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salto là a vedere il Grand Cane, che è il rc, che si chiama il re de Cataio ». Les Ming n'ont pas imposé de nouveaux noms aux dcnomimitions en usage à l'époque mongole; ces dernières, comme Zaitoun ci autres, étaient employées par des étrangers comme Polo et les Arabes, mais non p;ii les indigènes. Nicolù Conti lui-nn'^mo avait, au xv* siècle, continué à emplover les anciennes appellations des navigateurs, ce qui prouve, entre parenthèses, qu il n'est pas allé en Chine, car il se serait servi des noms chinois, comme le firent les Portugais lorsqu'ils arrivèrent ii Canton et autres lieux. Mais, en revanche, la seconde ambassade me fait <l(>uter de l'authenticité delà lottic II n'v a pas eu d ambassade de Chine en Furope pendant le règne des premiers empereurs Ming; la roule de terre par l'Asie centrale avait été coupée au milieu du xiv" siècle par l'invasicui de l'Islam et les persécutions contre les étrangers qui la suivirent, et les missions envovées par mer dans le Sud par h* troisième souverain Ming, Y<>ng-lo, ne dépassèrent sans <loule pas Ceylan et dans tous les cas n'arrivèrent jamais en Kurope. Toscanelli, au courant, par sa position, de ce qui se passait à l'Ioreuce, aurait certainement été avisé de la venue d une ambassade semblable, et si elle avait eu lieu réellement, lambassadeur chinois n aurait pas emplové le mot de Ciilhiir pour désigner son propre pavs. Je crois, c«tmme Ximenès, et contre l'avis de Vignaud, que ce passage est une réminiscence de l'arrivée ii Florence en i 'i.'iS (non pas en l'i'i'j) du voyageur vénitien Nicolù (]onti qui. par onlre du pape l'Eugène IV, dicta, pour racheter ses péchés, le récit de ses pérégrinations en .\sie au l*ogg<' dont le texte latin a paru en lyyi.'i, à Paris, dans le \olume intitiih- : /'"A'A''/ liraccùdini Florcntini llistorinf <!<• 1 <irtctiilr lurliinar Libri <iiialii<tr. Mais si l'on peut dillcrer sur la valeur des arguments (|ui militent contre l'authenlicite de la lettre <lu •/') juin I \~'\, il en reste un nombre sullisaiit |»our soliiicment étaverla théorie d«' Vignaud; ajoutonn ce lait intéressant (|ue, lor>qiie Toseaiielli mourut iti mai I '|S'i, âgé de N5 ans, on ne trouva ilaiis si-> |iapiers aucune trace des
pièces que peu de temps auparavant (i48i) il aurait luimême copiées pour les envoyer à Colomb.
2° But poursuH'i par Colomb. — La question peut-être la plus importante soulevée par M. Yignaud est celle desavoir si, avant 1^92, Colomb avait pour but de découvrir une nouvelle route des Indes ou simplement si son entreprise était proposée, organisée et exécutée dans le but unique de découvrir pour la Castille des terres nouvelles dont le Découvreur et ses héritiers auraient la vice-rovauté à perpétuité. Le 17 avril 1^92, Colomb passait un acte avec les Rois catholiques à Santa Fe, stipulant les conditions dans lesquelles son grand projet allait être mis à exécution, acte qui fut confirmé avec une extension des privilèges, le 3o du même mois, par des lettres patentes datées de Grenade. Colomb doit aller, en échange de ces privilèges, sur lesquels il est inutile que je m'arrête, « à la découverte et à la conquête de certaines iles et terres dans la mer Océane ». Comme le fait remarquer M. Yignaud (II, p. 109) :
Aucune intlicalion n'est donnée sur la situation de ces îles et terres, non plus que sur la direction dans laquelle elles doivent se trouver ; les mots d'Inde, d'iles des Èpices, de Chine, de Cathay et de Grand Khan, qui reviendront si souvent plus tard dans les documents colombiens, ne figurent pas une seule fois dans cet acte et dans celui qui le précéda.
Les renseignements sur Cipangu paraissent avoir été recueillis à Rome par Martin Alonzo Pinzon qui aida puissamment Colomb à aplanir les difîicultés de son expédition et s'embarqua avec lui à Palos, le 3 août 1^92, pour les Canaries, d'où l'on devait choisir la route conduisant aux îles que l'on se proposait de découvrir. On connaît les péripéties du voyage, les dilFicultés avec l'équipage; enfin, le 6 octobre, Pinzon propose à Colomb, qui croit avoir dépassé les îles, de prendre une route plus au Sud pour se rendre, croyait-il, à Cipangu; Colomb refuse d'abord, puis le lendemain, "7 octobre, il se ravise, suit le conseil de Pinzon et, les matelots s'effrayant et refusant d'aller plus loin, Colomb
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les rassure, et déclare qu'étant venu pour se rendre aux Indes il entend y aller ({uand même. M. ^'ig^aud remarque (Clirofudo'^ie documentaire, p. 2 'i) : i< Ici encore on se demande si, dans le Journal de bord, résumé par Las Casas de longues années après la découverte, cette expression de las InJiiis doit s'entendre des Indes Orientales, ou des îles que Colomb cherchait, auxquelles il donna ce nom après leur découverte. » Enfin le lu octobre, à 2 heures du matin, le pilote de la Pinta, Rodrigo de Triana, aperçoit la terre et, au jour, Colomb débarque avec les Pinzon dans l'île appelée par les indi<^ènes (iiianahani qu'il baptise San Salvador, n'y reconnaît pas Cipangu, va à Cuba, l'inzon, volontairement ou non, se sépare de lui, aborde à Ilaïli où arrive Colomb à son tour le j décembre; il prend Haïti pour Cipangu et baptise cette île Espanola; cependant, le 28 décembre la Santa Maria se perd sur un banc de Haïti; Colomb passe avec son équipage à bord de la Nina cl, le 'i janvier i-^gS, reprend la route dKiirope ; le i5 mars l'iQ.'i, il était de retour it Palos. Le 3t> mars l^g'^, les Rois catholi(|ues alors a Barcelone invitent Colomb avenir les trouver et lui accusent réception de ses lettres, lui parlant de ses découvertes comme ayant eu lieu en las Indias; c'est le premier document oHiciel où figure cette expression.
Il est fort possible qu'avant son départ Coh)mb ait cru a la possibilité de se rendre aux Indes par l'Ouest. M. Vignaud m'écrit : c H v a liiii de croire, en cfl'et, que ilès Tannée I 'l.S(j, Hrliaim avait exprimé, en lN>rtugal, des idées de ce genr*', «ju il reprit m l'tyi. i» Nuremberg, et, dans ce cas. il est vraisemblable (jue (Colomb les a connues, soit par Mchaim lui-m/^me, soit par l'intermédiaire de son lr«'r<' Barlhéb-my. » Mais rien dans les documents (|ui précèdent le voyage ne montre ()ue Ir but désiré était les Indes; c'est ce (jue prouve M. Vignaud : on pfiisait trouver ii yf)»» lieue» d<'» (]anari<>s les îles cIhmcIkm's. .\n moment du départ de* (Canaries, (^domb donna pi»ur instrui-tions écrit«'S i» ses capitaines et pilotes de ne pas navigm-r la nuit aprè* avoir fait 700 lieues, si la terre n'était pas encon- m vue, décla-
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r;int qu'il trouvera cette terre à 700 lieues ou environ et, comme le remarque M. Vignaud répondant dans une lettre à des objections : « Ce dernier fait est établi par l'aveu échappé à Fernand Colomb que l'île Espagnole qui fut découverte bien plus loin était celle même que son père cherchait et qu'il croyait trouver à ■j'x) lieues. Voilà qui montre d'une manière décisive qu'à son départ des Canaries, (Colomb ne comptait pas avoir à franchir plus de 760 ou 800 lieues, ce qui exclut l'idée cju'il avait aussi en vue le passage aux Indes asiatiques. »
Ce sont les deux points principaux des controverses relatives aux découvertes de Christophe Colomb ; je vais maintenant passer en revue quelques points de la carrière du grand navigateur.
3" Date de la naissance de Colomb. — Ni Colomb, ni ses deux premiers biographes, son fils Fernand et Las Casas, n'ont donné la date de la naissance du Navigateur, qui a cependant une importance capitale pour déterminer le temps donné à des études ou à des recherches préparatoires au grand voyage de 1492.
Les dates les plus différentes ont été données pour la naissance de Christophe Colomb : i43o, hypothèse de Navarrete ; i433-4, Castelar; i435, Washington Irving et Roselly de Lorgnes; i436, 1/437, i!\!m, i442, iVi4, i445, i446, i447> i448, ^^49, i/|00,i45ict enfin i^ôO! En igoS, M. Vignaud avait fixé cette date à i4ôi (.1 Critical study of i>a rions dates assigned to the birtli of Cliristoplier Colombiis. The Real date i45i. London, Henry Stevens) d'après un document de 1^70; mais, depuis lors, M. Ugo Assereto a eu la chance de découvrir parmi les archives notariales de Gênes une déposition datée du 20 août i479 de Colomb, de passage dans sa ville natale, mais alors établi à Lisbonne, dans laquelle il déclare qu il est alors âgé de ^7 ans; le document a été publié par M. Assereto dans le Giornàle storico e letlerario délia Ligiiria, janvier-lévrier IQO^; les documents de 1/170 etde i479 permettentd'alfirmerque Colomb <'st né à Gênes entre le 26 août \!\oi et le 3i octobre de la
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même année. Les docunionts de la Haccolta Colombiana «-t ceux qui onl été réunis par M. Vignaud lui-même permettent d'allîrmer que « son père était Domeiiico Colombo, tisserand, et sa mère, Susanna Fontaiiarosa. Il n'v eut ni nobles ni marins dans sa famille dont tous les membres étaient artisans. Il n'était apparenté ni avec les Colombo nobles de Cuecaro, ni avec les deux amiraux surnommés Colombo. Il ne reçut aucune instruction universitaire et ne navigua pas étant jeune ; en i^-^i, il était encore tisseraml à Savone; son séjour en Italie est constaté pour la dernière lois en août i47<i »•
Ix" Mariaije de Colomb. — Colomb se fixa en Portugal en 1^77 et il épousa à Lisbonne, en 1/179 ou i4<^0, Felipa Moniz Perestrello dont la parenté avec les familles Moniz et Perestrello nest pas bien établie; ce mariage eut une influence décisive sui- la vie de Colomb, car, aune époque qui n'est pas fixée, sa belle-mère lui communiqua les papiers de Perestrello qui déterminèrent sa vocation pour les découvertes maritimes.
introduit, |iar son iiiar'ia>^e, <laiis un milieu oii ion s occupait plus particulièrement de nouvelles découvertes, ('olonib s'éprend des entreprises de <'e jçenre. Il recueille alors avec soin tous les récits cl t«)us les bruits ipii circulaient à <'ette épocpie sur lexistence de terres non encore recommes ; il interroge les pilotes qui avaient poussé leurs navigations au loin, il enregistre leurs relations, pèse les raisons (pi'ils avaient d(- croire à lexistence d'îles ou terres inconiuies, cherche dans les auteurs anciens et dans U-s traités de cosmographie s'il y avait des motifs de penser (|ue tel était le cas, et arrive à la conviction cpi il y avait réellement des terres nouvi-lles a découvrir à l'ouj'st des Adores. N'oila le fait initial, W point de départ de la carrière inarilinie de (loluuili (II, p. 4.j3).
L Ouvraj^e de .M. Vignaud nest pas une ti-uvre de dénigrement :
Le véritable inenle «le Culuml», celui qui le liistingue réelletneiit entre tous les aventuriers «le m<-r de son temps, celui qui
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\o j)la('0 parmi les liomiiios privilégiés qui ont ajouté quelque chose à la somme de nos ronnaissances, c'est d'avoir su tirer de toutes les indications vagues, incertaines, et le plus souvent erronées qu'on lui donnait, la conclusion juste qu'il existait des terres là où se trouve l'Amérique, et d'avoir posé en fait cette conclusion hvpothctique dont l'expérience a démontré la réalité
Et encore :
Cette particularité, (ju il a cru avoir fait toute autre chose, et a ainsi méconnu la véritable grandeur de son œuvre, ne peut, ni en dénaturer le caractère, ni arrêter la critique, et il faut maintenir, contre Colomb lui-même, qu'il a découvert l'Amérique parce (jn^il l'avait clierchée. {Ibid., p. 496).
Harrisse avait déjà écrit {Colomb, I, p. ix) :
Qu'une saine interprétation des prophéties d'isaïe, et non le calcul et la science, soit la seule cause des découvertes accomplies par Christophe Colomb, comme il s'est plu à le déclarer ; qu'elles résultent, au contraire, de déductions tirées des hypothèses d'Arislote, de Pierre d'Ailly et de l'astronome florentin, voire d une simple erreur de géographie dont il ne sut même jamais s'affranchir, le mérite et la gloire de Colomb n'en sont aucunement amoindris. C'est lui, le premier, qui, franchissant l'espace, fit connaître à 1 Europe étonnée ces pays rêvés par les poètes, devinés par les philosophes. C'est lui encore qui noua des liens désormais indissolubles entre les deux mondes. Aussi est-il resté une des grandes figures de l'histoire et la personnification du navigateur hardi, heureux, mais payé d'ingratitude. Ajoutons qu'il se dégage de ses actes et de ses écrits un courage, une foi, un vif amour de la nature et de l'humanité, que l'âge, les infirmités, l'infortune et l'abandon n'altérèrent jamais.
Et j'ajouterai : Christophe Colomb ne fut ni un savant, ni un saint; sans un caractère élevé, capable même de dissimulation, voire de mensonge, il apporta à la poursuite de son but une grande et, disons-le, légitime ambition, une indomptable volonté, une audace sans égale, une rare ténacité ; en un mot, il eut du génie et le génie ne se discute pas; le
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succès de son entreprise ne lut rjuc la juste récompense de ses efTorts et de son courage. La découverte df 1 Ainéritjue « était dans l'air » ; un hasard heureux devait forcément conduire les navigateurs à cette terre nouvelle, du moment que les Portugais cùtovaient la cAte et visitaient les îles dt' l'Afrique, témoin Cabrai poussé quelques années plus tard sur la ciMe du Brésil. La grandeur de l'o'uvre de Colomb n'est pas diminuée parce que l'homme a peut être i<rnor(' lui-même où le conduisait sa destinée. 11 faut laire une laige part à la chance et ii l'imprévu dans les dt'Couverles : Colomb fut un heureux dans la révélation du Nouveau Monde, mais la satisfaction de lui doniKM- son nom lui lut ravie, et l'illustre Naviir;iteur soulIVit assez cruellement à la fin de sa vie pour qu'on ne lui chicane pas la gloire légitime qu'il a acquise.
En terminant, je ne saurais manquer d'apporter mon tribut d'admiration au savant consciencieux et trop modeste qui, au milieu du labeur quotidien d'une vie active de diplomate, a su trouver le temps nécessaire pour accumuler cette masse formidable de documents et donner ii quatrevingts ans au public uneo'uvre dont l'étendue ferait reculer de plus jeunes travailleurs.