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Mélanges altaïques

Autorisé par Son Excellence Monsieur Je Ministre de l'instruction publique à faire un cours sur Vhistoire et la géographie de VAsie centrale à r école des Langues orientales ^ nous avons dans le premier semestre esquissé à cette école le tableau géographique et ethnographique de cette importante partie du monde. Dans le courant de ces leçons nous avons eu l occasion de parler de Vorigine et de la migration des peuples de la haute Asie y et sur ces questions qui jusqu'à présent ont été peu traitées en France, nous sommes arrivé à des conclusions nouvelles y que nous nous permettons de soumettre au public savant dans le présent travail. Nous avons ajouté à ces études géographiques et ethnographiques quelques chapitres d'archéologie et de philologie y qui ont aussi rapport aux peuples de la haute- Asie et que nous avons eu l'occasion de lire devant la Société de

numismatique et d'archéologie y et devant la Société philologique.

Les discussions qui se sont élevées au sein des différentes sociétés savantes au sujet de Vexistence ou de la non-existence^ des Touraniens en Babylonie, discussions intéressantes auxquelles nous n'avons jamais manqué d'assister, ne nous ont pas éclairé suffisamment. Aussi laissons-nous cette question de côté jusqu'au jour où des preuves concluantes auront dissipé tous les doutes. Encore une fois y nous sommes loin de vouloir trancher la question, nous espérons même que les grands assyriolo gués français et anglais réussiront sous peu à établir Vexistence d'une langue^ d'une civilisation et d'une nation touraniennes dans la Babylonie; mais pour le moment nous faisons absir action de nos préférences et nous attendons que cette jeune science se soit plus développée et plus affermie. Les questions qui se rapportent au nord et au centre de V Asie sont tellement à l'ordre du jour que nous avons cru y trouver asse^ de matériaux pour les. réunir dans un volume i nous croyons ces m^atériaux dignes de l'attention d'un public savant, et nous recommandons ce volume à r indulgence de nos confrères.

Nous avons, à r imitation de Castrén, laissé le nom de Touranien pour lui substituer celui i'ALTAÏQUE. C'est là peut-être une grande hardiesse^ car nous nous mettons ainsi en contradiction formelle avec M. Max MUller. Mais nous

pensons que V autorité de Castrén en vaut bien une autre, et nous renvoyons nos contradicteurs au chapitre où nous avons traité cette importante question. On pourra ne pas admettre nos conclusions, mais on conviendra qu'une opinion qui a pour défenseurs Castrén y Schotty etc., et qui s'ap^ puie sur les importantes découvertes de MM. de Sachau, Shajv, Hayjvard et Josèphe Halévy est un e opinion des plus respectables. Tous les hommes compétents en fait de Touranisme jugeront en dernier ressort.

Le présent travail est offert à un ami auquel nous avons voulu rendre hommage et témoigner notre reconnaissance pour tous les conseils qu'il a bien voulu donner y lui Français et homme de goût y à un étranger peu exercé encore à parler et surtout à écrire cette belle langue française y si nette, si claire y si précise y dont il est si difficile de mettre en œuvre les précieuses ressources et de connaître tous les secrets.

L'Auteur.

Paris, le 12 avril 1874.

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