‹ Mélanges américainsChapitre 13 sur 86 · Revue critique, n" ^9, 0 décembre · texte numérisé non relu

Revue critique, n" ^9, 0 décembre

CODEX HOHItONICUS ."a

de dix-huit feuillets d'un livre divinatoire, où se lisait le sort des nouveau-nés, c^est-à-dire, en nahuati, ce que l'on appelait un tonalamatl, devrait, en réalité, avoir vingt feuillets, mais les deux premiers manquent. Chacun de ces dixhuit feuillets renferme vingt-six petites ligures rangées par treizaines, placées dans l'ordre horizontal de gauche à droite au bas de chacjue feuillet et remontant de bas en haut; la première treizaine renferme des oiseaux qui surmontent des personnages divins en pied; l'angle supérieur droit des dix-huit feuillets du tonalamatl représente d'importantes scènes dont treize sur dix-huit sont renversées, c'est-a-dire mettent à gauche ce qui était à droite. Chacune de ces grandes figures offre un intérêt particulier, la première (celle du feuillet 3 du manuscrit actuel), pai- exemple, représente /V/^oo^o^/r, l'homme-ligre dont la voix roule en bruvants échos et Quetzalcoatl correspondant à la planète Vénus qui serait dans cette planche, à s(»ii déclin, le dieu tenant de sa main droite un enfant par les cheveux, image de sa disparition de la terre. Les feuillets -ja et at», qui se trouvent à la suite de ce Tonalamatl, inventé par le dieu Cipaclonal et sa femme la déesse Oxomoco, représentent la création et la réforme de ce calendrier. Ces deux tableaux sont encadrés de cinquante-deux petites figures, représentant les quatre treizaines d'années ou tlapilli d'un cvcle mexicain. La première de ces treizaines commence par l'année ce tochtli, un lapin, et continue avec urne ncatl, deux roseau, yct cnlli, trois maison, maiii tccpatl, etc.. Mais la découvertr (|ue je considère capitale, du \)' liamy, est rex|ilication (|uil donne |»ar I étude des treizaines de ces tableaux, de la formation de l'année solaire de trois cent soixante-cinq jours: « on constate proniptement i\\\v les numéros de treizaines ajtpelés successivement en lace de> signes de jour, se succèdent dans un ordre régulier, séparé!» par le chill're 8, excepté toutefois ;i la fin île chacune de» treizaines, où en raison de la place extr/^n>e occupée par le groupe, l'intervalle apparent est non plus M, mais (). Huit treizaines plus un j«»ur (|u il faut ajouter pour le cocl-

ficicnt, c'est exactement io5 jours. Ainsi qu'on peut le vérifier, par un petit compte très facile, les groupes figurés iiiitour des feuillets 21 et 22 du Codex Borbonicus sont, en cllct, séparés dans le tonalamatl par des intervalles réguliers de iu5 jours. Or, c'est exactement le chiffre qu'il faut ajouter aux 260 des vingt treizaines astrologiques pour former le total des 365 jours de l'année solaire. Le double tableau que nous avons sous les yeux est donc un tableau, calculé d'avance, pour trouver immédiatement dans le tonalamall le premier jour de l'année solaire de 365 jours. L'auteur de ce comput ne connaissait pas ou du moins n'appliquait pas le svstènie des jours intercalaires. Les intervalles se suivent régulièrement égaux les uns aux autres et cette constatation donne raison aux historiens, comme jNIotolinia, etc.. qui professent que les Mexicains n'ont pas connu, avant leurs rapports avec les Espagnols, l'année bissextile proprement dite. En quelque point des treizaines que l'on fasse le compte dont les figures fournissent les éléments, on trouve toujours un intervalle égal de io5 jours, et entre la cinquante-deuxième année du cycle finissant et la première du nouveau cvcle qui va recommencer, c'est io5 jours encore que donne le calcul. L'intercalation ne se pratiquait donc pas non plus à la fin du cycle de 52 ans, comme l'admettait Clavigero, par exemple; et l'on n'a plus d'autre ressource, pour expliquer la chronologie régulière des Mexicains, que d'adopter une des hypothèses de Gama, celle du mois complémentaire de vingt-cinq jours, ajouté à la fin de la double période cvclique {siècle de Jo4 ans) nommée Celi uehuel iliz t U . »

Les feuillets 23 à 38 du Codex Borbonicus donnent avec les costumes, les ornements, les accessoires du culte, un rituel en images. On voit donc combien ce manuscrit qui se compose de 36 feuillets numérotés de 3 à 38, puisque les deux premiers manquent, est particulièrement intéressant ; ces feuillets qui n'ont pas moins de 39 c. carrés sont plies en paravent; les couleurs en sont fort belles. Le DMÏamy a mis en tête un commentaire de 2I pages qu'il sera impos-

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sible de ne j»as consulter quand on voudra étudier le calendrier mexicain ou le rituel. Il faut savoir gré à notre Ministère de rinstruction publique, au gouvernement mexicain, il l'haijileté de M. Monrocq, à l'espiit d'entreprise de M. Ernest Leroux, au patronage de M. le duc de Loubat, d'avoir permis à un savant et ingénieux commentateur de nous faire connaître ce Codex Borbonicus, qui paraît être du commencement du xvi' siècle, peut-être peint en 1007, à l'époque de Mmiteziiina II.

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