TOME DIXIÈME
Tables générales.
Ce plan sommaire devait être lu et approuvé dans la séance du 8 juillet 1838. Cette séance, en effet, fut remplie par une savante discussion qui aboutit seulement à l'adoption du plan pour le premier livre de l'édition projetée, comme on le verra dans l'extrait du procès-verbal :
(( La discussion s'engage sur le plan d'une nouvelle Bihliothèque historique de la France. MM. Daunou, Duval, ChampoUion, Guérard, Lacroix, y prennent part tour à tour. Cette discussion amène, sur quatre points, des réclamations au plan du premier livre projeté par la Commission, plan qui demeure annexé au présent procès-verbal. Par suite de ces rectifications, il est arrêté : 1° que les préfaces des premières édiiions seront reproduites intégralement; 2" que le chapitre s'ouvrira par un article intitulé : Géographie physique, et comprendra un paragraphe intitulé : Oréologie, etc., etc.; 3« que, dans le troisième chapitre, l'article intitulé : Histoire fabuleuse comprendra les ouvrages dont le contenu ne pourra
se rapporter directement à Tune des divisions historiques de Touvrage; les ouvrages fabuleux qui pourront être classés sous une division historique ne seront indiqués que par renvoi à l'article intitulé : Histoire fabuleuse; 4° enfin, Tarlicle intitulé : Histoire des anciens Gaulois, se subdivisera en deux paragraphes : 1° histoire des anciens Gaulois; 2** histoire des Gaulois depuis l'invasion des Romains jusqu'à celle des Francs.
« Le plan du premier livre est adopté, sauf ces modifications.
(' Le Comité désire se réunir le dimanche 15 juillet, pour continuer la discussion de ce plan. )>
Je sortis, fort triste, de la séance du Comité, malgré les encouragements et les éloges que j'y avais reçus; j'étais assailli par un fâcheux pressentiment et je me disais dans mon for intérieur que mon édition de la Bibliothèque historique de la France allait s'évanouir en fumée. Ne fallait-il pas encore dix ou douze séances du Comité pour achever la discussion du plan? Il y avait aussi des répugnances et des hostilités sourdes contre le projet, sinon contre son auteur.
Le lendemain, je tombai gravement malade et ne pus assister davantage aux séances, dans lesquelles il ne tut plus question de la Bibliothèque historique de la France. On croyait que je n'en relèverais pas, et l'on m'enterrait déjà sans façon avec le Père Lelong et Fevret de Fontette. Je partis pour l'Italie, afin de
100 MÉLANGES BIBLIOGRAPHIQLES.
rétablir ma santé, et j'y restai moribond pendant plus d'une année. Pendant ce temps-là, un maudit domestique, qui avait en horreur le papier noirci, jeta au feu toutes les notes que j'avais recueillies pour mon édition future de la Bibliothèque historique de la France. Dieu sait si je fulminai contre ce nouvel Érostrate !
« Monsieur fait beaucoup de bruit pour rien, me dit le bourreau. Je sais le respect que je dois aux manuscrits de Monsieur; mais c'était un tas de petits brimborions de papiers que le chiffonnier n'aurait pas même pris la peine de ramasser dans la rue ! »
LA r.OMECTlON JABACll