‹ Mélanges américainsChapitre 20 sur 86 · III« CONC.RÈS INTERNATIONAL DE CÉOGRAPHIE (ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

III« CONC.RÈS INTERNATIONAL DE CÉOGRAPHIE (ÉTATS-UNIS

shako emprunté aux Ilessois au service de l'Angleterre, lorsquf \\ashin<(ton les mit en déroute à Trenton, le 26 décembre 1776, après avoir traversé la Delaware. Rien de plus charmant que l'aspect de \Vest-Point au coucher du soleil ; le paysage avait un caractère de grandeur et de calme indéfinissable ; il semblerait qu'une distance immense vous sépare de New-York, la grande ville, pourtant si voisine, du bruit et du mouvement.

De Wcst-Point, le chemin de fer nous conduisit dans la nuit à travers l'Ktat de New-York, et le lendemain vendredi if) septembre, nous nous réveillions en face de BufTalo et du lac Erié; peu de temps après nous descendiims aux (Chutes du Niagara, où nous devions passer toute la jouinée. Il ne rentre pas dans mon cadre de décrire ces chutes grandioses connues du monde entier. Qu'il me suflise de dire qu'un temps magnifique nous a permis de visiter, grâce au chemin de fer spécial, la Belt-line, le Niagara jus({u'au monument élevé sur la rive canadienne, au général Brock, tué {)endant la guerre de 1812, et sur la rivi' américaine jus- <ju à l.ewiston, qui est un véritable verger, où Ton s cmbar(juo pour se rendre à Toronto, par le lac Ontari<».

Une autre nuit de chemin de fer nous a conduits à Chicago, capitale de l'Illinois, sur le lac Michigan. Une session du Congrès a été tenue le matin du 17 septembre îi l'Université, où nous avons eu le plaisir d'entendie M. (tuillaume (îrandidirr faire une communication sur Madagascar.

La journée du dimanche 18 a été employée ii traverser les plaines ennuyeuses de l'Illinois on chemin de fer, en passant par Springlield, patrie d'.Vbraham Lincoln. Nous arrivions vers cinq heures ù notre dernière étape, ù Saint-I^oui», capitale du Missouri, sur la rive droite du Mississipi, (jue nous traversons sur un grand puni. La stati(»n de l Union, où nous descendons, est pout-ôtrc la plus grande du m<)nd«', car elle ne contient pas moins d«' trente-deux voies.

A Saint-Louis, le Congiès de (iéographic s'e>t trouve noyé dans le Congrès des Arts cl Scienc«'s et dan» la foule cl le tohu boliu de l'Kxposition, dont le n)an(|ue de place

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n(»us cnipèclie de parler. Le mardi soir, le comm. Peary reçut à bord du I)iscoverer à l'Exposition, et le jeudi 22 septembre, il faisait une conférence ii la Salle des Fêtes, clôturant ainsi un brillant Congrès qui n"a laissé que des souvenirs agréables ii ceux qui ont eu la bonne fortune d'y participer.

Du discours de clôture du commandant Pearv, j'extrais les paroles suivantes; après avoir parlé de ses quatre voyages polaires, le célèbre explorateur ajoutait :

« On m'a demandé souvent ce qui attirait les hommes dans les régions arctiques, à la recherche du Pôle Nord. C'est l'appel du monde primitif à l'homme primitif, secouant les dernières gouttes de ce sang qui coulent encore dans nos veines. C'est le sentiment qui était dans le cœur de Colomb, de Stanley, et qui sera dans les cœurs de quelques hommes encore jusqu'à ce que la terre ait terminé sa dernière évolution. Le Pôle Nord est le dernier grand prix géographi- (jue que le monde ait à offrir à Ihomme ; le prix pour lequel les nations civilisées ont lutté sans succès pendant des siècles ; le trophée que la plus grande nation sera fière de gagner. Mon plan de campagne est basé sur le détroit de Smith Sound ou route américaine. Partant pour le nord vers le i*"" juillet prochain, je porterai tous mes efforts pour conduire mon navire au rivage nord de la Terre de Grant, (»ù il prendra ses quartiers d'hiver. Quatre vaisseaux ont déjà accompli ce voyage. Avec le premier jour renaissant du mois de février suivant, je me dirigerai au nord à travers le massif polaire avec un détachement d'environ 25 Esquimaux et des traîneaux. De temps en temps, je renverrai des hommes et des traîneaux et la dernière étape du voyage sera faite par trois ou quatre traîneaux seulement. En revenant, je rejoindrai mon navire à temps pour le faire sortir en été de ses quartiers d'hiver et je partirai vers le sud. Si les conditions ne sont pas assez favorables la première année, j'essaierai de nouveau dans la seconde saison. »

Le coût de cette expédition sera de i5o à 200000 dollars. Le commandant Peary espère réunir cette somme par des

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