‹ Mélanges: articles de journaux, 1848-1852Chapitre 36 sur 44 · T. JI · texte numérisé non relu

T. JI

dfins la vérité de sa situation autant que Louis XIV. Ogez dire à votre tour : La Liberté^ c'est moi I Prouvez-nous que votre candidature n*a point été une fringale dynastique, votre lettre du 18 août une réclame, et votre message d'hier un coup de tête : et ue vous inquiéta pas dç la r^iponnaissançe de la République.

(No 35. — 4 novembre 1849.)

QUESTION GQNSTITUTIO|ifNELI.E

Le président de la République et la mfyorité de rassemblée nationale, eomme deux époux amoureux et fantasque^, après quarante-huit heures de brouille, se 3ont réconciliés. Nous noua attendions à oe résultat; nous nous Tétions promis. Nous croyons môme, a-il faut dire toute notrç pensée, n'y avoir pas été entièrement étrangers.

Ainsi, le bénéfice le plus clair de toutes nos Révolutions, Q^est de nous avoir amenés, en lâ49, à faire un cours e^fp^imental de droit constitutionnel. Le président de la République et la majorité législative ne peuvent ni faire ménage ensemble, ni vivre séparément. Quand ils ne se poursuivent pas, ils se battent i nous en avons comme cela jusqu'en 1859.

Deux choses ont été constatées par l'expérience de ces deux jours : Tune, c'est que, d'après le témoignage du président, la majv. i .t. î cUeuse ; l'autre, c'est que, de J'aveu de la majorité, u- ! i:m i<. ic veut substituer à une politique de faction une pol/^.. * r itvnnelle.

^'' '- ' .^ la leçon produise tout son fruit, nous allons, con<v>{ '.i\ j '>t'3gseurs de mathématiques et les faiseurs de

LA VûlX DU PEUPLE — iSid 2^5

rébus, sur les foits d'hier et d'avant-hier, proposer à nos lec* teurs, ainsi qu'à nos confrères, un problème à résoudre.

Il est positif, d'une part, que la majorité de l'assemblée nationale est jésuite, et que son dessein est de rétablir le pape dans la plénitude de ses pouvoirs. L'expédition de Borne, cela est avoué, n'a pas eu d'autre but.

n est certain, d'un autre côté, que le président de la République, sans qu'il puisse expliquer au juste pourquoi ni comment, a l'intention non moins formelle de faire rester nos soldats à Rome et de constitutionaliser le pape.

La politique de la majorité n'est autre que cette violation de la Constitution, qui a provoqué la manifestation du 13 juin.

La politique du président est, — sauf désaveu ou explication, — une protestation contre cette violation du pacte: ce serait, si elle venait à prévaloir, l'accomplissement des promesses du 16 avril et des vœux de la Constituante, une réparation envers le peuple romain.

Supposons que le président persiste dans son idée ; qu'il ordonne à l'armée d'expédition de prolonger son séjour à Rome ; qu'après sommation faite au pape de rentrer dans la ville, et d'accepter la Constitution qui, sous la protection des baïonnettes françaises, lui sera offerte par le Peuple romain, il convoque, motu propriOy les assemblées primaires ; qu'enfin, dans le cas où l'iVutriche, Naples et l'Espagne interviendraient pour empêcher cette proclamation de la liberté et de la nationalité du Peuple romain, il pose aux trois puissances coalisées le casus belli et donne à nos soldats l'ordre de la résistance.

Le président, en réparant /le crime commis contre la République romaine par ces hommes qu'il a si justement flétris du nom de factieux, ne ferait, après tout, que suivre les intentions de la Constituante : loin de violer la Constitution, il y rentrerait.

Mais supposons en même temps que la majorité, non moins opiniâtre, repousse cette politique; qu'elle maintienne la vjor* lation dont elle s'est rendue coupable, et pour sanction de sa volonté prépondérante, en vertu de l'article 6 de la Constitu^tion, qui porte: « Le président de la République ne peut entre-* prendre aucune guerre sans le consentement de V Assemblée natio^ nahf » ««r elle refuse au président son concours et l'impôt.

Le président, s'il cède à la majorité, se rend complice d'une violation de la Constitution. '«*- S'il passe outre, et qu'il agisse sans Ip consentement de TAssemblée, il viole la Constitution.

Or, le président est responsable de tous les act» -Au gouvernement. Nous demandons, en conséquence, comn nt il lui est

â&6 MBLANGEB. — ARTIGLBS DE lOUfiNAUX

possible, dans l'hypothèse que nous venons de faire, et qui est presque une réalité, de rester dans la Constitution, et de mettre sa responsabilité à couvert!

La question romaine n'étant qu'un des mille exemples de la contradiction que soulève la division des pouvoirs, et les éventualités du conflit se multipliant tous les jours, nous attachons la plus grande importance à une solution.

(N« 36. — 6 novembre.)

Paris, 4 novembre.

QU'EST-CE QUE LE GOUVERNEMENT QU'EST-CE QUE DIEU î

Qu'est-ce que le Grouvernementt Quel est son principe, son objet, son droit 1 — Telle est incontestablement la première question que se pose l'homme politique.

Or, à cette question en apparence si simple, et dont la solution semble si facile, il se trouve que la foi seule peut répondre. La philosophie est aussi incapable de démontrer le Gouvernement que d« prouver Dieu. L'autorité, comme la Divinité, n'est point matière de savoir ; c'est, je le répète, matière de foi.

Cet aperçu, si paradoxal au premier coup d'œil, et pourtant si vrai, mérite quelques développements. Nous allons essayer, sans aucun appareil scientifique, de nous faire comprendre.

Le principal attribut, le trait signalétique de notre espèce, après la pensIee, est de croire^ et avant toutes choses de croire en Dieu. Parmi les philosophes, les uns voient dans cette foi à

un Être supérieur une prérogative de l'humanité ; d'autres n'y découvrent que sa faiblesse. Quoi qu'il en soit du mérite ou du démérite de la croyance à l'existence de Dieu^ il est certain que le début de toute spéculation métaphysique est un acte d'adoration du Créateur : c'est ce que l'histoire de l'esprit humain, chez tous les peuples, constate universellement.

Mais qu'est-ce que Dieu ? Voilà ce que demandent aussitôt, et d'un mouvement invincible, le croyant et le philosophe. Et comme corollaire de cette première interrogation, ils se posent immédiatement celle-ci : Quelle est de toutes les religions la meilleure 1 En effet, s'il existe un Être supérieur à l'Humanité, il doit exister aussi un système de rapports entre cet Être et l'Humanité: quel est donc ce système t La recherche de la meilleure religion est le second pas que fait l'esprit humain dans la Raison et dans la Foi.

A cette double question, pas de réponse possible. La définition de la Divinité échappe à l'intelligence. L'humanité a été tour à tour fétichiste, idolâtre^ chrétienne et bouddhiste, juive et mahométane, déiste et panthéiste : elle a adoré tour à tour les plantes, les animaux, les astres, le ciel, l'âme du monde, et finalement elle-même : elle a erré de superstition en superstition, sans pouvoir saisir l'objet de sa croyance, sans parvenir à déterminer son Dieu. Le problème de l'essence et des attributs de Dieu et du culte qui lui convient, comme un piège tendu à son ignorance, tourmente l'humanité dès sa naissance. Les Peuples se sont égorgés pour leurs idoles, la société s'est épuisée à l'élaboration de ses croyances, sans que la solution ait avancé d'un pas.

Le déiste, le panthéiste comme le chrétien et l'idolâtre, est réduit à la foi pure. On dirait même, et c'est le seul progrès que nous ayons fait dans cette étude, qu'il répugne à la raison de connaître et de savoir Dieu : il ne nous est donné que d'y croire. Et c'est pour cela qu'à toutes les époques, et sous toutes les religions, il s'est rencontré un petit nombre d'hommes, plus hardis en apparence que les autres, qui, ne comprenant pas Dieu, ont pris le parti de le nier : on leur a donné le nom d^esprits forts ou d'athées, i

Mais il est évident que l'athéisme est encore moins logique que la foi. Le fait primitif, irréfragable, de la croyance spontanée à l'Être suprême subsistant toujours, et le problème que ce fait implique se posant invinciblement, l'athéisme ne pouvait être accepté comme solution. Bien loin qu'il témoignât de la force de l'esprit, il ne prouvait que son désespoir. Aussi en est-il de l'athéisme comme du suicide : il n'a été embrassé que

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par le très-petit nombre. Le Peuple Ta eu toujours eii horreur.

Les choses étaient ainsi. L'humanité semblait placée éternellement entre une question insoluble et une négation impossible, lorsque, sur la fin du dernier siècle, un |)hilosophe, Kant, aussi remarquable par sa profonde piété que par Tincomparable puissance de sa raison, s'avisa d'attaquer le problème théologique d'une &çon toute nouvelle.

Il ne se demàiida plus, comme tout le monde avait fait arant lui : Qu'estrce que Dieu! et quelle est la vraie religion! D'une question de fait il fit une question de formée et il se dit : D'où vient que je crois en Dieu t Comment, en vertu de quoi se produit dans ftiOtt est)rit cette idée 1 Quel en est le point de départ et le développement! Quelles sont seS traftsfortoatlonS, et, au besoin, sa décroissance! Comment, enfin, est*ce que, dans l'âme religieuse, les choses se passent!

Tel fut le plan d'études qUe se proposa. Sur Dieu eWa Religion, le philosophe de Kcfenigsberg. Renonçant à poursuivre davantage le contenu, ou la réalité de l'idée de Dieu, il se mit à faire, si j'ose ainsi dire, là biographie de cette idée. Au lieu de prendre, comme un anadhorète^ pour objet de ses tnêditd«tiens, Dieu en soi, il analysa la foi en Dieu, telle que là lui offrait une période religieuse de si^ mille ans. En un mot, il considéra dans la religion, non pltis une révélation exterbe et surnaturelle de PÊtre infini, mais un phénomène de nôtre entendement.

Dès ce moment le charme fut rompu î le mystère de la religion fut révélé à la philosophie. Ce que nous cherchons et que nous voyons en Dieu, comme parlait Malebranche, ce n'est -point cet être, ou, pour parler plus juste, cette entité chimérique, que notre imagination agrandit sans cesse, et qui, d'après la notion que s'en fait l'esprit, devant ôtre tout, par cela même ne peut dans la réalité être den : c'est notre propre idéal, c'est l'Humanité.

Ce que le théologien poursuit à son insu, dans le dogme qu'il enseigne, ce ne sont pas les mystères de l'infini : ce sont les lois de notre liberté, collective et individuelle. L'âme humaine ne s'aperçoit point d'abord par la contemplation réfléchie de son moi, ainsi que l'entendent les psychologues : elle s'aperçoit hors d'elle-même, comme si elle était un être différent, placé vis-à-vis d'elle : c'est cette image qu'elle appelle Dieu.

Ainsi, la morale, la justice, l'ordre, les lois, ne sont pluii choses révélées d'en haut, imposées à notre libre arbitre par

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un soi-disant ci*éateur, Iticonnti, inititdligiblé ; ëe éont choses qui nous sont propres et essentielles comme nos facultés et nos organes, comme notre chair et noit*e sang. En deux mots : Religion et Société sont tétines synonymes ; l'Homme est sacré pour lui-même comme s'il était Dieu. Le catholicisme et le socialisme, identiques pour le fond, ne diffèrent que par la forme : ainsi s'expliquent à la fois, et le fait primitif de la croyance en Dieu, et le progrès irrécusable des religions.

Or, ce que Kant a fait il y a près de soixante ans poù!* la religion; ce qu'il avait fait auparavant pour la certitude; ce que d'autres avant lui avaient essayé pour le bonheur ou le souverain bien, la Voix du peupte se propose de Tentreptendre pour le gouvernement.

Après la croyance en t)ieu, Celle qui ôccUpé le plus de place dans la pensée générale est la croyance ^gl'autorité. Partout où il existe des hommes groupés en société, on retrouve, avec le rudiment d'une religion, le rudiment d'un pouvoir, Tembryon d'un gouvernement. Ce fait est aussi primitif, aussi universel, aussi irrécusable que Celui des religions.

Mais qu'est-ce que le pouvoir, et quelle est la hieilleurô forme de gouvernement! Car il est clair que, si nous parvenions à connaître l'essence et les attributs du pouvoir, nous saurions du même coup quelle est la meilleure forme à lui donner, quelle est de toutes les constitutions la plus parfaite. Nous aurionà de la sorte résolu l'un des deux«grands problèmes posés par la Révolution de février : nous aurions résolu le problème politique, principe, moyen ou but, — nous ne préjugeons rien, — de la réforme sociale.

Eh bien, sur le gouvernement comme sur la Religion, la controVet*se dure depuis l'origine des sociétés et avec aussi peu de succès. Autant de gouvernements que de religions, autant de théories politiques que de systèmes de philosophie 1 c*està-dire pas de solution. Plus de deux mille ans avant Montesquieu et Machiavel, Aristote, f ecuèiîlattt les définitions diverses du gouvernement, le distinguait suivant Ses formes : patriarchies, démocraties, oligarchies, aristocraties, monarchies absolues, monarchies constitutionnelles, théocraties, république^ fédératives, etc. Il déclarait, en un mot, le problème insoluble. Aristote, en matière de gouvernement, comme en matière dé religion, était sceptique. Il n'avait foi eh Dieu ni en l'Etat.

Et nous qui, en soixante années, avons usé sept oU huit espèces de gouvei*nements ; qui, à peine entrés en république, sommes déjà las de notre Constitution; nous pour qui l'exercice

du pouvoir n'a été, depuis la conquête des Gaules par Jules César jusqu'au ministère des frères Barrot, que la pratique de l'oppression et de l'arbitraire ; nous enfin qui assistons en ce moment aux saturnales des gouvernements de l'Europe , avonsnous donc plus de foi qu'Aristote î N'est-il pas temps que nous sortions de cette malheureuse ornière, et qu'au lieu de nous épuiser davantage à la recherche du meilleur gouvernement, de la meilleure organisation à faire de l'idée politique, nous posions la question , non plus sur la réalité, mais sur la légitimité de cette idéet

Pourquoi croyons-nous au gouvernement 1

D'où vient, dans la société humaine, cette idée d'autorité, de pouvoir, cette fiction d'une personne supérieure, appelée l'Etat!

Comment se produit cette fiction ? Comment est-ce qu'elle se développe] Quelle est sa loi d'évolution, son économie!

N'en serait-il point du gouvernement comme de Dieu et de l'absolu, qui ont si longtemps et si infructueusement occupé les philosophes t Ne serait-ce pas encore une des conceptions primogènes de notre entendement, auxquelles nous donnons à tort le nom d'idées, et qui, sans réalité , sans réalisation possible, n'expriment qu'un indéfini, n'ont d'essence que l'arbitraire 1

Et puisque, relativement à Dieu et à la religion , Ton a trouvé déjà, par l'analyse philosophique, que, sous l'allégorie de ses mythes religieux, l'humanité ne poursuit autre chose que son propre idéal, ne pourrions-nous chercher encore ce qu'elle veut sous l'allégorie de ses mythes politiques? Car enfin, les institutions politiques, si diflFérentes, si contradictoires, n'existent ni par elles-mêmes ni pour elles-mêmes; ainsi que les cultes, elles ne sont point essentielles à la société : ce sont des formules ou combinaisons hypothétiques, au moyen desquelles la civilisation se maintient dans une apparence d'ordre, ou, pour mieux dire, cherche l'ordre. Quel est donc, encore ime fois, le sens caché de ces institutions, le but réel où vient s'évanouir le concept politique, la notion de gouvernement t

En deux mots , au lieu de voir dans le gouvernement, avec les absolutistes, l'organe et l'expression de la société ; avec les doctrinaires, un instrument d'ordre, ou plutôt de police ; avec les radicaux, un moyen de révolution, essayons d'y voir simplement un phénomène de la vie collective, la représentation externe de notre droit, l'éducation de quelqu'une de nos facultés. Qui sait si nous ne découvrirons point alors que toutes ces formules gouvernementales, pour lesquelles les peuples et les citoyens s'entr'égorgent depuis soixante siècles, ne sont

LA VOIX DU PEUPLE — 1849 26i

qu'une fantasmagorie de notre esprit, que le premier devoir d'une raison libre est de renvoyer aux musées et aux bibliothèques î

Telle est la question posée et résolue dans les Confessions d'un Révolutionnaire, et dont la Voix du Peuple se propose, à l'aide des faits que lui fournissent et le pouvoir et les partis qui se le disputent, de donner jour par jour le commentaire.

De même que la religion, le gouvernement est une manifestatation de la spontanéité sociale, une préparation de l'humanité à un état supérieur.

Ce que l'humanité cherche dans la religion et qu'elle appelle Dieu, c'est elle-même.

Ce que le citoyen cherche dans le gouvernement, et qu'il nomme roij empereur ou président^ c'est lui-même aussi, c'est la liberté.

Hors de l'humanité, point de Dieu ; le concept théologique n'a pas de sens : — hors de la liberté, point de gouvernement; le concept politique est sans valeur.

La meilleure forme de gouvernement, comme la plus parfaite des religions, prise au sens littéral, est une idée contradictoire. Le problème n'est pas de savoir comment nous serons le mieux gouvernés, mais comment nous serons le plus libres. La liberté adéquate et identique à l'ordre, voilà tout ce que contiennent de réel le pouvoir et la politique. Comment se constitue la liberté absolue, synonyme d'ordre : voilà ce que nous enseignera l'analyse des différentes formules de l'autorité. Pour tout le reste, nous n'admettons pas plus le gouvernement de l'homme par l'homme que l'exploitation de l'homme par l'homme....

Ainsi, la marche que nous nous proposons de suivre, en traitant la question politique et en préparant les matériaux d'une révision constitutionnelle, sera la même que nous avons suivie jusqu'à'' ce jour, en traitant la question sociale. La Voix du peuple^ en complétant l'œuvre de ses prédécesseurs, sera fidèle à leurs errements.

Que disions-nous dans ces deux feuilles, tombées l'une après l'autre sous les coups de la réaction et de l'état de siège 1

Nous ne demandions point, comme l'avaient fait jusqu'alors nos devanciers et nos confrères :

Quel est le meilleur système de communauté? la meilleure organisation de la propriété î — Ou bien encore : Lequel vaut le mieux de la propriété ou de la communauté? de la théorie

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de Saint-Simon ou de celle de Fourief , du système de Louis Blanc ou de celui de Cabetî

A l'exemple de Kant, nous posions ainsi la question :

Comment est-ce que Thomme possède t Comment s'acquiert le propriété! Comment se perd-elle t Quelle est la loi de son évolution et de sa transformation! Où va-t-elle? Que veut-elleî Que représente-t-elle enfin î Car il appert suffisamment, par le mélange indissoluble de biens et de maux qui raccompagnent, par Tarbitraire qui fait son essence (jus utendi et abulendi) et qui est la condition sine quâ non de son intégralité, qu'elle n'est encore, de môme que Ift religion et le gouvernement, qu'une hypothèse, ou mieux, une hypotypose de la société, une manifestation allégorique d'une conception de notre intelligence.

Comment ensuite est-ce que l'homme travaille t Comment s'établit la comparaison des produits! Comment s'opère la circulation dans la société 1 à quelles conditions! suivant quelles lois!

Et la conclusion de toute cette monographie de la propriété a été celle-ci :

La propriété indique fonction ou attribution; la communauté, réciprocité d'action ; l'usure, toujours décroissante, identité du travail et du capital.

Pour opérer le dégagement et la réalisation de tous ces termes, jusqu'à présent enveloppés sous les vieux symboles propriétaires, que faut-il! Que les travailleurs se garantissent les uns aux autres le travail et le débouché ; à cette fin , qu'ils acceptent comme monnaie leurs obligations réciproques.

Eh bien, nous disons aujourd'hui :

La liberté politique résultera pour nous, comme la liberté industrielle, de notre mutuelle garantie. C'est en nous garantissant les uns aux autres la liberté, que nous ferons un valet de ce gouvernement dont la destination est de symboliser la devise républicaine : Liberté ^ égalité , fraternité; laissant à notre intelligence le soin de résoudre le problème. Or, quelle est la formule de cette garantie politique et libérale! Le suffrage universel.

Réforme économique et sociale, par l'organisation du crédit;

Réforme politique, par l'organisation du suffrage universel : tel est le programme de la Voix du peuple,

La Révolution marche^ s*écriait hier, à propos du message de Louis Bonaparte, une feuille absolutiste. Ces gens-là ne voient la Révolution que dans les catastrophes et les coups d'Etal.

LA Voix du peuple — 1849 263

Nous disons à notre tour : Oui, la Révolution marche, car elle a trouvé des interprètes. Nos forces peuvent faillir à la tâche; notre dévouelnent, jamais 1

(N« â7. — 6 novembre l84d.)

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