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Mélanges américains

Lorsquel os membres du Comité d'organisation du \ HT Congrès international des Américariisles constituèrent leur bureau, ils n'oublièrent point de placer à leur tète comme président d'honneur ce vétéran des études américaines avant <jue l'américanisme n'existât : Ferdinand Denis.

Né il Paris le \'.\ août 17(18, Jean-Ferdinand Dems était <lans sa iy/' année; sans espérer qu'il |)rit une part active ii nos travaux, nous pouvitms penser que la mort qui semblait 1 (MiMicr dans sa verte vieillesse lui permettrait de paraître aux cùtés de notre vénéré président: M. de Ql'atrefages.

Ferdinand Denis est mort ii Paris, le i" août 1890.

Une voix plus autorisée que la mienne aurait pu retracer la carrière de ce vovageui- ci de ce savant modeste; — on a pensé — et j»; remercie ceux (jui ont eu c<'ttc pensée — (|ue nul ne pourrait |>arler de Ferdinand Denis avec plus d allVction tjue moi.

Je lis la connaissance de lerdinand Denis a mon retour de Chine, jiai l'intermédiaire d'un atni c(»mniun, également géographe distingué, dont le iiniii vous est lamdier a tous:

I. Kxlrnit (lu C.nmple rendu de la huitième ieition tenue <i Paris en i8(fo du (lumjrèi tnternaliumil det AmèrieunisUi.

2 MKLANGES AMERICAINS

Deiamarche. qui était alors à la tète du Service des Cartes et Plans de la Marine. Et depuis lors, des recherches analogues, cette sympathie qu'il savait inspirer ;i ceux qui l'approchaient, établirent entre Ferdinand Denis et moi, des relations constantes que la mort seule pouvait interrompre.

La vie de Ferdinand Denis est celle d'un homme sage, et qui dit sage, dit simple. Il appartenait par son père, au Département des Affaires Etrangères et il embrassa de bonne heure la carrière diplomatique: ce fut en qualité d'attaché d'ambassade que Ferdinand Denis visita le Brésil. Mais il abandonna bientùt les chancelleries pour se livrer à des études de linguistique et d'crudilion, et lorsque j'aurai (lit qu'en i838, il entra au ministère de l'Instruction publique comme bibliothécaire et qu'il fut nommé trois ans plus tard conservateur de la Bibliothèque de Sainte-Geneviève, dont il devint le chef en mars i865, j'aurai raconté les faits principaux d'une vie qui se résume en entier dans la chronologie d'ouvrages s'échclonnant à intervalles très rapprochés pendant une période de près de trois quarts de siècle.

Ferdinand Denis fut l'historien de l'Amérique portugaise et espagnole; il décrivit tour à tour la Guyane', à laquelle se rattache le nom de Malouet-, Buenos-Ayres, le Paraguay, le Chili', et surtout le Brésil*. Les gouvernements de ces

I. La Guyane, ou Histoire, mœurs, usayes et costumes des habitans de cette partie de l'Amériijue. piir M. Ferdinand Denis..., ouvrage orné de seize gra- Yures. Paris, IS'epveu, iSaS, a vol. pet. in-12, pp. i83, 23'^.

a. Voyaye dans les forets de. la Guyane française, par P.-V. Malouet, ancien ministre de la marine. Nouvelle édition, publiée par M. Ferdinand Denis. Paris, Gustave Sandre, in-32, s. d., |)p. 128.

Pierre \ iclor Malouet, né à Riom, en 17^0.

3. Résumé de l'histoire de Buenos-Ayres, du Paraguay et des provinces de la Plata, suivi du Résumé de l'histoire du ClùU, avec des notes, par Ferdinand Denis. Paris, Lecoinle et Durey, 1827, pet. in-i2, pp. xvi-32i.

4. Le Brésil, on Histoire, mœurs, usages et coutumes des habitans de ce royaume, par M. Hippolyte Taunay, Gon-espondant du Muséum d'histoire naturelle de Paris, et M. Ferdinand Denis, membre de l'Athénée des sciences, li'ttres et arts de Paris. Ouvrage orné de nombreuses gravures d'après les dessins faits dans le pays par M. H. Taunay. Paris, Nepveu, 1822, 6 vol. pet. in-i8.

Résumé de l'histoire du Brésil, suivi du Résumé de l'histoire de la Guyane,

pays ont reconnu l'importance de ses travaux : Denis est mort Commandeur de lOrdrc d"Isabelle-Ia-Catholique, Grand'Croix de l'Ordre Impérial de la Rose du Brésil et de rOrdie du Christ de Portugal.

Le Brésil revient constamment sous la plume de Denis depuis 1822, sous forme de description ou d'histoire générale. Je ne vous parlerai ici ni de la description publiée en 1822, avec la collaboration de M. Ilippolvte Talnaï, ni du volume paru en 1887 dans la collection de Vi'/iii'ers pittoresque; je rappellerai seulement que les panoramas jouissant ii Paris d'une grande vogue, ce lut Denis, aidé de Ilippolvte Taunay, qui fut chargé de rédiger la notice' du panorama de Rio-Janeiro, exécuté par M. Ronmy d'après des dessins faits et envoyés par M. Félix I'aunay, correspondant du Muséum d'histoire naturelle.

Tout le monde sait que Robert Bahker, peintre d'Edimbourg, inventa les panoramas dont le premier spécimen fut exposé en 17S8 dans la capitale de l'Kcosse. Le célèbre Robert l'ulton les introduisit en France.

Je ne retiens fjue deux ouvrages importants à des titres divers : l'un est une simple brochure intitulée Une Fête bré-

par Ferdinand Denis. Piiris, Lecointo et Dnrev, l8'j.">, |iel. in-12, |ip. vtii-

— Deuxième édiliuu. Ibid., pet. iii-r:i, pp. viii-.'?^3.

— Histoire gt'djriipliiiiue du Jiri'sil, par M. l'erdinaiid Denis. — Paris, 3«», rue et place S. .\ndré des Arts, iM33, a pnrties en un vol. in-i('i, carte et tableau.

— i83:i, 2'' éd., liibliolhèfjiie poptilain', l. i3', Ibid. iii-ia.

Itrêsil. par M. Ferdinand Denis. Colombif et Guyane, par M. (]. l'^niin. Paris, Firinin Didot, 183", in-8.

I. Nolire hislor'ujne ri expUrative </« panorama de Rio-Janeim. par M. Ilippolyle Taunay... , et M Ferdinand Denis. Paris, .Nepveu, l8i.'j, in-X.

Ilutuire ijèotjraphii/iir du liréiil, par M. l'erdinand Denis, l'.iris, i833, pet. in- 1 a, pp. lun.

Fait partie de la Hiiliolhfque pnpuluire.

liéiumé de Ihnliiire littéraire du l'ortwjal. sni\i du Utsumé de Vh'utuire littéraire du Urétil, par Ferdinand Denis, l'ari», Lecointe et l)urev, l8a6, pet. in-ia, pp. xxv-trjj.

.lf/(iJ de lu Littérature eipaijnole tl.ins la colleelion dos .\tlas de Littérature de Jarry de Maiicy. i'nris, iH3i, iii-fol. AHa$ de la littérature purlu- 'jaite, Ibid.

4 MKLAM.ES AMKRICAINS

siliennc dapri's un volume de la Bibliothèque de Rouen, lautre une relation du voyage d'YvES d'Évreix.

Parmi les « plaisantz spectacles et maf^nifiques théâtres dresses, et exhibes par les citoiens de Rouen », lors de l'entrée de Henri II et de Catherine de Médicis, dans la capitale de la Normandie, les mercredi et jeudi, premier et deux octobre lôâo, cinquante Indiens de la race des Tupinambas donnèrent des scènes de leur pays'.

On se souviendra qu'il n'y avait que cinquante ans que Pedro Alvarez Cabrai arrivait à la côte brésilienne, le i!\ avril looo, et jetait l'ancre à Porto Seguro". Le succès de ces Tupinambas fut assez considérable pour que l'habitude de représenter des fêtes indiennes se soit introduite dans le cérémonial de la cour de France. On conserve d'ailleurs encore aujourd'hui au Musée des Antiquités de Rouen, une enseigne de l'île du Brésil, représentant des scènes indiennes, et provenant de la maison portant le n" 17 de la rue Malpalu, où furent logés au xvi'' siècle ces hôtes exotiques '.

Ce n'est point ici la place de parler de l'expédition de Nicolas Durand de Villegaignon en i558, mais l'historique des efforts tentés sous Louis XIII pour assurer à la France un établissement sur la côte de l'Amérique du Sud, est essentiellement de notre domaine.

Lorsque le Portugal et ses possessions eurent passé temporairement aux mains des souverains espagnols. Anglais, Français, Hollandais, cherchèrent à s'emparer de quelques bribes du vaste empire colonial qui ne devait rentrer sous la

i. Une Fêle brésilienne célébrée à Rouen en i55o (^Bulletin du Bibliopliile, Tecliener, 18^9, pp. 332-^02).

— Une Fête brésilienne célébrée à Rouen en i55o, suivie d'un friiçment du xvie siècle rouliint sur la tUéog^onie des anciens peuples du Bréiil et des poésies en langue tupique de Clirislovam \alente, par Ferdinand Denis. Paris, J. Tecliener, i85o, in-8, pp. io/| et pi.

2. Un an au|)aravant, \incenl ^afiez Pinçon avait découvert le Brésil et en avait pris possession au nom de l'Espagne (i^yt)).

3. Le D"" Ilamv a reproduit celte enseigne dans un article du Journal des .\inériciinistes de Paris, N. S., t. IV, n" 1, 1907, pp- 3-G.

tlomination de la Maison de Bragance qu'en iCjo. Daniel de la ToLSCHE, seigneur de lv R.vvardière, capitaine protestant, obtint par lettres patentes du Roi, datées de juillet i0o3, la concession d'immenses territoires sur la cùte du Brésil, et pour le seconder dans l'exploitation de son privilège, il s'associa avec l'amiral Razii.ly et Nicolas de Harlay, seigneur de Sancy, baron de Molle et de Grosbois.

On faisait volontiers marcher à cette époque la religion avec le commerce et pour aider a l'œuvre colonisatrice entreprise par LA Ravardière, on résolut d"v adjoindre une mission de (Capucins.

Pendant la première période du xvn* siècle, les Capucins ont été les grands facteurs du développement de l'influence française en Américjue et en Asie, grâce à la protection que leur accordait le Père Joseph, l'Kminence Grise. Rappelons en Asie les PP. Pacifique de Provins et Raphaël du Mans.

Il V avail à Paris, rue St-Honoré, un couvent de Capucins fondé en jôjô par Catherine de Médicis, qui n'avait pas tardé ii jouir d'une très grande réputation, par suite de l'éclat de ses prédicateurs. Ce fut i» ces Capucins que Marie de Médicis, sollicitée par l'amiral de Razillv, s'adressa et demanda quatre religieu.x pour la mission ([ue voulait fonder il l'Ile de Maranhao, sur la cote du Hi('>il, 1 association française. Le supérieur du couvent lit choix dans ce but des frères: Yves d'KvuEtx', nommé supérieur, Ci.alde Foii.lo^, dit Claude d'AiinEViLLE, Arsène de Paris et .\mbroise d'.VMiENS. Ce dernier devait mourir au Brésil.

Yves d'Kvreux reçut en date du ij. août iGii les lettres d obédience lui ordonnant de rejoindre ii (^incalr le vaisseau amiral commaïKlf par le lieutenant du Roi. Ha/illy. C<'tte jiremière mission des Capucins dura lorl peu «b" It'inps : Yves d Kvreux, miné par b's lièvres paliuléennes. lut obligé <le rentrer en l'rancr au bout de deux ans. On sait que la second*' nii>>ion fut niiiKM' lors de l'attaque des Français par

I. N/- \ert i'>'~ ; fiiira .lu couvent de Kuucii le i>** •oui l5yi, |>'"* »'"' Paris au coniiiieiicenicnt du tiécli*.

Jcroninio do Albuquorquo. La Ravardière, assiégé à San Luiz, en remit le fort à Alexandre deMoura le 3 novembre i6i5 et fut envové en captivité pendant trois ans au fort de Belem.

La relation de Claude d'Abbeville avait été publiée à Paris, dès 161 V; celle d'Yves d'Kvreux, imprimée l'année suivante*, était restée inconnue, car l'édition en avait été détruite chez l'imprimeur Iluby. Razillv, par bonheur, sauva un exemplaire, malheureusement incomplet, qu'il fit revêtir dune reliure superbe aux armes du Roi; Ferdinand Denis le retrouva en i835 dans la bibliothèque du Roi.

Denis fit part de sa découverte cette même année dans une petite brochure publiée chez Techener. Quand la librairie Franck entreprit en 1861, sous le nom de Bibliotheca Americana^ , une collection d'ouvrages inédits ou rares sur l'Amérique, Ferdinand Denis donna avec une savante introduction, le texte d'Yves d'Evreux, renfermé dans le volume de la bibliothèque du Roi\ On a toujours vanté le mérite

1. Histoire Ij de la mission | des Pères Capvcins : en l'Isle de Maragnanet[\ terres eirconuoisines '] ov \\ est traicte des sin'gularitcz admirables et des j] meurs merueilleuses des Indiens [\ habitansde ce pais Auec lesmissiues \\ et aduisquiont este enuoyez de nouueau. \\ Par || le R. P. Claude d'Abbeuille '| Prédicateur Capucin 'j Praedicabitur Euang^elium | Regni in vniuerso orbe. Mat. a4 || auec priuilège du Roy. '] A Paris [I De l'Imprimerie de François \\ Hvby, j| rue St-Iacques à la Bible d'Or, j| et en sa boutique au Palais en la çalle||rie (les Prisonniers. i6i4 ]\ pet. in-8.

2. Suitte de \\ l'histoire i| des choses plvs ]\ mémorables ad- \uenuës en Maragnan, es ]| années i6i3 et \\ 161^. '| Second Traiti'. 1| A Paris. || De l'Imprimerie de François Iluby, rue Saint j lacques à la Bible d'Or, et en sa bouti(|ue ] au Palais, en la galerie deî | prisonniers. || — M c.d.xv. || Auec priuilège Du Roy. il pet. in-8, lO ET. pi'él. (titre, i f., Epislre de François de Rasilly au Roy, 3 ff. ; Epistre de F. Yves d'Evreux, capucin, au Rov, 4 ff- ; Advertissemenl au Lecteur, i f. ; Préftice svr les devsTruittez suiuans, 3 ff . ) -+- pp. Sr)^. (La fin manque).

3. Bibliotheca americana. Collection d'ouvrages inédits ou rares sur l'Amérique. Paris, Librairie A. Franck, i86i.

Pnren indnnito. Poeraa por el Capitan Fernando Alvarez de Toledo publicado bajo la direccion de Don Diego Barros Arana. i86a.

Yves d'Evreux... publié... par Ferdinand Denis, i86A.

Mémoire sur les mœurs, coustames et relligion des sauvages de l'Amérique septentrionale, par Nicolas Perrot. Publié pour la première fois par le R. P. J. Tailhan de la Compagnie de Jésus. i8(}4-

4. ]'uyage ]\ dans le |] .\'ord du Brésil \ fait durant les années iGiJ et i6i4

de la relation de Claude d'Abbeville qui n'est resté que (juatre mois au Brésil; Ferdinand Denis a été le révélateur d'Yves d'Kvreux dont le récit est la suite de celui de Claude d'Abbeville. On comprendra l'importance de ce livre quand on saura qu Yves d'Évreux, lui, est resté deux ans à Maranhao. Il donne les détails les plus circonstanciés sur les mœurs et les coulunics indigènes et rexluimation de ce vieux voyageur français en Améri(|ue est pour moi le principal titre de gloire de notre regretté président d'honneur.

L'histoire et la géographie des pays hispano-portugais ne devaient pas seules intéresser Ferdinand Denis. La littérature ne devait pas manquer d'ôtre l'objet des études d'un esprit délicat, .\ussi nous fait-il connaître dans ses Chroniques chevaleresques ', ces chefs-d'œuvre Les sept Infans de Lara, Le nuiuvois roi et le bon vassal. Histoire de dona Constança Manuel, Chronique d'Inez de Castro, etc., ainsi que Le Tisserand de Sé<^ovie, comédie de Juan Kuiz de .\lvrr.oN y Me.\doza, le célèbre poète espagnol, mort en i63y, auquel notre grand Corneilb' emprunta le Menteur.

Le plus grand nom de la littérature portugaise n'était pas non plus oublié; j'ai nommé Camoens.

L'illustre barde portugais a souvent trouvé des interprètes parmi nous, un peu tard toutefois : Les Lusiades paru-

II parle || Père ^ ves d'Evreux. \ Piibli»' «l'après l'excmplnire iiuiqup conserxé Il II la l>iblio(lié(|(i(! iinpiM'iiile de Paris. Vvec une inlroduclioii et des noies Il par M. Kerdiiiiind Denis, ci>n,ervHleur ù la liiblitillièqiic sainte (ieneviève. I Lui|izi(r el l'aris, Liliniiric A. Franck AII)itI I... Ilcrold l8t)'|, in-8, pp. X -H XLvr -f- ^."»6.

I>epuis, un nuire ex. du P.\ ves d'ICvroux s'esl trouvé diuis hi Itibliollièque du Dr (^ourl ; il conlennil le* ff. <)7-l">'i ; I i'5-i-JO ; a((7-;5(>'i ; 337-'<'i j ; en tout 'i feuilles de plus que l'ex. de la Bibl. u.ilionnii-. Voir N" l'iô du ilal, de ta prêrifiisr Itib. </<• M. le DrJ. C.inirl. l'aris, Leolerc, iMJI'i, in-8.

Voir sur le P.^ncs d'Kvreux (Simon Micliellel), un travail inl^ressanl de M. (iabriel Marcel dans le Journal île la Société dft .{inénranuleâ dt l'aris. N. S., t. IV, >o II, pp. i-.ViSi.

I . Chnmi'/uft ehevalfrrtifue<* de l'Kipajne ri du Porlwjal. suivies du Tuserand de Ségovir. drame du xvii" siècle, publiées par Ferdinand Denis... Pari*, l.edoycu, 1^.39, J vol. in-8, pp. iv-.'{8i, \\)l.

8 MELANf.ES AMERICAINS

leiit on 1572' et le poème de l'immortel Camoens qui (i chante les combats et les héros fameux qui, partis des rives occidentales de la Lusitanie et s'élançant à travers des mers jusqu'alors inexplorées laissèrent loin derrière eux laTaprobane, après avoir surmonté mille obstacles » ne fut traduit qu'en lylîô par Louis Adrien Dlperron de Castera" ; il'autres versions ont été données depuis, en particulier par Vaquette d'IlEUMiLLT, dont la version a été revue par La Harpe^, J.-B.-J. MiLLiÉ*, 0. FoLRNiER et Desaules, F. Ragon\ E. Albert'', C. Lamarre', H. GAuiN'^et E. Hippeal".

C'est à la traduction de Fournier et de Desaules, que Ferdinand Denis, auquel rien de portugais n'était étranger, donna le travail qu'on était en droit d'attendre de lui sur le grand poète '".

Au moins indirectement, F. Denis s'était occupé de Camoens :

On se rappelle que dans le chant III des Liisiades, Camoens place (( ce douloureux événement si digne de la mémoire qui pour toujours arrache les hommes au tombeau, et qui arriva à cette faible et déplorable femme qui ne fut reine qu'après sa mort » : l'épisode dînez de Castro avait excité la verve poétique d'une demoiselle restée inconnue"

1. Os Lusiadas, de Luis de Gamoes. Coin privileg'io real. Iiupressos eiu Lisboa, coin licença da Sancla Inquisaçào, et ilo Ordiiiario. Em casa de Vnlonio Gôcalvez impressor, 1073, in-i, 186 ff. c, S. L. pré!., etc.

2. Paris, 3 vol. in-i2 ; Amst., 1785, 3 vol. in-l3, même éd. avec titre (lifFérent; Paris, 1768, 3 vol. in-«i2.

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