‹ Mélanges américainsChapitre 5 sur 86 · LE GÉNÉRAL JOHN MEREDIÏII READ · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL JOHN MEREDIÏII READ

Pour lii première fois clfpuis la formation de ncttre Société, nous avons la douleur de pleurer un de nos Membres, l'un des plus actifs par la part qu'il prenait à nos travaux : l'un de nos vice-présidents, le général John Meredith Read est mort après une courte maladie, le S'y décembre 189O. en son domicile, 1:^8, rue de la Hoi'tie, à Paris, à l'àtre de cinquante-neuf ans.

Meredith Rfad ét:iit né h Philiidolphie, le ui févrieriS.^y. Il était le (ils unique de l'honorable John Meredith Read, jurisconsulte et homme d'Klat (179'7-187/i), (jui eut l'honneur d'être (>hief-justice de la Pennsylvanie. Le père de ce magistrat était l'honorable John Read, jurisconsulte et philanthrope, et petit-fils de l'honorable Geoige Read, (jui avait épousé Priscilla, troisième fille de l'honorable J. M;irshall. (^e (îeorge Read lut l'un des six signataires de la décluration d Indépendance des Etats-Unis, et avec Cîiinning Bediord junior, John Dickinson, Richard Bassett et Jacob Rroom, signataire, pour l'Ktat de Deliiware, de la (ionstitution des Ktals-l'nis d'Ainériciue, établie parla Convention de Philadfdphie, le i- septembre 1787.

Mcreilith Read fit ses études militaires aux l'.tats-Unis, étudia il Rrown llniversitv (Providence, Rhode-Island), ii l'Kcole de Droit d'.Mbanv (New-York ), et vint terminer son éducation de jurisconsulte en |-'.unq>e.

I. Kttrait du Joiirnnt tir la SorUU Het \mérii;initU$ de Pnrit. t. I I' iSgS-iSgfi, pp. 179-181

36 MKLANCES AMÉRICAINS

Sa carrière (ul d'abord complètement militaire ; à dixhuit ans (i855), capitaine des National Cadets, il devint on 1867 colonel aide de camp du gouvernement de Rhode- Island ; à cette é|)oquc, il s'occupa vivement de l'agitation politique dans l'Ktat de New-York, et contribua pour une grande part ;i l'élection d'Abraham Lincoln à la présidence des Étals-Unis (1860). Adjudant-général de l'Etat de New- York, puis brigadier-général à l'âge de vingt-trois ans, il fut l'un de ceux qui, en janvier 1861, démontrèrent la nécessité de mettre le pays en état de guerre ; aussi, nommé président de la Commission militaire, fut-il chargé d'aller à Bullalo souhaiter la bienvenue au nouveau président Lincoln et do le conduire au Capitole.

l'endant la guerre de Sécession, il fut un des principaux organisateurs des troupes du Nord. 11 usa de son influence pour la réélection du président Lincoln en i864, et en 1868 pour l'élection présidentielle du général Ulysse S. Grant. Ce dernier le nomma, en avril 1869, premier consul général des États-Unis en France et en Algérie, chargé d'organiser à Paris le service consulaire. Pendant la guerre francoallemande, durant tout le siège de Paris et la Commune, il remplit également les fonctions de consul général pour l'Allemagne ; aussi reçut-il, à la (in des hostilités, les remerciements des deux pays.

Le général Meredith Kead fut nommé ministre des Etats- Unis en Grèce en novembre 1873; dans ces nouvelles fonctions, il obtint que le navire américain Armenia fût relâché et que le gouvernement grec révoquât l'ordre qui empêchait la circulation et la vente de la Bible dans ce royaume. Après avoir non seulement mérité de son pays, mais aussi s'être attiré la reconnaissance de la Grèce, cette dernière lui donna la grand croix de l'Ordre du Sauveur. 11 prit sa retraite en 1880, pour pouvoir se livrer à ses études. Il était également membre de l'Ordre de Cincinnati, de l'Ordre militaire de la Légion Loyale (Etats-Unis), etc. S'il n'avait pas été décoré par la France et l'Allemagne à la fin de la guerre de 1870, c'était par suite d'un malentendu au Sénat américain.

LK C.KNKHAL JOHN MHHKhlTIl lilAD 37

Le îîénéral Meredith Read était non seulenicnl nn soldat et un diplomate, mais aussi un lettré distingué. Maitre-èsarts de la Brown Univerâity, il était membre de la Société des Antiquaires, de la Société historique et de la Société de Géographie do Londres. Il faisait partie également de notn- Société de Géographie et de nombre d'autres corps savants. Il était lun des trustées de laCoinell University, fondée en i865 à Ithaca [N. Y.J. 11 avait d'ailleurs donné un certain nombre de publications dont voici les principales :

lieldlion ofthe Soil to Plants and Animais, 1860. — Militan Reports and Siis^'^'estions, i8<H, 62, 63,6^. — Historical Infjuiry concerning Henry lludson, i86-^i-GG. — l-'irst Annual Discourse delivered before tin- Dehnvare Historical Society, i86'j. — Charles Read of P/iiladelp/iia. — T/ie Old State Roof Iloitse, 18GS. — The Old Philadelphia Lihrary, 1868. — Charles Read a t Home, 1878. — .4 Le t ter addressed to the Archaeological Society of Creece itpon the death of the ')th Karl Stanhope, the historian of the reign of Queen Anne, 187.'). — The English Ancestry of Washington, i8()'i. — Criticism on M. Raid Roiirget's Outre-mer, iSqÛ. 11 laiit y joindre aussi un grand nombre d'articles sur la Grèce, etc.

.\n moment de sa mort, le généial Kead avait en préparation deux nouveaux ouvrages : Mcmorials of oiir AncienI Family of Read, et Historié Sfudies in Vaud, Berne and Savoy, froni Roman Times to Voltaire, Rousseau and Cihhon. Ce dernier ouvrage paraîtra dans quelques jours, en deux volumes, de plus de cinq cents pages chacun, avec de nombreuses illustrations. L'autre ouvrage, au(juel travaillait l'auteur depuis plus de trente ans, est loin d'être terminé.

La Socit'lé df's .Xméricanistes de Paris envoie l'exjjression de ses regrets et d»' la douhuireuse svmpathie de ses mcnibics a Mme Meredith Kead, à MM. le major llarmon Puinp< llv et Meredith Head, iils de notre excellent vicepiésident, et il MM. l'.dwards SjM'iieer «•! le (iouïte Max de Koras, ses gendres.

AMÉRICAINS ET FRANÇAIS A CANTON AU XVIir SIÈCLE'

Peu d'années après la fin de la guerre de l'Indépendance, quelques négociants entreprenants de Philadelphie et de Ne-w-York songèrent à nouer des relations commerciales avec la Chine dont le port de Canton était visité tous les ans par presque toutes les marines européennes qui y faisaient de fort lucratives affaires. L'agent de ces marchands Daniel Parker choisit comme subrécargue du navire Empress of China, acheté en vue de ce commerce, Samuel Shaw, originaire de Boston (Massachussets)", qui nous a laissé le récit de son vovage\ Shaw associa à sa fortune son ami intime Thomas R.vndall. Le navire, chargé surtout de ginseng qu'on devait échanger pour du thé et d'autres produits chinois, mit à la voile de New-York, le dimanche, •?.i février 17SV Le capitaine était John Greex ; les autres officiers se nommaient: Peter Hodgkesson, second capitaine; Robert Me Caver et Abel Fitch, lieutenants ; John White Swift, commissaire ; Robert Johnson et Andrew Caldweli., chirurgien et assistant ; John Green, Jr., et Samuel Clarkson, aspirants ; Frederick RIoloeaux, secrétaire du capitaine.

I. Lu à la sf'jince du 4 ni;ii 1897. — Extrait du Journal de la Société des Américanlstcs de Paris, II, 1897-1898, pp. i-i3.

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