SUR LE MARQUIS DE MIRABEAU. 1U
« Point tic créations de charges et d'offices; pas d’emprunts.
« Régénération dans les lois, les habitudes et les règle ments.
a Le roi peut sans danger être novateur.
« Le roi, dit le marquis de Mirabeau (5* iiarlie, page 87), règne de fait sur les biens et sur la vie, mais encore sur les opinions. En aucun temps du monde, toutes les conditions" renfermées dans cette définition ne se sont trouvées réunies en faveur d’un gouvernement, dans quelque état de société qu’on puisse avoir subsisté, comme elles le sont aujourd'hui en France (i 7 58) : La nation entière semble avoir identifié ses intérêts, sa gloire, ses notions enlin en tout genre en une seule personne, le roi. Justice, police, finances, commerce, places, artilleries, villes, bourgs, bamcaux, territoires, habitants, tout est au roi... »
Tout ceci écrit trente ans avant la Révolution. Il se sert de cet argument pour prouver que le gouvernement peut tout essayer, sans périls, en fait d’améliorations. Quelle confiance d’une part ces cent cinquante ans de soumission, cl de l’autre les progrès de l’autorité royale et l’absence de toute expérience de liberté politique avaient donnée! La peinture du siècle, vu d’une certaine manière, est juste; le progrès qu’il signale, vrai. Seulement il faut mettre, au lieu du roi, le gouvernement, l’Étal. L’action plus grande, plus étendue, plus détaillée du gouvernement sur les affaires cl même les idées était vraie. Mais c’était un signe de centralisation et de démocratie, non de stabilité.