‹ Mélanges américainsChapitre 12 sur 86 · SON · texte numérisé non relu

SON

A l'nnt:iineble;iu, le 3o 8^^'^ 1785.

Je me suis fait un devoii", .M., de rendre compte au Roi des

I. Arcliives des .Vffiiires élrangères : Indes orientales, Chine, Cocliinchinc, vol. IV, 99.

AMÉRICAINS ET FRANÇAIS A CANTON AU XVill' SIECLE 49

prévenances que ses officiers ont laites à ceux qui coinmandoient le navire américain qui a été à la Chine; S. M. a apris avec une véritable satisfaction que les premiers ayent conformé leur conduite aux instructions qu'elle leur avoit fait adresser, et File vous charge d assurer le Congrès que dans toutes les occasions qui se présenteront, Elle s'empressera de manifester son alfection et son amitié pour les Etats-lnis, et l'intérêt bien sincère qu elle prend à leur prospérité.

Mais le Roi m'a ordonné en même tems, M., de vous observer combien peu on a égard en Amérique à la règle de réciprocité, et conii>ien on y est disposé à s'écarter des principes qui ont servi de baze aux liens qui subsistent entre Klle et les Etats- Unis. Nous sommes informés en elfet. M., que dans plusieurs Etats, on a fait des règlements de navigation et de commerce nuisibles au commerce fran^-ois et contraires à lessence même du traité du 6 février 1776. Le Congrès est trop éclairé pour ne pas sentir combien ces procédés doivent nous affecter, et il est trop sage et trop prévoyant pour n'être pas pénétré de la né<'essilé de maintenir les choses dans l'état de réciprocité où elles ont été depuis que la France est l'alliée des Etats-Unis ; sans c<*tl«' prt'faution il est impossible que le commerce mutuel des deux nations puisse prospt'-rer et même subsister, et le Hoi se trouvera forcé, malgré lui, de chorcher des expédients propres à mettn* les choses dans une parfaite égalité.

A l'oni-»", le 8 g^'" 1785'.

.M. le M*' de Casthif'*.

J ai Ihoniieur, Monsieur, de vous envoyer la Iratiuction d une lettre «pie m'a addressée M' Jelferson, ainsi que de c<'lle ipii y y étoit jointe. Elles sont relatives au bon accueil que nos oliiciers ont fait a ceux (pii ronimandoieiit le navire américain ijui a été dcrnièrem' à la (^hine. J'ai profité de cette occasi«)n pourfaire connoitre à M' Jelferson les procédés arbitraires que se permettent ({uebpies états ainé-ricains à I égard de notre navigation et de notre commerce. Je crois bien faire, MoiiMicur. en vous envoyant co|>ie de la lettre que j'ai écrite à ce sujet à ce .Ministre l'iénip" ; Je conformerai a «on contenu jen in»-

I. VrrliiTet He« Vffiiire» ^lran(;^re« : Imlei orirnUtUt. Clune, Coi-kinehùw, »o'. IV, 100.

tructions que j'adresserai sur le même objet au chargé des affaires du Roi près le Congrès.

J'ai l'honneur d'être, &a...

Dk Vergennes.

Sha\v, nommé consul des Etats Unis à Canton par le Congrès, fut maintenu à son poste par le général Washington en 17Q0 et mourut vers le 12 avril i8t4-

ABEL UEMLSAT AMEUICAMSTF'

On sait que nombre de sinologues ont eu un goût très vif pour les études américaines, tel le chevalier de Paravev, pour ne pas parler des vivants. Je croyais qu'Abel Hémlsat avait échappé à ce sort, car je ne trouve guère dans le catalogue de sa bibliothèque publié à i^aris, en iS.'i.'^, chez Merlin, que dt'ux ouvrages sur les langues d'Am(''ri(|ue : un Dictionnaire caraïbe- français... par le R. W Kavtnoiui Rreton (Auxerre, Bouquet, lOG.'), pet. in-8), et une (îrainniar nf the Lan^iiiage of the Lcnni lenape or Delawarc fndian.s, bv I)av. Zeisberger (Philadelphia, Kay, 1^27, in-/|). Or je vois annoncé dans le Catalof^ite de lettres auto^'rap/ies (Janv.l'évrior l'^Q*^) de NoOl Charavay, sous le n" '|i6().'i, une h-ttie autographe, in-'j, signée du savant sinologue avec cette note : « Il exprime le regret de ne pouvoir acheter, faute de fonds, un ancien manuscrit mexicain. » Le prix de la lettre était modi(jue, 'A francs, je cherchai ii m'en rendre aiMjuéreur; elle était déjii partie, et l'on m'assure qu'elle était relative :i un des plus beaux manuscrits publiés ou en cours de publication.

I. Kvirait Hii Joiirnnl tirs Amfriennittet <U Pnrit. .No. S, 1899, pp. iy6-

CODEX BORBONICLS'

J'attirais l'iittention des savants il y a quelques années sur la renaissance des études américaines en France'" et en particulier sur le Code.v Valicanus, publié grâce à la générosité du duc de Lolhat et sur le grand Recueil de Pièces Arc/u'olo- •nques et Ethnograpldques conservées dans la galerie américaine du Musée du Trocadéro, décrites par le D"" Hamt et dont la seconde partie a paru depuis mon article précédent. J'annonçais en même temps la prochaine publication du manuscrit mexicain dit du Corps Législatif, entreprise par le D"" E.-T. Ilamy. — Je n hésite pas à dire tout d'abord que le Commentaire de ce savant est certainement le travail le plus original qui ait été fait depuis bien longtemps sur les anciens manuscrits mexicains.

Le manuscrit qui nous occupe est entré en 18:26, dans la bibliothèque du Palais Bourbon et il a été par suite désigné sous le nom de Borbonicus suivant une tradition généralement adoptée dans l'américanisme : Vaticanus, etc. M. Aubin, le collectionneur bien connu, dont les trésors, grâce à Mme Goupil qui les avait acquis, viennent d'entrer à la Bibliothèque nationale, n'en avait donné qu'une courte notice dans la Rei'iie orientale et américaine de novembre iSôg. Ce manuscrit se compose de plusieurs parties; la première

1. Ext. de lii Revue critique d'Histoire et de Littérature, aC) mars 1900, p|). a/lS-25o. — Codex Borbonicus. — Manuscrit mexicain de la Bibliothèque du Palais Bourbon (Livre divinatoire et Uiluel jujiirê) publié en fac-similé avec lin commeiilaire explicatif par M. E.-T. Mamv, memine «le l'Institut. — Paris, Ernest Leioux, 1899, {yr. in-^ carré, si p. à 2 col. -f- .'^6 fF. coloriés.

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