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Il montre le gouvernement de l'Allemagne partagé entre trois puissances :
1" I/Empereur;
2“ l.a noblesse ;
ô“ Les communes ou villes libres.
1“ L'Empereur.
Quoique rKmpereur ail des revenus assez considérables, il lui est très-difficile d'exercer une grande influence sur le corps germanique, parce qu'il peut difficilement contraindre les nobles et les villes libres à lui obéir, et qu'il iui est presque impossible de réunir volontairement, pendant un temps un peu long, un si grand nombre de volontés différentes tendues vers le même but. Ce serait un des plus puissants princes du monde, s’il pouvait faire marcher l'Allemagne à son gré : car le pays est très-peuplé et très-riche; mais toutes ses entreprises échouent par le défaut d’accord dans les sujets.
2" l.(i noblesse.
I.a noblesse d'Allemagne est moins puissante que celle de beaucoup d'autres Liais, et en particulier que celle de France. Il faut la diviser en noblesse ecclésiastique et en noblesse séculière.
lai noblesse ecclésiastique est fort affaiblie par le développement qu’ont pris les communes favorisées presque toujours par J'Lmpercur. Les plus grandes villes des électorats ecclésiastiques sont devenues ainsi presque indépendantes des électeurs.
I.a noblesse séculière est exposée également à celte cause d'affaiblissement, et de plus elle en a trouvé une autre dans la loi de succession, qui partage également les biens du père,
VOYAGE EN ALLEMAGNE. 459
t’on Ira ire ment à l’usage suivi en France et dans plusieurs autres pays.
r>“ Villes libres.
l/Allemagne est couverte de villes qui se sont soustraites avec le temps, soit entièrement, soit en partie, au joug de la féodalité et à celui du pouvoir impérial.
Ces villes, quoiqu’elles reconnaissent le droit de suzeraineté de l’Empereur, se gouvernent ordinairement elles-mêmes, ont leurs impôts, leurs troupes qui ne marchent que sous leurs bannières et par ordre de la commune.
.Machiavel répète que ces villes forment le nerf de l'Empire; qu’elles sont bien administrées, riches, prospères; qu'elles ne montrent point l'ambition de conquérir, mais seulement le désir de conserver leur liberté. Presque toutes ont de grandes réserves en argent. Leurs dépenses sont peu considérables, parce qu’elles ne payent point de soldats étrangers comme les villes d’Italie, mais se servent de leurs propres citoyens, qui sont tenus de marcher à la guerre lorsque la commune l’ordonne, et qu’on exerce à cet effet pendant la paix. 11 règne dans ces villes une grande simplicité et beaucoup d’aisance : ce qui fait que quand l’Empereur veut y solder des hommes pour la guerre, il faut qu’il les paye énormément cher, parce qu'ils se trouvent bien chez eux.
Machiavel faisant ensuite remarquer que ces villes ont souvent fait la guerre aux Suisses, ajoute : Il existe en elfet une grande différence entre l’esprit de ces villes et celui des Suisses. Ceux-ci sont égaux entre eux et détestent toute espèce de noblesse. Dans les villes libres d’Allemagne au contraire il se trouve beaucoup de familles nobles , et l’on n’y hait que la grande noblesse, qui est assez forte pour asservir la cité.
NOTkS DE VOYAGES.
Bade, 5 noîu mo.
Résumé de l'histoire de Florence par Machiavel , depuis la fondation de la ville jusqu en 1492, époque delà mort de Laurent le Magnifique.
L’histoire de Florence, depuis l'etablissement de la République, en 1255, jusqu'à la mort de Laurent de Médieis, en 1492, c’est à-dire pendant 257 ans, peut se diviser en trois grandes périodes :
La première (de 88 ans) commence en 1255 et finit en 1543 ; elle est occupée parles querelles de la bourgeoisie et du peuple contre les nobles.
La seconde (de 91 ans) commence en 1545 et finit en 1 434 ; elle est remplie par les querelles de la bourgeoisie cl du peuple.
La troisième enfin, qui va de 1454 à 1492, époque de la mort de Laurent, peut-être appelée époque des Médieis.