l'Aiminri: dk Basili:a, imprimeur du quinzième siècle
Kjo"), iii-S, (h. pp. :>,()(Y3o6.
Notice p;ir iiom'y lliirrisse, P;iris, in;irs Itj02.
Ans (leii Gultiwjisclicn gelehrten Anzeiycn 190:2, N"" 4-
PUBLICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES DE LUMVEKSIÏÉ DE GALIEOUME'
Depuis plusieurs années, l;i Bibliothèque de irniversilé Harvard, ii (^amhridf^e, Massachusetts, publie une série de fort utiles liihlioiirdpltirtil Contributions, aijourd hui au nombre de 5.S, dont les dernières comprennent les sujets suivants: 5G. Catalogue of Iin^dis/i and American Cluinbooks and liroadside Ballads in Harvard Collège Librarr :
— 5-. Cataloiiiif of l/ie Molière Collection in Harvard Collège Libraij acquired cliie/lr from tlie Library of tlw Lite Ferdinand lincher conipiled br Thomas Franklin Cuirier and Mrwcsi l.ewis Ciay ; — 'jo. A Biblio-^ntphr of l'orsiiis b) Morris II. Mort£an.
L'Université de Calilornie qui a son sièj^e ii nerkelev a suivi cet exemple ; les deux dernières bibliof^raphies (pie j'ai re(;ues sont les suivantes : — N" iG. .1 List of jirst éditions and ollier rare books in thc W'ein/iold Libniry. ConipiU'dbyW. \{. \{. Pintrcr, hjoj. D'après la préface sifrnée IIuf(o K. Schilling, Karl W'einliold était un savant versé dans toutes les questi«»ns se rattachant ;i l'Alleinaj^ne. particulièrcnjent dans les (juestions d archéologie el de lolk lore ; sa bibliothèque comprenant près de ()(»»»(> volumes ou brochures lut actpiise par M. John I). Spreckels do San Francisco et installée ii l'Universiti- |»endaiit l'été de iQoâ.
— No. 17. .1 liiblioi;rai)/iy of (,cnri;c lierkeley liis/iop of Clin ne. Co/n/tiled by II. Ralph Meail. A t<»ut sei^'neur, tout
I Edr.iit ilii Journal lia Savanlt. Juin i<ji 1
honneur; celte hibliogniphic a élé publiée à l'occasion du deux cent vin^rt cinquième anniversaire de la naissance de Berkeley, et du cinquantenaire de la fondation du CoIlè<çe de Californie. George Berkeley, né à Dyserl, comté de Kilkenny, Irlande, le 12 mars i685 fut nommé en 178^, évêque de Cloyne, dans son pays; il mourut à Oxford, le i^ janvier 1703. Berkeley s'étant marié en 1728 mit à la voile pour Rhode Island et il consacra sa vie jusqu'en 1734 à essayer de créer un collège en Amérique pour civiliser et christianiser les Indiens. C'est en souvenir des eflbrts de ce philanthrope que l'Université de Californie a reçu son nom.
CIIHISTOPIIE COLOMB
Le jeudi (j octobre 1N92, en compa<rnie de mes deu\ ;imis, le hiiroii Ad<df Eric Nordenskiold et le D' E.-T. Ilamy, tous les deux malheureusement morts, je franchissais la barre de lluelva, ii bord du transatlantique espajrnol .1//lanio Lttpt'z, le plus ^rand bâtiment (|ui ait jusiju'nlors franchi cet obstacle naturel. Nous venions de ^I(^nes, où, hùtcs de la ville superbe, nous avions assisté aux lôtes qu'avait célébrées avec éclat la Municipalité pour le quatrième centenaire de la découverte de l'Amérique par son <dorieux enfant, Christophe Colomb, tandis (jue, sous les auspices du Ministère de l'Instruction publi(jue, était entreprise, avec h' titre de Hnccolla Colombiana , la publication d'une série de beaux in-folios renfermant les documents traitant de la vie et des vovajres du grand Drscithridor. Dans la rivière, en lace de lluelva, se balançaient sur le (lot trois petits navires, reproductions fidèles des caravelles de Colomb, la Sanlti M/i/iti, la Pinfd et la A'/////, cjui, à leur tour, devaient [)rendre la route de l'Améiicpie, alors (|u'aufour d'rllos voj^uait une cofjue plus minuscule encore, h-
I. Kttr.ilt «lu Juiirnal des Savants, Aoiil i<ji 1, [ip. 33--3ii6.
IIkmht VicMAiD. Htiiilrt rriliiiiir$ titr la vif ilr Colomb avant trg tlêcouvfrlrg. In 8, xvi-r>'|i |iii|fe4. — l*iiri«, il. Wflier, 190.').
IIe.iky Vic;x*ii>. llisloire rrilii/nr de la ijrandc rnlrepritf de C.hriilophe Colomb. — Comment il aurait conrii et formé ion projet. — .Sd présentation à différentes cours. — Son areeplation Jinnle. - Sa mise <) exécution. — .Son véritable caractère. — Tome I, 1 '17^-1 'l'H*. in-8, xx»in-73o |H<ga». — Pari*, ll-Wellrr, 1911. — Tome II, I iy l-i 'iy3, in-**, »i«-7o3 |iiige«. — îbid.
llR.<«Hr ViiiMAUi». Chronologie dommentaire de la vie de Christophe llolomh jiuqu'en ify3... \nS, ag |>age«. — l'iiri», II.W rlirr, Kjil.
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Sappolio, venant avec un seul homme de traverser l'Atlantique pour assister à des fôtes auxquelles prirent part les navires de guerre appartenant à toutes les nations du globe. Le Président du Conseil des Ministres, Canovas del Castillo, avait tenu à les présider lui-même ; le petit roi d'Espagne, alors un enfant chétif, et la reine régente v assistèrent. I.e lendemain, vendredi 7 octobre, dans une séance solennelle se réunissaient les savants qui s'occupent de l'Amérique, à l'entrée du fleuve, au monastère de la Rabida, où, en i^85, serait accouru Colomb, exténué de fatigue, mourant de faim, sans ressources, implorant l'appui des PP. Perez et Marchena ; puis nous allions en pèlerinage à la petite ville de Palos, d'où, le 3 août 1492, les trois caravelles de Colomb mettaient à la voile avec un personnel de 120 hommes, dont go pour les équipages.
Il faut bien avouer que, pour la grande masse du public, l'histoire de Colomb était renfermée dans l'ouvrage populaire de Washington Irving paru en 1828, et surtout dans le livre de Rosellv de Lorgnes, qui attribuait la découverte de l'Amérique par le navigateur génois à une inspiration divine et qui fut chargé en février iSgS, c'est-à-dire peu de mois après les fêtes de Huelva, par la reine régente d'Espagne, de transmettre sa demande d'introduction de la cause de béatification de Colomb comme le poslulateur attitré de celte cause. Les relations de Ihomme providentiel avec Beatriz Enriquez de Arana, mère de Fernand, firent échouer le projet, qui vient d être repris aux Etats- Unis dans un vaste pétitionnement transmis à Rome, avec son appui, par l'archevêque de Philadelphie. Il est probable que cette nouvelle campagne n'aura pas plus de succès que la première, car de nouveaux documents augmentent encore les preuves de l'illégitimité du lien qui attachait Christophe Colomb à Beatriz Enrif|uez. Ce sont ces faits que M. Ilenrv Vignaud lui-même a mis en lumière, dans un travail paru l'année dernière, intitulé : L'ancienne et la nouvelle campagne pour la canonisation de Christophe Colomb.
Sans ébranler les bases mêmes de l'édifice sacro-saint
CHRISTOPIIK COLOMB 277
«^lové par la légende et la dévotion colombiennes, Henry Harrisse avait néanmoins projeté un peu de liiini«'re sur quelques points obscurs de la vie du navij^ateur à l'aide des documents qu'il a insérés en i88^ dans les deux volumes intitulés : Christophe Colomb, son Orii^ine, sa Vie, SCS Voyages, sa Famille et ses Descendants, (|ui font partie <lu Recueil de Voyagcn et de Documents (juf j'ai public avec le rewretté (Charles Schefer.
La légende de Christophe CoU)mb lavoimait dniif ihmsun ciel presque sans nuances, lorsque, en septembre 1900, à la douzième session du Congrès international des Américanistes tenue à Paris, les déclarations de deux savants étrangers, iconoclastes (|ui osaient porter la lumière dans une <i nébuleuse » histoire, t'-clatcrent comme un coup de tonnerre.
M. Manuel Gonzalez de la Uosa, de Lima, avançait entre autif's laits: « On a vieilli tout exprès Colondi, pour pouvoir expliquer ses vovagcs imaginaires et autres lègentles; il était né à Gênes, et point ii Savone, en i'|.')i, probablement le 20 juillet, j<nir de la Saint-Christoj)he. '• — " Christophe Colomb a fjuitté G/^nes, sans av«»ir étudié îi 1 Université de Pavie, en septembre i!\~')\ il a pris service <lans la llott<* (jue scm pavs envoya, sous les ordres des Spinola et Ncgri, au secours de la colonie génoise de (ihio. » — « Au retour et en route pour I Angleterre, les G/^nois furent attaqués par le pirate-amiral (ioulon sur la côte de l*«)rtugal et (Colomb put s échapper ii Lisbonne ou il se lixa. » — « C«>lomb prit part ii la conspiration de la mais«)n <le Hragance contre le roi Jean 11 et lut obligé de luir en Lspagne, etc. » M. Goii/ale/ de la Hosa. d'autre j)art, atta- <juait l'authenticiti' des lettres attribu<'es a r«»scanelli vX dé- «larait (ju'il prctuverait : « (jue ni l'astronomie, ni la prétendue correspondance de Cob)mb avec de> astronomen, n Ont eu aucune part dans la découverte de 1 Arnémpic ». .\u m/^me Congrès, M. Ilenrv Vignaud, soutenant également (jue la lameusc lettre «le Toscanelli était apocryphe, lisait un Mcmoirc sur L'authcnttcttt' dr Li lettre de Togcti-
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nelli du 2^) juin i/tj/i adressée d'abord au Portu<^ais Fernani Ma/lins et plus tarda Christophe Colomb. M. Gonzalez delà Rosa, âgé et malade, ne put continuer ses travaux et retourna dans son pays, mais ce Congrès fut le point de départ des recherches de INI. Yignaud dont les théories sont développées d'une manière définitive dans les deux gros volumes qui viennent de paraître. Je vais essayer d'indiquer quelques-uns des résultats auxquels est arrivé l'auteur.
i" Lettre de Toscanelli. — Une lettre du savant médecin et astronome Paolo dal Pozzo Toscanelli datée de Florence le 25 juin 1^7/j, adressée au chanoine portugais Fernani Martins, en réponse à une demande de renseignements que le roi Alfonso Y l'avait chargé d'obtenir, communiquée ii Colomb, est l'objet d'âpres discussions. Cette lettre n'a été connue pendant longtemps que par une version italienne donnée dans le chapitre viii des Historié del S. D. Fernando Colombo, Venise, 1571, ouvrage attribué au fils du Navigateur. Un texte latin a été retrouvé en 1871 à Séville par Henry Harrisse, copié entièrement, dit-on, de la main de Colomb, et complétant l'un des quatre feuillets de garde à la fin du volume suivant conservé à la Biblioteca Colombina : PU // [Aeneas Sylvius] Pontificis maximi.. Historia rerum ubique Gestarum... Venitiis, i477 ' '® bibliographe américain publia le document, pp. 178-180, de son livre : Fernand Colomb, sa vie, ses œui>res, Paris, 1872. L'importance de la lettre de Toscanelli réside en ce qu'elle dit nettement qu'il faut aller aux Indes par l'Ouest et qu'elle explique comment cela peut se faire. « Si ce document est authentique, écrit Yignaud, I, p. 106, nous connaissons la source originelle où Colomb a puisé non seulement l'idée première du grand dessein qu'il assure avoir toujours été le sien. » Cette authenticité avait été mise en doute par M. Vitfnaud dans son ouvrage : La lettre et la carte de Toscanelli sur la 10 u te des Indes par l'Ouest, Paris, 1901, in-8", qui fait partie de mon Recueil de Voyages et de Documents. Ce livre déchaîna une véritable tempête : Gustavo Uzielli, Sir Cléments R. Markham, Jules Mees, SophusRuge, etc.,
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prirent part à une fontroverse tlt)nt la bibliographie, drossée en 1900, ne comprend pas moins de 3G pages in-8". Dans son nouvel ouvra<(e, M. Vi^niaud revient sur la question et combat à nouveau lauthenticité des deux lettres et de la cai te que Toscanelli aurait envoyées à Colomb ; il apporte à l'appui de sa thèse une grande richesse d'argumentation, notant en particulier que Martins est un personnage complètement inconnu et que la mention dans la lettre attribuée a Toscanelli de la recherche de la route des Indes parles Portugais en l'ij'i est une preuve que ce document est antidaté. Je ne puis passer en revue toutes les preuves de M. Vignaud, mais je voudrais m'arr^^ter un instant sur le passage suivant de la lettre au sujet duquel j'ai été interrogé jadis par Ilarrisse ; j'ai oublié quelle réponse je fis alors :
J'ai aussi marqué sur la carte, pour mieux renseigner ceux qui feront le voyage, divers ports où ils pourraient niouiller, si les vents, ou lout autre cas fortuit, les éloignaient du but proposé, et aussi pour qu'ils fassent voir aux indigènes (ju ils ont (juelques notions de leur pays, ce qui ne peut que leur cire très agréahle. (Jn assure qu'il n'y a d'établi dans ces îles <{uc des marchands. Il y a là une grande alllucnce de navigateurs et de inan-handises, qu'on n en voit j)as autant, dans le reste du monde, (jue dans le seul fameux port de Zayton. On dit. en effet... Ce pays est très |»eu|»lé et très riche, comitrenanl une multitude de provinces, de royaumes et de villes intioinhr.iltlcs, tontes soumises au même prince appelé le Grand Kan, ce (pii signilie, en latin, lifx reijum (\\o'\ d(;s rois), et dont le siège et la résidence se trouvent, la plupart du temps, dans la province de Kalayo. Ses prédécesseurs tAchèrent d'entrer en relation avec les Chrétiens ; il y a deux cents ans, ils envoyèrent une missioti au l*ap<', pour lui demander un certain nombre d hommes verst's dan^ les choses iU- la l'oi, qui devaient les instruire ; mais les personnes chargées de celte mission trouvèrent des obstacles en roule et rebroussirout chemin. Au temps d lOugène, il en vint un autre (ambassadeur), lequel lui donna I assurance de la vive alfection «jue c«mix qui renvoyaient portaient aux Chrétiens. Pour ma part, je me suis longuement entretenu avec ce personnage d une foule de choses...
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A la fin :
Allant de la ville de Lisbonne en droite ligne vers l'Ouest, il V a. marqués sur la carte, aG espaces de ij-JO milles chacun, jus- <|u"à la très illustre et très grande cité de Quinsay, dont 1 enceinte mesure cent milles. Elle a dix ponts et son nom : « cila del rieh I) veut dire ville du Ciel ; on raconte mille choses merveilleuse de ses fabriques, ainsi que de ses ressources (Cet espace est presque égal au tiers de toute la sphère). La dite ville est située dans la province de Mangi, voisine de celle de Kalhay, contrée où se trouve la résidence Royale. Mais, depuis 1 île Antilia, qui vous est connue, jusqu à la fameuse île de Cippangu, il y a dix espaces. La dite île est effectivement très abondante en or, perles et pierres précieuses, et les temples, ainsi que les palais royaux, v sont couverts de ])laques dor massif. Ainsi donc, l'espace de mer à franchir à travers les parages inconnus n'est pas très grand.
La géographie de ce passage est tirée de Marco Polo : Zaïtoun est T'siouen tcheou ^ 'J'|"j et non Tchang tcheou f^ 'J'I-j comme le croient INL Vignaud et d'autres ; le fameux Zipangu est la transcription de Je-peun Koiio (le Royaume du Soleil Levant) 0 TJi ^ d'où nous avons tiré Japon, en japonais Nippon; Quinsay ^ King se ^^ ^ est la grande ville de Ilang-tclicoii ^ '}\\ ; la dimension de cent milles donnée à cette ville par Toscanelli est la même que celle indiquée par Marco Polo; la première mission mentionnée est celle confiée par K'oublai aux frères Nicolo et Maffeo Polo l'Ancien qui arrivèrent de 1 Asie orientale à Acre en 1269. M. Vignaud a consacré un chapitre à montrer « que les expressions de Cathay et de Grand Khan dans la lettre de 1 '174 sont des anachronismes » (I, pp. 18^-188). Evidemment, les expressions étaient des anachronismes, puisque la puissance du Grand Khan a été détruite en i368 par llongWou, fondateur de la dynastie chinoise des Ming; cependant ce titre a continué à être donné tardivement par les Européens au souverain de la Chine, car Giovanni da Empoli, dans une lettre de Cochin, i5 novembre i5i5, écrite h Lopo Soares de Albergaria, dit: « Spero... fare un