‹ Mélanges américainsChapitre 2 sur 86 · Paris, 1890, in · texte numérisé non relu

Paris, 1890, in

10. Les Liisindes de L. de Camoens. Traduction nouvelle, par MM. Ortaire l*'ouruier el Desaules, revue, annotée et suivie de la traduction d'un choix des poésies diverses avec une notice bibliograpiiique et eritique sur Camoens, par Ferdinand Denis. Paris, Charles Gosselin, mdccc.vli, pet. in-8, pp. 370. II. Essai d'iinilation libre de l'épisode d'Inès de Castro, dam le poème da Liuiadas de Camoens, par Mlle ^L M. A la Haye, 1778, in-8.

vl celle du chevalier de Florian, ainsi que la passion de (juelques dramaturges dont le plus célèbre est Lope de Véga. Ce sujet traité par J.-B. Gomes après Pekheiha, ainsi (jue Conquête du Pérou, et le Caractère des Lusitaniens, deux tragédies en cintj ;ictes, par Manuel Gaetano Pimema de Agliah, et la Vie du Grand Don Quichotte de la Manche et du gros Sancho Pança, par Antonio Jo/É, ii>rmèrenl le vingt-troisième volume des Chefs-d'œuvre des théâtres étrangers, publiés chez Ladvocat. On demanda à Ferdinand Denis une Xotice sur le Théâtre portugaise

L'esprit aventureux de Denis lui fit aussi faire une incursion heureuse dans la littérature anglaise-:

Rien n'est plus populaire que la mise en œuvre par Daniel Defoe des aventures du matelot Alexandre Selkirk abandonné pendant quatre ans dans l'ile Juan Fernandezet sec<)uru par le capitaine Rooers : Robinson Crusoé', de York, et son fidèle coni|>agnon. Vendredi, ont fait la joie de générations, non seulement d'enfants, mais aussi d'h(inimcs mfirs. Lors(jur Petrus Rorki,, ajouterons-nous le lvcaiillir(»pr, donna sa traduction de cet ouvrage lameux, ses éditeurs eurent soin d'ajouter ii son travail une vie de Daniel de I''oë, par Philarète Ciiasles, une dissertation religieuse de l'abbé Fa Roi derie, et des notices gé<»graphiques de Ferdinand Denis'. Plus tard, en collaboration avec Vict«>r (!m\i\in, Denis devait donner Ihistoire des frais liohinsons ' , prédt'cesst'urs ou successeurs de Sel-

I. (Ihcfs-d'ieiiure du Thédlre ptjrtu/jais. Cmiaéi, Piinenl.i do V(;uiar, Juté. A Pari», chez Ladvocat, M.uccc.xxxiii, in-8, cf. pp. I 'ifi.

a. Le premier volume pnriil le a5 avril 1719-

3. Hobinson C.ruiof. par Daniel île F<»e. Tr»ducli<in de Peiru» Horel. Enrichi de la vie de Daniel de Foc, par l'Iiilarétc C.liasle* ; de nu(ice« lur le matelot Selkirk, \»r Saiul-llvncintlie, sur l'ile de Jiian-Fernanilei, »ur let Carnibcs et le Puelehe*, par Ferdinand Dcni» ; et d'une ditterlaliou reli- |{ieu*c, par l'abbé La liouderic, vii-aire-|{énéral d'Vvi|pion. ()ra4 de iJo Ijravure* «ur bois. Pari*, Francisque lJi»rel et VIetandro N arenoe .. l83r». i vol. in-H, pp. xvi-'|i'J, '17.'!-*»* 01.

4- Lci vrai* Rubinton». Niiufragc», solitude, vuyaKfli par MM. Ferdinand

Kl MÉLANGES AMÉRICAINS

kirk : Anna d Arfet et Macham, Fernand Lopez, Alonso ÇuAÇo, Gonçalo de ^IGO, etc., qui a eu les honneurs d'une traduction anglaise'.

Denis n'avait d'ailleurs pas dédaigné nos auteurs français et je retrouve de lui une notice biographique sur le menuisier de Xevers, Maître Adam", l'auteur des C/tei>illes, du Vilebrequin, etc., qui célébrait le vin dans une chanson bachique bien connue :

« Aussitôt que la lumière, Vient redorer nos coteaux, Je commence ma carrière Par visiter mes tonneaux ; Ravi de revoir l'aurore, Le verre en main je lui dis :

Vois-tu sur la rive more, Plus qu'à mon nez de rubis?

L'Amérique du Sud ne suffît pas à l'activité de Ferdinand Denis : il nous promène dans les possessions russes de l'Amérique et dans la Californie, alors peu connue^; il nous transporte en Afrique avec l'expédition de Charles- Quint^; il nous fait parcourir le monde entier avec le

Denis... et^ ictor Chauvin. Dessins tie Yan' Dargent. Paris, Mag. pittoresque, |8G3, gr. in-8, PI). 379.

1. Tlie True Robinson Crusoes. Stories of Advenlure. Abridged from the Freneli of F. Denis and V. Chauvin. By Charles Russell.With inenty plates. Lundon, Cassell, s. d. (1870), pet. in 8, 3 ff. n. c. -f- pp. 323.

2. Poésies de Maiire Adam Billaut, menuisier de Nevers, précédées d'une notice Ijiographique et littéraire, par M. Ferdinand Denis, conservateur à la IMhliotlièque Sainte Geneviève, et accompagnées de notes, par M. Ferdinand Wagnien, avocat Edition complète, ornée de huit portraits dessinés sur la pierre par MM. Achille Devéria et E. Lassalle, avec deux vues du Nivernais, par M. Paul Bourgeois. Nevers, J. Pinet, 1842, gr. in-8.

3. Histoire des Antilles .. par M. Elias Regn:iult. — Suite des Etats-Unis, depuis 181 3 jusqu'à nos jours ; par M.M. Elias Regnault et Jules Labaume. — Possessions anglaises dans r.\niéri(|ue du Nord... par M. Frederick Lacroix. — Les Californies. L'Orégon, et les possessions russes en .Amérique. Les îles Noutka et de la Reine Charlotte ; par .NE Ferdinand Denys, conservateur de la bibliothè(|ue Sainte-Geneviève. Paris, Firmin Didot, 18^9.

4- Fondation de la Régence d'Alger, Histoire des Barberousse, Chronique

Brahme voyageur*, recueil des proverbes de toutes les nations.

Ferdinand Denis est non seulement américaniste et géographe ; il est bibliographe, et bibliographe excellent dans ces trois volumes modestes de la collection Roret, le Manuel de Bibliogropliie universelle^, qui n'a d'équivalent, sans le remplacer toutefois, que la Table analytique du Manuel du Libraire àç Brunet; folkloriste avec la légende du

;iriibe du xvi« siècle, publia sur uti miinust-ril de la Uiblinthèque royale, avec un appendice et des noies. Expédition de f^liarles-(^)uinl . .\pcrçu liistorique et stiitisliqnt- du port d' Aljjer. Orné de deux portraits et d'un pliin. Par MM. Sauiler Haiijf, Officier supérieur de la .Marine^ et Ferdinand Denis. Paris, J. Anjjé, 1887, 3 vol. in-8.

A propos de la BibViography nj Tunisia... by H. S. .\shbee qui cile ce livre, M.Victor Cbauvin, écrit, p. 43r), du n° d'oct. 1890 du Centralblati fur Bibliothekwesen ; « Si on donne ce livre, comme H;immer et Berbrugjjer ont énoncé des idées Fausses sur le manuscrit dont il est question, il hiul de loute nécessilé mentionner le sav.int trav;iil 011 elles sont réfutées : « Le Riizaouat est-il l'œuvre de Klicir-ed-din (Barberonsse) par H. de (àrammont. Villeneuve sur-Lot, 1^73, pp. v il, tiré à li)0 exemplaires. »

I. Le liralime N oya(;eur, ou la Sajjesse populaire de toutes les nations. Par M. Ferdinand Denis. l*:iris, rue cl place Saint- .\iidrédes-.\rts, n" 3o, l83a, in-ia, pp. 108.

Ce petit volume faisait parlie de la colb'ction publiée par .Vjasson de Grandsaçiie sous le titre de llibliolhe<jue popubiirc, ou ViiuttrucliDn mise à la portée de toutes les classes cl de Inutes les iuleUijences, dont je note piirmi les fondateurs le marquis .\(ruado, Hariiig, le duc de Bassano, le (jénériil Bertrand, Boulay de la Mciirllic, le maréclial Clausel, Darcet, P. J. David, Didol, le l'ciiéral Drouot, Jomard, Laffitte, Lenoir, Panckoucke, Lord Seymour, etc.

Il n'a pas eu moins de six éditions, dont la dernière est : Paris, Didol, 1873, in-18, pp. i58.

Ce ne fut pas d'ailleurs la seule incursion i\i' Denis dans le pays des proverbes : il a placé en tête de :

Le Livre des Proverbes fnmçuis, p;ir Le lloux de Lincy... P.iris, Paulin, i8/|2, 2 vol. in-ia,

I n Essai sur la Philosophie de Sanrho, |>p. vii-xxvij, et ce travail sur le félèbrc coiiipa^rnoii du non moins célèbre clicvalier Don (^)uicliotlc n eu les lionncnrs d'une traduction en espii|;nol tl.ins le vol. V de ICI Hefranero generalespanol, parte reropiladn, y parle compuesto por José Maria Sbarbi. Madrid, K. (ïomcz, Fuentenebro, l^~C>, pp. l'')l/l85.

3. Mnnuels-lloret. Nouveau manuel do Biblio,jr.ipliic universelle par Messieurs Fcrdinanil Denis, conservateur k In biblinibèque Sninte-C irnevicve ; P. Pinçon, bibliulliécaire h In même bibliothèque ; et de M<irtonne, .\ncipD Ma);istrat. Paris, lib. encyclop. do Horel, t^')~, in-H, pp. xi-7<»6.

L'ouvraife a paru éijaloment en 3 vol. in- 13 dans la même colleclion.

cacaoyer* ; eu lieux et érudit eu ce petit volume rempli de faits, le Monde encliantc', qui résume en un in-32, tout ce qui est connu du surnaturel au Moven-Arçe ; dans cet Arte pl(imaria\ où sont décrits les singuliers ouvrages en plumes fabriqués par les populations indigènes, enfin dans son Histoire de l'ornementation des Manuscrits.

L'ornementation des manuscrits a toujours été l'une des passions de M. Ferdinand Denis. Il rappelle, lui, artiste et bibliographe ^ que « C'est le génie le plus puissant qui ait éclairé le moyen-âge, c'est le Dante qui rappelle le premier l'amour de la France pour les beaux livres ornés de peinture, et c'est Paris, où le grand homme avait vécu dans son exil, que le poète regarde comme la cité par excellence, dès qu'il s'agit de trouver des peintres habiles qui avaient sans doute enseigné ceux que son pays admirait :

Non se, tu Oderisi

L'onor d'Agobbio e l'onor di quellarte,

Ch allutniiiare è chiamata in Paris! .

« La parole du poète, c'est ici l'opinion de son siècle ; elle nous sulFit. L'art en France, tel qu'il était pratiqué à partir du temps de Charlemagne jusqu au xvi*^ siècle, eut

1. Sous forme de lettre à M. Louis Paris et sous le titre de la 16çeude de CcTCaliuatl, il traite des pre'-parations du cacao au temps des anciens Mexicains.Voir pp. Soi/SaS de :

Le Cacao et le Chocolat considérés aux points de vue botanique, chimique, physiologique, agricole, commercial, industriel et économique, par Arthur .NLingin... suivi de la légende du Cacahuatl par Ferdinand Denis... Paris, Guillaumin, 1860, in-i2. — 2^ édit., Paris, 1863, in-i8.

Lire également une Lettre sur l'Introduction du tabac en France el adressée par F. Denis à ^L Alfred Demersay, chargé d'une mission dans l'Amérique méridionale à l'Assomption (Paraguay) et insérée dans l'ouvrage de ce dernier intitulé : Du tabac au Paraguay, l^aris, Guillaumin, i85i, br. gr. ln-8, pi.

2. Le Monde enchanté. Cosmographie et histoire naturelle fantastiques du nioyen-àge, par ^L Ferdinand Denis, orné d'une jolie gravure, par M.N attier. l'aris, A. Fournier, i843, in-i6, pp. iv-370, front.

3. Arte Pinmaria. Les IMumes, leur valeur et leur emploi dans les arts au Mexique, au Pértm, au Brésil, dans les Indes et dans l'Ucéanie par Ferdinand Denis. Paris, Krnest Leroux, 1876, br. in 8, pp. 76.

4- imitation tic J. C, cd. Curmer, app., Orm'in. des Mss., p. 5.

FERIMNA.ND DENIS 13

de nombreux admirateurs, et créa des écoles assez célèbres pour (juil demeurât sans rival en Europe. »

Lorsque L. (^lrmer entreprit sa magnifique édition de l'Imitation de Jésus-Christ', il donna un appendice contenant une notice de Jules Jam.n, sur ce livre presque divin, un travail de l'abbé Delalnay, sur ses auteurs présumés, un catalogue bibliographique indiquant les manuscrits reproduits dans l'Imitation, etc., un index des manuscrits et la grande danse macabre, mais il confia aussi au docte conservateur de la bibliothèque de Sainte-Geneviève une Histoire de t ornementation des Manuscrits' .

Déjà une notice sur les manuscrits orientaux ii miniatures de la Bibliothèque rovale parue dans V Artiste, S'vtd., 20 et 21 liv., augmentée de deux autres notices, avait permis à Ferdinand Denis de donner dans le premier volume du yfanuel du peintre et du sculpteur de L.-C. Arsenne (i833), un essai Des manuscrits à miniatures de l'Orient et du moyen-diie, et des voyages à piqûres dans leurs rapports avec la peinture nioderne\

Plus tard il emicliit b' joli iJvre de prières illustre publié en 1858 et dédié au Cardinal Moiii.ot, archevôcjue de Paris, par B. Ch. Mathieu, d'une notice historique et d'un texte explicatif sur la peinture des manuscrits qui n'ont pas moins de -l'x) pages \

I. L'Iiiiilalioii lie Jt^sus-Clirist fidèlement Ir.itliiitG ilu l.iliii |>iir Mirliel di- MBriilac, jjarile <les sceaux «le France, acc(»m|>a|jiicc de quatre ccnls ru|iic« tlc% plus beaux iiianuscrils français et élraii(jcrs du viif au wii' siècle... l'aris, L. (luriiier, in-4.

■J. Appendice à l'Imitation de Jésus C^lirisl .. . !.. Ouniier, M l)CCCI..N III. in 4.

3. Manuel du peintre et du si-ulpleur; i>u> ra|;e ilaiM lci|ucl on tr.iile de l.i pliilusopliic <))■ l'art et des luovens pratiques, p.ir L.-C. .\rsenne... Paris, lib. eneyclop. de H<»rel, |83.'{, a vid. pel. in-ij Noir I, pp. nj'i cl »cq.

4. Livre «le prières illustré à rai«le des orueim-nls des manuscrils rUss^s dans l'ordre rliroiiulogi«|ue et selon les stj les «libers qui se sont succédé depuis le iiuiliemt- siè«-le jus«|u'au seizième repru«luits en couleurs et publiés par U. Cbarles Mathieu

Tome II Notice hisUtrique et texte explicatif par Keniiiiand Denis, Conservateur h la Kiblioiliéque Saiiiti- < lenevièw et M. (ili M.ttliieu Paris, cbr» l'auteur, l8<)3, in-i 3.

li MÉLANGES AMÉRICAINS

En 1871), la maison MaciÀ et Cic entreprit la reproduction chromo-lithographique du Missel Pontifical, appartenant à la Bibliothèque de l'Académie royale des Sciences de Lisbonne, exécuté par Estevam Gonçalves Neto, chanoine de la cathédrale de Vizeu, et Denis mit en tête de ce superbe volume un travail unique en ton genre sur « la peinture des manuscrits illustrés en Portugal » qui ne comprend pas moins de 96 pages in-folio'.

Sa grande connaissance du moven-âge, avait fait confier à Ferdinand Denis dans ï Encyclopédie portatwe àe C. Bailly DE Merlielx.', la rédaction d'un volume fort curieux sur les sciences occultes qui fournit un chapitre fort intéressant au vaste recueil publié par Lacuoix et Sérî: et placé ', dans la Deuxième partie qui comprend les Sciences et Arts. — Belles-Lettres, avec des chapitres importants : Sciences naturelles, par Emile Bégin, Science héraldique, par Emile de la Bédollière, Instruments de musique, par Paul Lacroix, Poésie nationale, par Ch. Nisard, Eloquence sacrée, Eloquence civile et théâtre, par Ch. Louandre.

En i835, Denis donna un roman en deux volumes, Luiz da Souza.

Ces volumes sont devenus rares par suite d'un incendie ; ce roman est considéré comme une continuation des études de Denis sur les sciences occultes*.

1. Missel Pontifical de Eslevam Goiu-nlves IS'elto. Propri^lé de l'Aoadt^mie Royale des Sciences de Lisl)t>nne. Reproduit en clir(»molitin>gr;ipliie et précédé d'une notice sur l'ornement.-ition des Mss. |)ortU(j;iis avec mention d'un poème Fr;incais MS. rappelant la fête brcsilienne qui eut lieu à Rouen en l55o par M. Fertlinand Denis, in-folio, s. d. (1879).

2. Tableau historique, analytique et critique des Sciences occulles, où l'on examine l'ori(|ine, le développement, l'influence el le caractère de la Divination, de l'Astrologie, des Oracles, des Aug-ures, de la Kabbale, la Féerie, la Magie..., par F. Denis. Paris, i83o, in-i6.

3. Sciences Ovcxihcs (^Le Moyen- Age cl la Renaissance..., Paul Lacroix (et) F. Séré, tome IV. Paris, i85i, in-/l. Sa ff.).

4. Lui/., de Souza, par M. Ferdinand Denis. Paris, Ciiarles Gosselin, MDCCCXXXV, 2 vol. in-S, pp. 352-336.

D'ailleurs, le mérite de Ferdinand Denis comme écrivain original était grand, ainsi qu'en témoigne le maître de la critique française au xi.\* siècle, Svime-Belve.

Sainte Beuve écrivait en i838' :

« M. Ferdinand Denis, auteur de Scènes Je la Nature sons les Tro/nques- et iV André le Voya<^eiir^, est dans nos générations un représentant très pur et très sensible de l'inspiration propre venue de Bernardin de Saint-Piei-re : par les deux ouvrages cités, il appartient tout-h-fait ii son école ; mais c'est sa famille qu'il faut dire. »

Citons encore une notice' qui a été composée par Ferdinand Denis. Le gouvernement avait décidé en i.S'i3 d'ériger une statue sur la place carrée du port de Toulon. M. .Mphonsc Denis, maire de la ville d'Hvères, député du Var. frère de Ferdinand", proposa comme statuaire, M. Daumas, né ii Toulon et comme sujet le Génie de la Navigation dont le modèle fut admis à l'exposition du Louvre en iS^ô.

Enfin un recueil de voyages anciens et modernes*, renfermant des morceaux par J.-J. Ampèhe, sur la Norvège, Bergman, sur les Kalinoucks, (^h. Lenorm.\>t, sur les f«'mmes arabes, Hlmuoi.dt, sur l'OréiKxjue, Th. Pavie, sur IMiiladelphie, Sir Thomas Kaki les, sur les Battas, etc.

La collaboration de Ferdinand Denis aux recueils périodiques fut aussi considérable que variée :

I. Pnfje li de la Notice hiilDriijue, en tôtf dt- l'ditl ri \ dijinir, l'.in-., L. Curmer, i8.'W, (jr. in -8.

'J. Scènt'H de l:i nature sous les Tropiques, el <lc leur influenre «ur Ij piirsie ; suivies de Cnnioens et Ji>/.i'- Indio, |>nr l'ei'diuiind l>rnis. l'iins, Louis JiHiet. l'^u'i, in H.

3. Andrr le Voviiijcur, liisluirc «l'un ni.iiin. l'iiris, s d. (iS'j"), in-lH, fij. de I)i'%<'ria, |ip. IV- 16(1.

Andrr le Vov8(;eur, iivec des nftU-s n<iu\clli-s, i-ouiprcMnnt le niuifr.i|;<' nu« Iles Cron't, suivi du Hrtilinie..., par h\-rdin»n«l |)«*nis.. , 4" «'-dilion. — Pari», rue de l'Erole de Médrcinr, ij, i8'|0, in H, pp. ii-3.'>(| et pi

.'|. Le (irnie dr In Savùjatinn. Stiiluc <'u lironu' eï^i'Utrr pnr M Dnumis pour Iii villi- de Toulun. Toulon [et] l'ari», 18^7, l>r. in 8, pp. i36.

.'». Nf h Pari» Ir a5 drc. 1794.

•"». !^es \iniijntriirM ou Chnix df Vuynijfi aivitiu el mo<lfrnti. rrrupilli» par M Ferdinand Denis Paris, Loui* Janel, t. d., in-ia (l834|, pp. «III-19A

La Heriie Bri/nn/iifjiie commoncée à Paris, en iSaS, par Charles Coquerel, Dondey-Dupré fils, Céruzez, Ed. Lafon de Ladébat, Raulin, Saulnier fils, le D' \Vest, à Timprimerie de Dondey-Dupré, éditée d'abord par Saulnier (i"^*, 2% 3' séries jusqu'au vol. 17), puis par L. Galibert (3* s., vol. 18, fi' s., vol. ai), a été depuis lors dirigée par Amédée PicnoT (i84o). Je crois que le nom de Denis ne figure sur la couverture de cette publication périodique estimée que depuis cette dernière direction. Mais c'est surtout au Magasin Pittoresque que Denis a donné ses notices instructives et rédigées d'une façon extrêmement agréable.

Dans les dernières années de sa vie, Ferdinand Denis produisait peu ; c'était une Encyclopédie vivante, ouverte avec la meilleure gr.àce du monde, h ceux qui la voulaient consulter ; il passait son temps à répondre de vive voix ou par lettres aux questions, qui de toutes parts, lui étaient adressées. Qui ne connaissait ce long cabinet de 1 administrateur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, avec ses deux immenses bibliothèques, chargées des Lendas dn Indio, de Bauros et de Colto, de C astanheda et de Faria y Sousa ? Là, derrière la chaise du bibliographe, le masque rigide de l'évocateur de V Enfer, à côté du sombre visage du musicien de Fidelio ; au dessous, le portrait d'un souverain protecteur des sciences, ami du maître de céans. C'est cette bibliothèque qui, après quelques prélèvements faits par la Bibliothèque Sainte-Geneviève, a été, avec la correspondance de son propriétaire, scandaleusement vendue sans catalogue à l'Hôtel Drouot. On mit brusquement à la retraite ce doux érudit sans défense; il fut même obligé de quitter son appartement de Sainte-Geneviève pour un logement au fond de la cour, rue de Tournon 29, dont le jour venait de la rue de Condé. Le changement de gîte est au vieillard ce qu'est le déplacement du nid à l'oiseau : il en meurt.

Ferdinand Denis appartenait à une génération que beau-

coup aiijourd hui afTeclent de méconnaître et m«^me de mépriser; nous vivons à une époque de critique et d'analyse, plutôt que de création et de svnthèse ; les spécialités tuent tr<»p souvent la culture générale. Ces périodes d idées différentes importent ù l'avancement de la science. Nos devanciers mettaient en œuvre les matériaux accumulés par leurs prédécesseurs : époque de vulgarisation ; à notre tour, nous réunissons les éléments des travaux de l'avenir : époque de concentration. Chaque heure a sa valeur.

Ferdinand DtMiis laisseia la mémoire d'un laborieux et d'un modeste : on a pu corriger dans son œuvre quelques erreurs, augmenter le bagage des connaissances formé par lui, mais il est impossible de ne le point consulter ou de le passer sous silence. Il conserve le double mérite d'être arrivé un des premiers dans un champ à peine exploré et d'v avoir tracé un sillon inelFaçable.

l/(ruvr<- est durable, le souvenir aimable. De combien d'hommes en pout-on dire autant?

A ce nom de Fou-sang se rattache le problème si important de la découverte de l'Amérique par les Chinois, qui a fait verser des flots d'encre et qui, j'espère, est résolu définitivement aujourd'hui.

Deux questions se posent tout d'abord : i" Les Chinois, ou mieux les Japonais, sont-ils allés en Amérique ? 2" Le Fousang est-il l'Amérique ? Je n'ai pas l'intention de répondre aujourd'hui à la première question. Qu'il y ait eu des relations entre TExtrême Orient et la côte occidentale de l'Amérique, rien de moins improbable : toutes les années, on découvre un grand nombre de jonques, qui, poussées parle grand Courant noir, vont s'échouer sur les côtes de la Californie ; on trouve en Amérique de nombreux emblèmes qui en rappellent singulièrement d'autres similaires du Célesle Empire ; on connaît entre autres cette figure circulaire sur le diamètre de laquelle sont marquées deux demi-circonférences décrites en sens inverse, comme, par exemple, dans le monument de Copan, qui a été l'objet d'un travail du D' Iîamy; ce n'est pas autre chose que le /"«/-Ai des Chinois.

Mais à la seconde question, je réponds hardiment : Non, le Fou-sang n'est pas l'Amérique.

Tout d'abord, qu'est-ce que le Fou-sang?

Comme le fait remarquer le D"" Schlegel dans le tra-

I. Extrait du Journal de la Société des Américanistes de Paris, t. I. Paris, 1895-1896, pp. 33-ii.

vail qui nous occupe aujourd'hui': « Le Foit-san>^ n est un pays problématique que pour nous autres Européens. Pour les Chinois, il n'est nullement une terra inco'^nita; il est supposé être connu de tout le monde, aussi bien que le Japon, Forniose, la Corée, les îles Lieou-hieou ou autres îles qui se trouvent sur la côte orientale de la Chine. » En efi'et, dans la carte chinoise, que nous avons en ce moment devant n(»us, nous voyons dans la mer Orientale, ou mieux dans la mer dWzur, figurer une série d'Iles parmi lesquelles — on sait le vague des positions géogra[)hi(jiies chinoises — le Fou-sang entre Tchao-sien, qui est la Corée, et Tsoungming, qui est la grande île à l'embouchure du Kiang ; le Japon, les Lieou-kieou sont marqués plus sud, détermination approximative, naturellement, mais qui indique bien des îles a l'est de la Chine, placées du nord au sud.

De Guignes, qui, au milieu de travaux sérieux, a eu des conceptions absolument cliim('Ti(|ues, puis(ju'il a voulu taire des Chinois une colonie égyjjticnne, a trouvé dans le Wenhien-t'onn^-k'ao de l'encyclopédiste Ma Touan-lin, un passage sur le /'Ott-sa/i^' que nous publions d'après la traduction plus exacte de Stanislas Julien, donnée dans la troisième année de \ Année gcographique de Vivien de Saint-Martin:

« Le rovaume de l''(»u-sang(a été connu des Chinois) dans la première année de la période Yong-Youen de la dynastie des Ishi (loo). Dans ce royaume, il y eut un Cha-men, n«»mmé Ilueï-chin, qui vint dans l'arrondissement de Kingtchcou. Il raconta ce (jiii suit :

o Ce rovaume est situé à environ a<iooo li à l'est du royaume

I Pa(je .1 de : Prublrmet ijèiHjraph'tqtift. I.ft priiplei rtranifrri chê: let htilorirns cUinoU. — I. Foi-k4Mi; koio. l.e l*ayt de l'oii-tan'j. l'ar (iutiavr Sf:HLKOKl., l'rofc«»4'ur i\r I-nnjpir cl île Mll^nilitro rliinoi««-t k \'\ nivrrtil* «le Leiile. — o Etlniil du Tuung l'ao. vol. III, n» i. » l.ride, K. J Urill, 181JI, in-8.

ii) .mélan(;es américains

tle Ta-hafi. Ce pays est à l'est du royaume du Milieu ; il produit un grand nombre darbres fou-sang, et c'est de là qu'est venu son iiOMi. Par ses feuilles, l'arbre fou-sang ressemble à l'arbre thong. <^Hiand elles commencent à naître, elles sont comme les pousses (comestibles) du bambou. Les habitants les mangent. Les fruits de cet arbre ressemblent à des poires, mais ils sont rouges. On lile (les libres de) l'écorce et l'on en fabrique de la toile pour faire des vêtements ; on en fait aussi une sorte de brocart Çsic). (Les habitants) construisent des maisons en planches; ils n'ont point de >illes murées. Ils ont une écriture, et fabriquent du papier avec (les fibres de) 1 écorce du fou-sang. Ils n ont ni cuirasses, ni lances, et ne livrent point de batailles.

« D'après les lois du royaume, il y a deux prisons, celle du midi et celle du nord. Ceux qui ont commis un léger délit sont mis dans la prison du midi ; et ceux qui ont commis un crime, dans la prison du nord. Si le coupable obtient sa grâce, on le met dans la prison du midi ; s'il n obtient pas sa grâce, dans la prison du nord. Dans la prison du nord, qui reçoit des coupables des deux sexes, si un homme et une femme ont commerce ensemble, et (|u'il naisse un garçon, à 1 âge de huit ans il est esclave ; s'il naît une fille, à 1 âge de neuf ans elle est esclave.

« Les hommes qui ont commis un crime restent en prison jusqu'à la mort. Quand un noble a commis un crime, les habitants se réunissent en grande assemblée. On place le coupable dans un souterrain, et l'on dépose devant lui des mets et des breuvages, puis on prend congé de lui comme lorsqu'on se sépare d un mort. On 1 entoure de cendre. Si un homme a commis un crime grave, il est retranché seul de la société. S'il a commis deux crimes graves, le même châtiment l'atteint ainsi que ses fils et ses neveux; s'il en a commis trois, ce châtiment s'étend jusqu'à la septième génération.

« Le roi s'appelle I-ki. Les nobles de première classe sont les Touï-lou ; ceux de deuxième classe, les petits Touï-lou ; ceux de troisième classe, les Na-to-cha.

« Quand le roi sort, on 1 accompagne avec des tambours et des cornets. La couleur de ses vêtements change suivant les années. Dans les années marquées des signes cycliques Kia et /, ils sont verts ; dans les années marquées des signes cycliques Ping et Ting, ils sont rouges ; dans les années marquées des signesil/eou et Sse, ils sont jaunes ; dans les années marquées des signes cycli-

<|ues Kenij pt Sin, ils sont blancs ; dans les années marquées des signes Jin et Koaé'ï, ils sont noirs.

a II y a des bœufs dont les cornes sont fort longues, et qui sur leurs rornes portent jusqu'à un poids de uo lio (le ho est une mesure de dix boisseaux).

a 11 y a des chars traînés par des chevaux, des lueufs ou des i'erfs. Les habitants élèvent des cerfs comme en Chine on élève des bœufs.

<< On fait des fromages avec du lait. 11 y a une espèce de poire rouge qui peut être gardée pendant une année sans se gâter. Il y a beaucoup de raisins. Il n'existe pas de mines de fer, mais le «Miivre est très abondant. Les habitants neslimctit pas l'or ni largent. Les marchi-s publics ne sont soumis à aucun droit.

a Voici la lui des mariages: Le futur va dans la famille de la fille ((ju'il veut épouser), et consli'uit une maison (s/c) en dehors de sa porte; le matin et le soir, il l'arrose et la balaye. Si, au bout d'un an, la fille n'éprouve pas d'amour pour lui, elle le renvoie; mais s ils sont épris d'amour l'un pour 1 autre, ils se marient. Les cérémonies du mariage sont en général les mêmes (ju'en (Ihine.

« Si un père ou une mère meurent, on ne mange pas pendant sept jours ; si c'est un grand-père ou une grand'mère, pendant <'inq jours ; si c'est un oncle, une tante ou une s(vur, pendant trois jours. Ou place sur im piédestal l'image de la personne défunte ; on la salue le matin et le soir et on lui fait des olfrandes. .\ucune loi ne règle les vêtements de deuil. L'héritier du tnSne reste trois ans sans s'occuper des affaires du royaume.

« Anciennement, on ne<'onnaissait pas la doctrine du Bouddha. Dans la deuxième année de la période de Ta-ming, de la dynastie <les Song ('i")H), cinq bhichous (religieux meiidiarils)du royaume de Ki-pin voyagèrent dans ce pavs, et v répandirent la loi, les livres et les images du Houddha. Leur doctrine engageait les hommes il «piitter la famille (à embrasser la vie religieuse). Les mœurs des habitants changèrent aussitôt (c'est-à-dire les habitants adoptèrent aussitôt les usages et les principes du bouddhisme). »

De (fiii»(nes s'ernjiressa de conclure ){ue le pav> de l-'ousnng d'où :irri\ait, au n" siècle de notre ère. le pèlerin l)ou(ldliiste lloei-cliin, n Clait autre que I .\Mièri(|ue. Celte

i'2 MÉLANGES AMÉRICAINS

théorie, adoplco par difTérents savants, a eu pour défenseurs principaux, en particulier, le sinologue de INIunich, Karl Friedrich Neuma>>', le chevalier de Paravey, Gustave d'EicH- THAL, Charles G. Lkland, et enfin Edward P. Yining, qui sous le titre de An inglorious Colombus, a réuni à New- York, en 1^85, dans un énorme volume in-8, des matériaux dont la valeur est grande comme quantité, mais dont l'examen, et par suite, les conclusions sont faibles.

Mais c'est au regretté marquis d'IlERVEY-SAiNT-DENTS, que la théorie américaine du Fou sang avait dû sa popularité. La science du sinologue n'était complétée ni par celle du géographe ni par celle du naturaliste ; témoin les notes rares et médiocres de son Ma Touan-lin. Sa théorie avait eu déjà des adversaires, et son travail avait surtout pour but de répondre h Klaproth :

« Klaproth est, dit-il, en réalité, le seul critique qui ait nie ridentilication du Fou-samj avec l'Araérique, puisqu'on ne saurait compter isolément l'opinion de ceux qui déclarent s'en rapporter à lui les yeux fermés. Parmi ces derniers, toutefois, se sont trouvés plusieurs orientalistes estimables, dont le jugement n'a pas laissé d impressionner le public savant étranger aux études chinoises, et d'inspirer de grands doutes sur les faits que De Guignes avait avancés. »

Le marquis d'IIervey-Saint-Denys se trompait en 1876 ; déjà le vrai professeur de chinois de De Guignes, le Père Antoine Gaubil, l'un des trois grands sinologues de Péking, au xviii" siècle, — les deux autres sont les PP. Gerbillon et de Prémare, — avait marqué combien était fausse la route prise par son disciple, cette fois moins fidèle que lorsqu'il s'agissait de publier l'histoire des peuples du nord de l'empire chinois, lorsqu'il lui écrivait le 3i octobre lyôô :

« Une route des Chinois pour un voyage de Chine en Californie, au temps marqué sur la carte, me paraît n'avoir aucun fondement. .Supposez que les Japonais aient eu connaissance de l'Amérique avant l'arrivée des missionnaires au Japon, les Chinois ont pu avoir, à cette époque, des connaissances de l'Amérique, mais

ÉTAT ACTUEL DE LA QUESTION DU « FOU-SAN(J d i:\

celles que vous avez conclues de la relation des bonzes sont au moins fort douteuses ; les examens que vous aurez faits des distances marquées dans les mémoires chinois de géographie au temps de cliaque dynastie, vous auront aisément fait voir la nécessité d une bonne critique sur le résultat qu'on peut tirer de ces dislances chinoises. Sans cet examen et sans cette critique on s'exposera à bien des erreurs, et erreurs les plus grossières.. Dans les cartes chinoises du Japon, dressées avant l'entrée des missionnaires à !a Chine et au Japon, on ne voit pas des vestiges des connaissances de rAraérique ; on n'y voit pas le terme boréal des pays du ^'eso ; on y voit quelques îles à lest, voisines de Yeso et du Japon. »

Un nnuvr;ui champion est venu à la rescousse de Gaubil et de Klaproth, c'est mon collègue et ami, M. le D^ Gustave Schlegel, professeur de chinois à l'Université de Leyde. Sous le titre de Problèmes ij;éo^nij)ln(jue.s, Les peuples étrangers chez les Historiens chinois, le D\ Schh'gel, grâce à sa connaissance des sciences naturelles, puisée aux leçons de son illustre père, le D'. Herniann Schlegel, a recherché, en dehors des textes purement cliinois, une base à une thé'dric (|ui, sans ôtrc celle de Klaproth, s'en rapproche, puisque le savant berlinois cherchait le Jap«)n dans le /-'oii-san^f, et s'éloigne par suite de l'Amérique.

J'indi()ue en quelques mots les points saillants du trav.iil du ir. Schlegel :

i" Le fac-similé d'une carte de la cote oi it'iit;ilf de la (^hitie à lai|ii<-|lc* j'ai lait allusion plus haut ;

2° Le passage du Ch(in-h<ii-l<in^ rrlatil au l'on s</ni,' ;

3" Ce passage d un auteur tlu ii' siècle avant notre ère sur la détermination de la région ou il faut ch<i< Ii<i ii- l'i>ii-s,in^:

« Nous lisons dans les o .Notices des dix ile» » que ]i>tt-inn»f «e trouve sur la rive orientale de la mer Orientale, (^hiand on marche tout droit <'t remonte la cAte par tern- p«Mir loooo li, on trouve emore à I «•«•! la mrr .l:iir<r<*. Cette mer, dins toute son

24 MtLANf.ES AMERICAINS

étendue, est splendide, et n'est pas salée et amère comme les eaux de la mer Orientale ; elle est d'une couleur azurée parfaite, douce et d'un goût exquis. Fou-sang se trouve dans cette mer Azurée. Le pays a loooo /«carrés. On y trouve le palais de Tlini-ti, et c'est le pays gouverné par Thai-tchin Toung-ivang-fou (le père du roi de l'orient très exalté). Dans ce pays il y a beaucoup d ai"l)res dont les feuilles sont comme celles du mûrier, et ils portent aussi des mûres. Les plus grands arbres ont plusieurs milliers de brasses de longueur, et plus de deux mille demi-coudées de grosseur. Les arbres croissent deux à deux de la même racine, en paires, et s'appuient l'un sur l'autre. C'est pour cela qu'on les appelle /o«-san^ [c'est-à-dire «Les Mûriers (Sang) qui se soutiennent (foà)]. » Les génies, en mangeant de leurs mûres, deviennent luisants sur tout leur corps, peuvent voler et se tenir dans l'air. Quoique cet arbre soit grand, ses feuilles et mûres sont pourtant comme celles du mûrier de la Chine. Mais les mûres sont rares et de couleur rouge, lis portent une fois dans les i)(ioo ans des fruits, dont le goût est extrêmement doux et suave. La terre y produit de l'or rouge et des pierres précieuses rondes ([ui ressemblent aux pierres à briques de la Chine.

« En faisant la part du merveilleux, nous trouvons les faits suivants dans la notice précédente : d'abord que Fou-sang est une île dans la mer Orientale, dans la partie qu on nomme la mer .\zurée, qui répond à la mer du Japon de nos cartes. On y fait encore mention de l'arbre d'après lequel lîle est nommée, et qui n'est ici que la Broussonetia papyrifera, ou l'arbre à papier, (jui porte des fruits ronds d une couleur poupre foncé. Au lieu îllj A de sien-jin, génies, je propose de lire (i| A chan-jin, les montagnards. L'histoire du Japon dit des Aïnos qu'ils grimpent sur les montagnes comme des oiseaux, et marchent dans les herbes comme les bêtes sauvages ; c'est cette agilité que Toungfang-soh exprime par sa métaphore qu'ils peuvent voler et se tenir dans l'air. Quant à l'or, c'est, comme on le sait, un des produits de 1 île de harnfto ; et par les pierres précieuses rondes, I auteur indique probablement la belle obsidienne bleue, nommée Kraflo-lama, dont les boules ont quelquefois 2 à 3 décimètres de diamètre.

« ■S" Un dei'nier argument contre lidentilication du Fou-sang avec r.\niéi'ique se trouve dans un passage de S:e-ma, qui dit que le grand courant équatorial qui s'étend de la côte orientale

ÉTAT ACTUFX DE LA OIESTION Dl' .. FOl'-SANG » 2.';

du Japon jusqu à la Californie, nommé Kouro synu ou « Courant « noir» par les Japonais, et 3/<-/ij « Réceptacle ultérieur » par les (Chinois, se trouve à l'orient du Fou-somj.

cf Ce courant était connu de honne heure des Chinois. Trhoangts:e dit : « Le .Wj-/û entraine toutes les eaux de la mer au dehors. « Il se trouve en aval de tous les fleuves, et c'est pour cela qu'on a l'appelle Mi (ultérieur); c'est l'endroit où toutes les eaux se « réunissent, et c est pour cela qu'on le nomme L» (réceptacle). » 7'r/j'm Lun-kiunf] dit dans sa géographie: « Kst du Japon et des « (îles) Lieou-kieou, les eaux coulent toutes vers l'Kst, et c'est « ce que Tchoan(j-ts:e veut dire par la phrase cjue le .\fi-lû les « entraîne. » S:e-ma a parfaitement raison quant à ce courant Kst de Fou-samj, ou de Karafto. La Pérouse rencontrait prés de l'ile AV/oj (des Kouriles) un courant qui 1 entraîna, en deux jours, .'io milles vers l'ouest ; un courant occidental aussi fort fut remarqué dans le détroit qui sépare Yezo du Karafto.

« (>r, en |»renant Fou-snnij pour 1 Amérique, il faudrait singulii'rement déplacer ce grand courant de la mer du Ja|)i)n jusqu'à la Californie, pour le placer sur la côte orientale de r.\mérique, ce qui est une absurdité. »

Ainsi, on voit (ju'à lui seul ce tlcniiei- argument sufTirail à faire crouler celle théorie (jue le /•'o/z-srt/îi.'esl l'.Xmérique.

On peut hésiter sur l'emplacement du l'oii-suni;, mais il est certain aujourd'hui cjuil le faut chercher, d Une façon générale, dans les iles à l'esl de la Chine, au nord des îles Lieou-kieou et du Japon et, il'une fa<;on particulière, soit dans les Kouiiles. soit comme nous sommes ilisposé a l'admellre avec le I)^ G. Schlegel, dans I ile Sakhalin «»u ili- Kralto, au nord de Yeso '.

I. Depui« hi liTliirr «le ce nii-iiiiiirc j'ai iijoul^ ttiins mnii lrn\ail l.ft kludfi rhinoitft (i8yi- iMy'i). u Extrait du T'oitng /'no. vol. V, n" T» it \ol. N 1, n" i. Leiilc, K.-J. Brill. i8«ji), iu-b, pp. 79 cl Mo :

" l>a llii'-orie de Sclilc|j«'l me parait nvoir r^"«olu «Ir ninnifrr di^flnitive un |irolilémc saii«cesM! pri'-viit«' iui\ (J<iinjrt'<» d'( )ri<Milalislfn «•! d«' (j^ograjilir*, If» .iri^uiiirnU jiri^'M'iiK'* depuis lors par.iis»t-nt ii'olTrip qu'un inlén*! «le fonlro»«;r>r et .lui-iiiic v.ilour »cifiililîi|ue n

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