De même Sadâkyal est à identifier avec Saraqaêl : ce dernier nom que les commentateurs les plus récents n'ont pu reconnaître, est peut-être le même que Sourakiyâl mentionné dans la Prière de Bartos '^ comme l'ange de l'étoile du soir. Fanouel est cité dans le livre d'Hénok (ch. xl, 9). D'après Charles, le judaïsme postérieur substitua Uriel à Fanouel ^.
1. Dan Hexsemei^on des Pseudo-Epiphanius, éd. Triimpp. Munich, 1882, in-4, p. 6-8.
2. Philoxophumena, éd. Gruice, Paris, 1860, in-8, 1. IV, cli. ii, p. 190. Le nom de Souryan (pour Souryal) existe d'ailleurs dans la version éthiopienne du livre d'Hénok (IX) et le texte grec le remplace par Uriel.
3. Ileiin, I?icantamenta mar/ica grseca-latina, no 63 (d'après Schlumberger), p. 481 .
4. Bihliothèque Nationale de Paris, fonds éthiopien, no 57, f" 8 [Cf. (lonW ^ov.?,\n\, La liedazione étiopica délia prerjhiera délia Vivgina fra i Parti, Rome, 1896, in-8, p. 13, et ma traduction de cet apocryphe, Z,e.<f Apocryphes éthiopiens, fasc. V, Les Prières de la Vierge à Bartos et au Golgotha, Paris, 1895, in-8, p. 17, Il est à remarquer cependant que, plus loin (texte éthiopien, p. 16, trad. p. 20) Sadâkyal est mentionné spécialement comme portant au-dessus de lui une couronne ; dans la Prière de la Vierge au Golgotha {Apocryphes éthiopiens, V, p. 33), Sadàkyàl est donné comme le consolateur des atlligés].
5. Charles, The book of Enoch, Oxford, 1893, in-8, p. 118, note. [On trouvera le résumé d'une versiou grecque delà légende de Sisinniu d'après un manuscrit delà Bibliothèque Nationale de Paris, dans James, Apocrypha Anecdota, t. II, p. 166-177; n» 1 du t. V des Texts and studies d'Armitage Robinson, Cambridge, 1897, in-8].
LE NORD-EST DE L'ETHIOPIE i
(Denis de Rivoyre, Aux pays du Soudan, Bogos, Mensa, Suuakim, Paris, 1885, in-18 jés.).
Le titre de l'ouvrage est heureusement corrig-é par le sous-litre, car on pourrait s'attendre à lire un voyage à Tonbouktou ou au Darfour et les lecteurs qui croiraient trouver des détails sur le siège de Khartoum ou les défaites des Anglais et des Egyptiens, s'exposeraient àdes mécomptes. Il s'agit d'une excursion faite par M. de Rivoyre dans le pays des Bogos et de quelques pointes poussées au Nord jusqu'à Guédéna, au Sud jusqu'à Koufit, à l'Ouestjusqu'au Djebel Barka. Même restreint à ces proportions, le voyage pouvait donner lieu à des observations et à des recherches curieuses. Il y avait encore des choses intéressantes à relever et à raconter, même après les observations de MM. Antoine d'Abbadie -, Sapeto 3, W. Miinzinger^, du duc de Saxe^, Th. von
{.Bulletin de Correspondance africaine, 1885, fasc. HI IV, p. 350-
2. Bulletin de la Société de Géographie, 1842 ; Sur le droit bilin, Paris, 1866, in-8.
3. G. Sapeto, Viaggio e missione catlolica l'ra i Mensa, i Bogos e gli Habab, Rome 1857, ifl-8.
4- Beschreibung der nord-œsilichen Cirenzlànder von Habesch (Zeitschriftfur allgemeine Erdkunde.i^^l ,\>. 177) trad. dans les .Voure//e.s" An nales des Voyages, 1858, T. II, p. 1-55 : Les contrées limitrophes de r flabesch du côté du nord-est ; Ueber die Sitten und das Recht der Jingos ; Wintertliur, 1859, in-4 Ost-afrikanische Studien, SchalTouse, 1864, in-8
5. Ileise des Ilersogs von Sachscn-Coburg -Gothas nach Aegt/pten, éd. L.'ipzit^, 18(i4, in-8.
LE JNORD-EST DE l'ÉTHIOPIE 279
Heuglin 1, A. Issel 2, H. von Rolsliausen 3, Liltmann '► et M. de Rivoyre a été témoin de scènes de mœurs qui auraient donné du charme à son volume, si l'auteur s'était abstenu d'employer un style souvent prétentieux quand il n'est pas trivial 3. On sait que les Bilèn ou Bog-os habitent depuis long-temps la frontière ég-yptienne et que les Khédives ont toujours essayé de leur imposer leur autorité. La date de la mig-ration de ces populations est incertaine. M. de Rivoyre, d'accord avec M. Reinisch^ et W. Mûnzinger7, la place vers le milieu du xvi® siècle. Cette opinion paraît en désaccord avec celle de M. Ant. d'Abbadie s, mais ce dernier ne donne aucun argument à l'appui de ses doutes. Il faudrait cependant reculer cette migration de plusieurs siècles si on identifie, ce qui est douteux, les Bilèn avec les Abylli de la Troglody tique, mentionnés par Athénée et