‹ Mélanges africains et orientauxChapitre 66 sur 105 · Fliigel, Mfini, p · texte numérisé non relu

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Satan : « Moi, Sisoe, comme je descendais du Mont des Oliviers, je vis l'ange Gabriel qui avait rencontré Avestitza, l'aile de Satan, l'avait saisie par les cheveux, et lui demandait où elle allait. Elle répondit qu'elle allait tromper la Sainte Vierg-e par ses ruses, afin d'enlever lenfant nouveau-né et boire son sang-, L'archang-e lui demanda comment elle pouvait entrer dans les maisons : elle répondit qu'elle se changeait en mouche, en chat, etc., mais que si l'on connaissait dix-neuf noms et demi et si on les écrivait, elle ne pouvait réussir. Elle lui dit ces noms qui furent écrits.

M. Gaster i rapproche cet être malfaisant de Lilith qui est déjà mentionné dans Isaïe (XXIV, 14) comme une divinité nocturne redoutée encore de nos jours par les Juifs qui s'efforcent de lui interdire l'entrée de la chambre d'une nouvelle accouchées. Dans la version syriaque du Syntipas, Lilitha est le nom d'une ogresse qui dévore les jeunes gens 3.

En tenant compte de ces diverses indications, et surtout du fait que certaines hérésies, particulièrement les gnostiques, ont fait des emprunts à la mythologie grecque, on peut se demander si le personnage de la sœur de Sousnyos n'est pas le même que celui de Lamia dont il présente tous les caractères. Différentes traditions avaient cours sur son origine. Suivant l'une (Eudoxia, Viola/'iîim,n° DXCXW,

^. Gaster, Literatura populara romana^ p. 394-393 ; Ilchester Lectures, p. 82.

2. Cf. Selden, De Dits Syris, Leipzig, 1672, in-12, p. 249-250. La lentalive de Selden pour rapprocher ce nom de l'Ililliye des Grecs et de l'Alilat d'Hérodote, n'a aucune valeur.

3. Sindbàn oder dei sieben weisen Meister, éd. Bœlhgen, Leipzig, 1879, in-8, p. 8 du texte.

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p. 4ol, éd. Flacli), Lamia était une fille de Bélos et de Libye ; elle fut aimée de Zeus qui la transporta en Italie où elle donna son nom à la ville de Lamia ; mais les relations que Zeus avait eues avec elle furent connues d'Héra qui, par jalousie, fit périr les enfants qui naissaient de sa rivale. Celle-ci, ne pouvant supporter leur perte, vola ceux des autres et les tua. « C'est pourquoi, ajoute Eudoxia, les nourrices qui veulent effrayer leurs poupons appellent Lamia. » Cette lég-ende, empruntée sans doute à Duris de Samos, dont le texte nous a été conservé par le scholiaste d'Aristophane {Paix, v. 758) a été reproduit par Suidas ^ Diodore de Sicile (1. I, ch. xli), place près d'Automala en Libye, et non en Italie, la grotte où résidait la reine Lamia, mais il supprime les détails mytliolog-iques : suivant lui, sa fierté sauvage lui avait donné l'aspect d'une bête féroce ; ses enfants ayant tous péri, elle porta envie aux autres mères, fit arracher de leurs bras et tua sur le champ leurs enfants. « De nos jours, termine Diodore, son histoire court encore parmi les enfants, à qui son nom cause une grande terreur. » De bonne heure, on la trouve mentionnée dans le théâtre grec : ainsi dans Aristophane (Guêpes, v. 103.j, 1377, Paix, v. 7o8), dans Euripide (fragment 642, éd. Wagner), dans un passage du Collier de Ménandre (fragment 2, éd. Longueville), conservé par Aulu-Gelle {Nuits attiques, II, 23).

Une autre version place son séjour en Grèce : la fille de Crotopos, roi des Argiens, est séduite par

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