MÉLAXGES BIBLlOGilAPHlQLLS
deux frères Hérissanl. De là, une polémique un peu vive parfois dans les termes^ mais où la force de la conviction a produit seule cette vivacité, qu'on aurait tort d'imputer à un esprit systématique de dédain et de dénigrement. Personne plus que moi n'eslime, n'admire le prodigieux catalogue historique du père Lelong, mais je ne puis fermer les yeux sur les défauts et sur les négligences de ses continuateurs (qui n'avaient hérité ni de sa science universelle ni de sa laborieuse activité), surtout au moment où je demande s'il n'y a pas lieu de refaire et de compléter ce qu'ils ont fait. Est-il logique et opportun de s'extasier sur les beautés architecturales d'un édifice, quand on médite de le jeter par terre et de le reconstruire de fond en comble?
Avant donc de poursuivre cette critique, qu'on aurait tort d€ voir animée d'une partialité inintelligente, je dois déclarer que, tout en reconnaissant le mérite général des cinq volumes in-folio de la Bibliothèque historique de la Finance et en sachant gré aux éditeurs qui se sont succédé dans la rédaction de cette vaste bibliographie, je ne pense pas qu'ils aient fait un livre définitif. Les habiles et érudits bibliographes qui vivaient alors, les abbés Goujet, Saas, Sepher, Mercier de Saint-Léger, etc., ont peu contribué à cette édition, donnée à Paris loin des yeux de Fevret de Fontette. La partie qui appartient exclusivement à Fevret de Fontette, c'est-à-dire tout ce qui concerne la Bourgogne, est excellente et permet d'apprécier ce
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que pouvait êlrc le reste, si le gt^ographe Barbeau (le la Bruyère et le naturaliste Hérissant n'eussent pas été les principaux soutiens de cette œuvre gigantesque, très-précieuse pourtant malgré ses imperfections graves et multipliées. Mais telle est la condition de toute œuvre bibliographique qui s'améliore et se perfectionne lentement, en passant de main en main et d'édition en édition. Ainsi nous gardonsnous bien de refuser pleine et entière absolution aux éditeurs de la Bibliothèque hislorique, pour les fautes que nous signalons dans leur ouvrage, nous qui savons que la bibliographie est un pays toujours nouveau où Ton s'aperçoit sans cesse que des découvertes importantes restent encore à faire aux endroits mômes qui ont été le plus battus. Rappelons-nous que Mercier de Saint-Léger, s'étant avisé d'éplucher la Bibliographie instructive de Debure, trouva matière à quelques centaines de sévères critiques dans les cent premiers articles de ce livre, qui n'en est pas moins un des meilleurs traités de bibliographie usuelle que nous possédions avant le Manuel du libraire.
Je me bornerai maintenant, afin d'ajouter, s'il se peut, plus de raison et d'autorité à mon projet d'une Nouvelle Bibliothèque historique, je me bornerai à une critique toute dégagée des personnes, comme si Fevret de Fontette était là lui-même pour m'écouter et me juger, car je ne suis mû que par un seul intérêt, celui de la science, et je n'aspire qu'à un seul
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but, celui de mettre au profit de tous le bien que je me sens capable de faire dans l'exécution d'une idée liardle et libérale, que doivent certainement adopter les savants distingués qui sont appelés à la servir et à l'exécuter. Oublions quels furent les éditeurs de la Bibliothèque historique de la France^ et ne voyons que les erreurs de tout genre qui leur ont échappé. C'est ainsi que nous parviendrons à nous convaincre de l'inuiilité et de l'embarras des volumes supplémentaires pour un ouvrage déjà si volumineux et déjà embrouillé par deux Suppléments que l'on nommerait plus exactement des errata incomplets.
La critique est pénible pour un esprit juste et droit qui en use, à contre-cœur, dans la poursuite du mieux, cet horizon d'un état de choses trop souvent chimérique. Voilà pourquoi je vais abandonner le système de critique complexe que j'avais entamée dans mon premier Rapport, et désormais, au lieu de parcourir à vol d'oiseau les 50,000 numéros qui composent la Bibliothèque historique de la France, pour y glaner des omissions ou des fautes inséparables d'un ouvrage de celte nature ei quelquefois imperceptibles, au milieu de cet effrayant amas d'articles classés méthodiquement; au Heu de vous apprendre combien les anonymes et les pseudonymes ont été négligés, à une époque où l'on n'avait pas encore d'autre guide, sur ce point si important de l'histoire littéraire et bibliographique, que les essais informes de Piaccius et les catalogues de vente du libraire
Gabriel Martin ; au lieu de soutenir ce que j'ai avancé avec l'intention de le mettre en évidence, savoir que les éditeurs de la Bibliothèque historique se sont occupés assez légèrement des manuscrits, je passerai en revue toute une série d'articles qui se suivent et qui forment ensemble l'histoire d'un seul règne.
Je me flatte d'avoir quelque observation plus ou moins grave à consigner au-dessous de chacun d'eux, et ceux qui ne m'en fourniront aucune pourraient peut-être aussi y donner lieu, car je ne garderai le silence que sur des articles que je n'ai eu ni le loisir ni l'occasion d'examiner.
C'est un extrait de mes notes faites de longue main pour mon usage particulier, dans un temps où je travaillais, avec une émulation que je regrette, à cette Histoire du XV F siècle qu'un incendie et une faillite de libraire ont rejetée à son début dans le triste monde des projets interrompus, sinon avortés (1). Je ne fais que transcrire ces notes, relatives au règne de Louis XII, en les vérifiant, en les abrégeant, et j'ai soin de laisser de côté toutes celles qui regardent des diplômes, des lettres, des traités, en un mot des pièces isolées que les éditeurs de 1768-78 n'ont pas connues ou qu'ils ont dédaignées.
Je n'épuiserai pas non plus le chapitre des omis-
(l) Il n'en a élé publié que 4 Tolumes; le cinquième, en partie imprimé, a été détruit avec toute l'édi'^' dans l'incendie de la rue du Pot-de-Fer, en 1836; l'ouvrage devait former 24 "volumes in-8 =
sions, dans la crainte de mettre contre moi quelquesuns de ces Suppléments auxquels j'ai si franchement déclaré la guerre pour tout ouvrage bibliographique. Un Supplément ne doit être considéré que comme la pierre d'attente d'une nouvelle édition. Qu 'est-il resté de l'admirable Supplément de l'abbé Goujet au Dictionnaire de Moreri, dictionnaire qui n'avait conservé que le nom de son premier auteur en se métamorphosant à plusieurs reprises sous la main de différents éditeurs? Le bibliothécaire Drouet a refondu tous les Suppléments dans le corps du Dictionnaire, qui n'est plus estimé que dans la dernière édition de 17 59, en 10 volumes in-folio. Faisons une Nouvelle Bibliothèque historique de la France infiniment plus exacte et plus complète que les précédentes, mais ne lui ôtons pas les noms du père Lelong et de Fevret de Fontette, qui brilleront éternellement sur le frontispice du monument qu'ils ont fondé.
Je m'attache, sans transition, au règne de Louis XII, qui occupe, dans le tome II de l'ancienne Bibliothèque historique de la France^ 76 articles à partir dun*^ 1 7,409 jusqu'au n"" 17,4S;i inclusivement, et je ne quitterai Tordre chronologique de ces 76 articles que pour emprunter aux autres parties de la Bibliothèque un petit nombre d'articles qui ont trop de rapport avec le règne de Louis XII pour en être séparés. Puis, ces excursions de critique terminées, comme la nécessité d'une Nouvelle Bibliothèque historique de la France en ressortira naturellement, je développerai alors
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avec plus de force et de confiance le plan et la marche à suivre dans Tédiiion, véritablement corrigée et augmentée, que je propose au Comité des Chartes, Chroniques et Inscriptions, sous les auspices du ministre qui Ta constitué avec les plus libérales et les plus nobles intentions. Cette entreprise, j'en ai l'assurance, est digne, par son utilité et sa grandeur, de figurer entre la publication des Cartulaires, dirigée par M. Guérard, et celle des documents relatifs à l'histoire des Communes, dirigée par M. Amédée Thierry.
Règne de Louis XII depuis Van U98 jusqu'en Î5I5.
On désirerait ici des dates plus précises énonçant le jour de Tavénement et celui de la mort du roi. En outre, ce titre n'est pas rigoureusement exact, puisqu'il comprend plusieurs chroniques étrangères au règne de Louis XII, et seulement relatives à la jeunesse turbulente du duc d'Orléans, que la destinée ne semblait pas conduire au trône de France en le faisant passer par la défaite de Saint-Aubin-du- Cormier et par la prison de la grosse tour de Bourges.
N"17,i09 (1). Pourquoi cet ouvrage est-il marqué
(() En donnant seulement le numéro de chaque article, je me dispense ainsi de transcrire le texte même de cet article , ce qui me mènerait à réimprimer inulilement 4 ou 5 pages in-fol. Le lecteur voudra bien recourir à l'cdilion de Fevret de Fontette, que j'ai sous les yeux.
comme Ms, ? Plutôt que de citer sous le règne de Louis Xll un écrit royaliste du temps de la Ligue, dans lequel on établit la prééminence de la France sur l'Espagne par l'acte de foi et hommage que l'archiduc Philippe d'Autriche rendit en personne, pour les comtés de Flandres, Artois et Charolois, au chancelier de France Guy de Rochefort, représentant Louis Xll, à Arras, le 6 juillet 1499; ne convenait-il pas mieux d'indiquer l'original du procès-verbal de cet acte, qu'on trouverait sans doute en impression gothique, et qui d 'ailleurs existe en son entier dans plusieurs livres antérieurs à celui-ci, notamment dans lesAnnales de France^ par Belleforêt? Le procès-verbal du notaire Jean Amys est encore imprimé avec VHistoîre de Louis XII^ par Claude de Seyssel, édition in-4" de 1615, et dans le Cérémonial franço'is^ in-folio. Ces indications n'étaient pas tout à fait indifférentes.
N° 17,410. On eût été bien aise d'apprendre, en deux lignes, que Duchesne, qui faisait copier pour sa propre blibliothêque tout ce qu'il rencontrait de curieux et d'inédit dans les bibliothèques des savants de son temps, n'avait pas oublié de se procurer cette copie de la seconde partie du Ms. suivant.
N°17,4Î 1. Ce Ms., qui est conservé dans la Bibliothèqije du Roi sous le n® 149o, selon P. Labbe, p. 291 de sa Nouvelle Bibliothèque des manuscrits (c'est-à-dire Nova Bibîîotheca manuscriptorum librorum^sive spécimen antiquarum lecllonum^ in- i°, 1 653), porte à présent le n" 9707, Il contient deux parties
OU deux ouvrages, Tun en vers, les Alarmes de ilars^ sorte de poëmc dithyrambique sur l'expédition de Louis XH contre le duclié de Milan et l'usurpateur Ludovic Sforze, l'autre en prose, chronique divisée par chapitres et entremêlée de vers. Cette chronique, de même que les Alarmes de Mars, a été écrite par Jean d'Aulon, comme je crois ravoir suffisamment prouvé dans la préface de l'édition (Silvestre^ 1831- 1835, I vol. in-8^) que j'ai donnée de tous les écrits historiques de ce célèbre chroniqueur, qui a imité en même temps Froissart et Monstrelet, Molinet et Châtelain.
N° 17,412. Soupçonneraiî-on que ce titre français annonce une pièce latine ? Pourquoi n'avoir pas cité l'ancienne traduction qui se trouve dans les Additions de P. Desrey aux Chroniques de France, par Gaguin, et aux Chroniques de Monstrelet, et la moderne, qui est h sa place dans les recueils de Traités, publiés par Léonard, Bernard, Dumont, etc.?
N° 17, il 3. Cette chronique, qui a passé dans la Bibliothèque du Boi avec les mss. de Saint-Germaindes-Prés, et qui est cotée aujourd'hui 15i3 dans le Fonds provenant de cette abbaye, n'est autre que la seconde partie des Chroniques de Jean d'Auton, telle que nous l'avons imprimée dans notre édition, t. V^, p. 63 à 240. Ce beau manuscrit du temps, sur vélin, ne présente d'ailleurs aucune variante importante qui le fasse différer du Ms. de l'ancien Fonds, coté 9700, Ms. qui peut être regardé comme original,
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puisqu'il vient delà bibliothèque même de Louis Xli Un rapide examen du Ms. de Saint- Germain de> Prés eût permis de constater son identité avec celui de l'ancien Fonds, mentionné plus ba-^.
N*' 17,41 i, 11 fallait dire que le véritable nom de Tauteur italien est Sanuto et non pas Sanulis^ ainsi qu'on Ta baptisé dans la Table des Auteurs. En outre, il était bon d'ajouter que Muratori a mal à propos attribué cet opuscule anonyme à Marin Sanuto, qui a laissé un journal intitulé : De adventu Caroll régis Franciœ In Italiam adversus regnum NapoUtamm, anno 149i.Cejournal ou Diacre existe parmi lesMss. de la Bibliothèque du Roi.
N» 17,415. Ne devrait-on pas donner le titre dans son intégrité, en se réservant de le compléter entre parenthèses, de manière à servir à la fois l'historien et le bibliographe? Le jugement emprunté à Baillet sur le verbeux Faustus Andrelinus est fort juste, mais on pouvait encore l'abréger pour ne pas encourir le reproche de prolixité qu'on adresse à ce poète royal.
j\° 17,410. Denis Godefroy, qui a donné en 168i une seconde édition in-folio de VHistoire de Charles VIII par Guillaume de Jaligny, publiée pour la première fois in-i" par son père, Théodore Godefroy, en 1617, s'est abstenu d'y faire entrer celte lettre (car la description est une leitre), qui est absolument étrangère au règne de Charles YIll. 11 la réservait sans doute pour une Histoire de Louis. XII^
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contenant les historiens de ce rèj^nc et destinée à faire suite aux histoires in-folio des trois Charles et de Louis XI. La précieuse relation de Benedicti, chancelier de la république de Gènes, a été insérée dans les notes de VHisloire de Voriglne et des progrès de la monarchie françoise, par Guillaume Marcel, t. IV, pag. 223 et suiv. Les éditeurs de la Bibliothèque historique ont adopté le titre sous lequel Théodore Godefroy a rangé cette lettre dans la table des matières de son Histoire de Charles VIII^ au lieu de prendre le véritable titre, qui nous indique mieux la nature et le caractère élogieux de la pièce : Benedictus Portuensis ad elariim virum Bartholomœum Juslinianum^ de serenissimi IjUdovîcîXII^ Francoriim regis^ in iirhem Genuam adventû.
N<* 17,417. A coup sûr, les éditeurs ont vu cette Chronique seulement dans le catalogue des Mss. de Colbert, car le titre même inscrit sur le dos du volume, Généalogie des rois de France , eût suffi pour les avertir de vérifier ce que ce volume contenait. C'est une espèce de chronologie qui commence à la création du monde (« Vous devez sçavoir que Dieu feit et forma tout le monde et créa Adam et Eve,.. » ), et qui finit, en effet, à Fannée 150', comme le marque la Bibliothèque historique de la France; mais les cent feuillets dont elle se compose sont remplis par des miniatures grossièrement dessinées à la plume, plutôt que par des faits et des dates : on paraît avoir eu le dessein de faire un
6i MÉLANGES BIBLIOGRAPHIQUES,
abrégé chronologique de l'histoire de France, à la manière du Fasckulu&tonporum deWerncr Rolewinck, que rimprimerie avait déjà multiplié dans toutes les langues et sous tous les formats. Quant à ce qui concerne le règne de Louis Xll, ce sont trente lignes qui commencent ainsi : « Et ledit roy Loys Xll^ de ce non (s?c) fut sacré roy de France à Rains (sic) l'an 1498, et à son advènement et comraencem.entala luy en personne conquester la duché de Milan... » Voilà ce qu'on appelle une Chronique des rois de France jusqu^en 150G !
N'-' 17,418. Ce Recueil des choses mémorables, que possédait La Croix du Maine et dont aucun bibliographe n'a fait mention depuis, devrait être placé dans les Desiderata^ avec peu d'espoir de le retrouver jamais. Cependant, si l'on croyait devoir reproduire rindication de ce Ms. fournie par la Bibliothèque françoise^ de La Croix du Maine, il n'était pas inutile de conserver les deux orthographes du nom de l'auteur, à l'effet de favoriser la recherche qu'on voudrait faire de son Ms. : Boitvin ou Boyvin.
N« 17,419. Qu'est-ce que ce Trophée des François, par Symphorien Champier, imprimé à Lyon en 1507? Ce n'est pas sans quelque peine qu'on arrive à découvrir que le recueil de mélanges écrits en latin par cet auteur, et énumérés dans un long titre qui commence de la sorte : Sijmphoriani Champéril liber de quadruplici vita, etc., contient, entre autres opuscules philosophiques et historiques,
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Trophœum Gallonm^ quadruplicem eorumdem cornpleclens hisloriam, etc.
NO 1",420. Les éditeurs de la Bibliothèque hislorique de la France auraient pu facilement dévoiler Tanonyme du traducteur de Touvrage anglais d'Alexandre Gordon, puisqu'ils étaient contemporains de cette Histoire qui fit beaucoup de Ijruit et de scandale à son apparition. Ils eussent probablement confirmé un soupçon que nous tirons d'une analogie assez remarquable entre le nom de Pauteur et le pseudonyme de Chevalier Gordon de Percel^ pseudonyme que Lengiet-Dufresnoy avait pris à cette époque sur le titre de son traité De V usage des romans, et dans la dédicace de son édition des OEuvres de Clément Marot. On sait combien le malin abbé Lengiet-Dufresnoy se réjouissait de lancer dans le public ces ouvrages frappés au coin de sa causticité et de sa hardiesse en matière religieuse. Dans tous les cas, celte curieuse biographie de César Borgi? mériiaii les honneurs d'une noie et d'un renvoi aux journaux littéraires qui en ont parlé avec des opinions si diverses.
C'était au moins l'occasion de rassembler ici quelques indications de livres et de pièces concernant César Borgia, que Louis XII avait, pour ainsi dire, naturalisé Français en le créant duc de Valenti nois et en le pensionnant parmi les officiers de la maison du Roi.
Non-seulement on s'étonne de ne pas voir sa Vie,
bO MÉLANGES BlBLïOGRAPIIlÙLES
composée en italien par Tomaso Tomasi (c'est-à-dire le folliculaire GregorioLeti) et traduite en français par un anonyme, qui peut être le protestant Freschol ; i!on seulement on voudrait que mention eût été faite de l'entrée de César Borgia à Chinon le 18 octobre 1498, entrée décrite par Brantôme dans ses Hommes illustres étrangers, d'après un vieux discours en rime manuscrit; mais encore on ne conçoit pas pourquoi le D'arhim de Burchard, placé plus haut sous len" 1 7, 3 1^ 3 dans le Règne de Charles VIII, n'a point été rapporté de préférence au règne de Louis XII, puisque les manuscritsde.ee curieux journal finissent à l'année 1506 et ne remplissent pas moins de cinq volumes in-4'^, où Leibnitz a puisé seulement la matière d'un petit in-l° publié à Hanovre en 1696. Les éditeurs de la lihliothèqiie historique de la France, qui citent sous le n® 17,368 la savante dissertation dans laquelle Foncemagne examine les principaux iiiai/i^crits du Diarium, n'ont pas l'air de se douter que l'original soit plus étendu que Timprimé. Fevret de Fontette, membre de l'Académie des inscriptions, est coupable de n'avoir pas mieux consulté les Mémoires de cette savante Académie.
N^ 17,4'21. L'erreur de cet article est impardonnable, puisque le manuscrit qu'il indique est fort longuement décrit dans les Monuments de la monarchie françoise^ par Montfaucon, qui en a fait graver les admirables miniatures. Cette Histoire de Vexpédition faite sur les Génois, etc., par Jean des Marais, n'est
autre que le Voijage de Gênes, par Jean Marot, poëme historique plusieurs fois imprinié. Il eût été important de remarquer que la miniature, qui représente Louis XII entrant à cheval dans Gènes, constate un fait connu, que la tradition seule avait transmis et que les historiens ont, depuis Mézeray, enregistré sans en pouvoir signaler la source : dans cette miniature, Louis Xl{ est vêtu d'une cotfe d'armes semée d'abeilles volant autour de leur reine, avec cette devise célèbre : Non ulitur aculeo rex oui paremiis.
N° 17,42^2. Les éditeurs de \^ Bibliothèque historique de la France se sont trompés en disant que le troisième tome de la Chronique des gestes du roi Louis XIÎ, par Jean d'Auton, ne se trouve plus à la Bibliothèque du Roi. Ce volume, coté 8421, a été, il est vrai, maladroitement séparé des deux premiers tomes, cotés 9700 et 9701 dans le catalogue de l'ancien Fonds. Théodore Godefroy, qui a publié les années 1506 et 1507 de la Chronique, contenues dans ce volume, l'avait sans doute gardé longtemps dans son cabinet; mais le volume fut réintégré à la Bibliothèque du Roi, bien avant l'impression de la Bibliothèque historique de la France.
Quant aux trois, et non quatre^ années (1503, 1504 et 1505) de la Chronique, qui ne furent pas mises au jour par les Godefroy, Dreux du Radier en a fait un long extrait inséré dans sa Bibliothèque historique du Poitou, tome II, pages 30 et suivantes. Or, l'ouvrage de Dreux du Radier avait paru dès 1754,
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et les éditeurs de la Bibliothèque historique de la France n'ont pas eu connaissance, avant 1779, deTextrait donné par la Pribilothèque historique du Poitou, puisque le premier Supplément seul y renvoie le lecteur, sans lui apprendre toutefois que Dreux du Ra • dier s'est attaché à extraire la partie inédite du manuscrit de Jean d'Auton.
N° 17,423. Les notes de Théodore Godefroy, qui terminent ce volume formant deux parties, contiennent des éclaircissem.ents tirés des auteurs italiens. Il était nécessaire de reuiarquer que le texte de cette édition n'est pas conforme à celui du manuscrit, et que l'éditeur, en le rojeunissant suivant son système ordinaire, a supprimé des paragraphes et même des chapitres entiers
N'^ 17,424. Les éditeurs de la Bibliothèque historique de la France ne connaissaient pas la traduction française de ce discours, imprimé in-4° gothique,sans lieu ni date : La Harangue de Monseigneur de Lodève proposée devant notre saint père le Pape, translatée du latin en françogs nouvellement. Les bibliographes, égarés par le surnom de Monseigneur de Lodève.^ sous lequel est désigné Guillaume Briçonnet, évêque de Lodève, n'ont pas deviné l'identité du dis cours lalin avec cette harangue, que j'ai publiée d'après le manuscrit original sous le titre de Piemontranccs faites au pape Jules 11 pour le roi de France au roi des Romains., à la fin des Chroniques de Jean d'Auton. Les éditeurs de la Bibliothèque historique de
ia France auraient procédé plus bibliographiquement en transcrivant d'abord le titre exact de l'édition primitive du texte latin : Coram Julio secundo, maximo pontifice^ sacroque cardineo collegio, pro chrutianissîmo Francorum rege Ludovîco XII adversiis imjmdenlem et parmi consuUum cahmnlaloremApologia^ per rev. Gulielmum Brlconnelum. Lugduni, impensîs Vincentii de Porlonariis de Tridino, 1507, petit in-4'' de 20 ff.
NO 17,425. a Ce poënie est assez bien fait pour le temps auquel il a été composé. » Est-ce làuneBibliothèque historique ou bien un Cours de littérature? Le litre du poëme de Valerand de Varanis (Varanius), ou Varan, ou Yaranne, pouvait être plus fidèlement transcrit.
N« i7,426. Les éditeurs de là Bibliothèque historique de la France ont eu tort d'oublier le nom du libraire Guillaume Eustace, un des rivaux de Michel Lenoir et d'Antoine Vérard, qui donnèrent tant d'éclat à la librairie de Paris sous Louis XII. Ils n'eussent pas été taxés de prolixité, en disant que l'auteur était appelé Divry par quelques bibliographes et que son livre, dédié à Béraud Stuart, seigneur d'Aubigny, lieutenant du roi en Italie, devait être regardé comme une paraphrase et non une traduction littérale du poëme latin de Charles de Curres.
]\o5 17,427 et 17,428. Pourquoi avoir rangé deux éditions du même ouvrage sous deux numéros différents? On aurait donc consacré vingt ou trente articles
aux poëmes macaroniques d'Antoine d'Arène ou du Sablon,ou plutôt de la Sable, ainsi que le nomme La Croix du Maine, si l'on avait voulu décrire toutes les éditions : Antonii Arena jjrovinciaUs de Bragardississima villa de Soleris^ ad siios conipagnones studianîes, qui sunt depcrsona friantes bassas dansas in galanli slilo bisognatas; cum Guerra romana ad îongum sine reqiilre^ et cum Guerra neapoUtana, et cum Revolula genuensî^ etc.
IS° 17,430. Les éditeurs de la Bibliothèque historique de la France ont omis plusieurs petites pièces gothiques, du même genre que celle-ci, que nous ne sommes pas parvenus à découvrir; ce que nous n'attribuerons pourtant point à une inexactitude dans le litre. Nous citerons seulement, au nombre des pièces qui manquent ici : la Bataille et Vassault de Gênes ^ in- 4"; la Prise du Bastillon^ et réduction de Gênes, in-i- ,• VEnlréc du très-chrestien rog de France en la ville de Gênes, \\\~i°. Ces pièces volantes, que multipliaient à l'infini les imprimeries de Paris et des provinces, répandaient alors les nouvelles dans le peuple avec autant de rapidité que nos gazettes, mais souvent avec moins de véracité encore.
N° 17,133. Il était indispensable d'ajouter que ce poëme fait partie de la Chronique en prose du même auteur. Quant à la remarque sur le véritable nom de Jean d'Auton, qui s'écrivait aussi d'Anton (voyez la préface de mon édition), elle aurait pu s'appuyer sur une autorité plus ancienne que celle de La Croix du
Maine, sans prouver que Tune des deux orthographes fut plus correcte que Taulre, car les contemporains du poëte chroniqueur le nomment tantôt d^Anton et tantôt (VAiélon, selon la richesse de la rime, dans les vers qu'ils lui adressent. En outre, on a de la peine à reconnaître les Lpîlres familières du Traverseurdes voyes périlleuses, pseudonyme de Jehan Boucher, dans ce que les éditeurs appellent ses poésies. On aurait pu ajouter que VÊpilre anxRomains^ par J. dlvry (ou Divry), est ordinairement jointe à l'édition gothique de VExil de Gênes.
N« 17,434. Ce titre est défiguré, ou plutôt les éditeurs en ont forgé un, en Textrayant du titre général d\in volume de pièces relatives à la dignité des rois de France et à leur prééminence sur tous les souverains. Au reste, VEntrevue de Louis XII et de Ferdinand d^ Aragon fut réimprimée deux ans après dans la Chronique de Jean d'Auton, à la suite de THistoire de Cl. de Seyssel, publiée en 1615 par T. Godefroy.
No 1 7,436. La clarté historique demandait une note pour expliquer ce que l'écrivain italien entend par la guerre de C«??î6rrt^, c'est-à-dire celle qui fut déclarée aux Vénitiens par le roi de France, l'empereur Maximilieu, le pape Jules II et Ferdinand d'Aragon, coalisés dans le traité de Cambrai.
N° 17,437. L'observation de Lenglet-Dufresnoy (dans sa Méthode pour étudier F histoire) au sujet de la circonstance qui avait inspiré ce livre à l'abbé Dubos pendant laguerrede 1701,n'étaitpasàdédaigner,
ri MELANGES BIBLIOGRAl^HIQUES
puisqu'elle explique la tendance politique de Touvrage, dirigé contre les républiques belligérantes. On aurait pu rappeler ici que les détails les plus authentiques et les plus secrets sur cette ligue de Cambrai sont disséminés dans le précieux recueil publié par Jean Godefroy, en 1 712, sous le titre de : Lettres du roi Louis XII et du cardinal Georges d'Amhoise, avec plusieurs autres lettres^ mémoires^ etc., 4 vol. in-i2.
]S° 17,438. Pourquoi désigner comme manuscrit une impression gothique? Il fallait aussi mettre en garde les lecteurs contre les fautes qui altèrent le sens de cette édition et prévenir que la sommation^ ou déclaration de guerre aux Vénitiens, se trouve plus correctement publiée dans les recueils de Traités de Léonard, de Bernard, deDumont, etc.
N^ 17,411, Il serait presque impossible de deviner que cet opuscule, inscrit ici comme un ouvrage séparé, fait partie d'un recueil de mélanges que j'ai cité tout à l'heure à l'occasion de l'article 17,419.
N» 17,442. Le titre porte le Triomphe et non les Triomphes. On eût donné plus de valeur historique à cette relation, en ajoutant que l'auteur était présent à la bataille d'Agnadel. Cette guerre contre les Vénitiens avait été annoncée par une foule de pièces menaçantes, en prose et en vers, telles que : « la Cornai jylainte des Vénitiens; PArrest du roy des Romains tt donné au grant conseil de France; la Légende des ce Vénitiens^ ou aultrement la Chronique abrégée par « laquelle est démonstré le très-juste fondement de la
MELANGES BIBLIOGHAPUIQLES. id
et guerre contre eulx^ par Jean Lemaire de Belges; V rEntreprinse de Venise^ avecque les citez, chasteaulx, u forteresses et places que usurpent les Vénitiens^ des « roys^ princes et seigneurs chrestiens, par P. Grin- « gore, etc. » De toutes ces pièces si palpitantes de liaine et de vengeance, les éditeurs de la Bibliothèque historique de la France n'ont catalogué que le Libelle des cinq villes d^Italie centre Venise, par André de la Vigne, sous le n^ 1 l,AiA, sans y joindre la ballade du même poëte sur le tremblement de Venise. Cependant la Bibliothèque française de Tabbé Goujet, où sont analysés la plupart de ces pamphlets en vers, était antérieure à la seconde édition de la Bibliothèque historique de la France.
N*^ i7,i43. Encore un titre complètement changé, si on le compare à celui-ci : « V Excellence et la feli- « cité de la victoire que eust le très-chrestien roy de <x France Loys XII de ce nom^ dict Père du peuple, ft contre les Vénitiens, en milieu appelé Aignadel, près « la ville de Caravas, en la contrée de Giradade, au (( pays de Lombardie, l'an de grâce 1509, le 14* c( jour de may, composé par messire Cl. Seyssel, (( docteur en tous droicts^ esleu evesque de 3Iarc( seille, etc. » Cette fameuse bataille donna lieu à une grande quantité de pièces imprimées en caractères gothiques à Paris et ailleurs, pièces rares et curieuses qui accusent l'oubli des éditeurs de la Bibliothèque historique de la France. Il suffit d'en noter quelques-unes : « C'est la très-noble et très-excellente
(f victoire du roy Loysdouziesme; la bataille d'Agna- « del^ la prise de Vr'emone et de rartillerie, avec « l'envoi des estendards à Saint-Denis; Lettres du (( roy à la reine et au chancelier, envoyées du chan- « celier au président de Véchiquier de Normandie, « etc. »
N^ 17,445. Cette pièce est assurément la même que celle qui fait partie du second livre du Triomphe du très-chreslien roy de France..., par Symph.Cliampier, sous ce litre : « VOrdre du camp de Loys douziesme^ roy de France, en la bataille d'Agnadel.^ avec le nombre des gens d'armes et les noms des capitaines. »
N*^ 47,449. Théodore Godefroy, avant de donner une édition de Jean de Saint-Gelais, seigneur de Monllieu, d'après le manuscrit de la bibliothèque du baron Hoendorff, avait déjà publié des fragments de cette histoire, sans en nommer l'auteur, dans l'i/istoire de Charles VIII, par Guillaume de Jaligny, André de la Vigne et autres historiens de ce temps-là, 1617, et dans VHistoire de Louis XII, par CL de Seyssel, Jean d'Auton et autres auteurs contemporains, 1613. On ne connaît pas de manuscrit de cette chronique dans les bibliothèques de France, et aucune biographie ne fournit des renseignements sur l'auteur. La manière brusque dont finit Touvrage, dans la seule édition que nous en ayons, laisse croire que Godefroy ne Ta pas publié en entier.
No 17,450. Une note était nécessaire pour dire que ces Voyages^ malgré la fable allégorique et
mythologique qui les encadre, renferment des documents très-précieux pour Fhistoire et très-dignes de foi, puisque Jean Marot accompagnait, en qualité d'historiographe, Louis XII dans ses deux expéditions contre Gênes et Venise. Les éditeurs de la Bibliothèque historique de la France auraient dû citer de préférence les éditions originales.
N° 3:2, i59. Les éditeurs de la Bibliothèque historique de la France n'ont pas signalé une pièce originale, imprimée dans cette Histoire du cardinal d^Amboise^ d'après un manuscrit de la bibliothèque d'un sieur Durant, avocat du roi au présidial de Bourges.
C'est un mémoire écrit, de la main d'un domestique du cardinal , sous ce titre : S^ensuit la triomphante mort de M. Légat. L'abbé Le Gendre a produit le mémoire parmi les preuves de son Histoire du même cardinal ministre. On s'aperçoit aussi de l'absence d'une autre pièce du temps relative au cardinal : Les Faits et gestes de très-révérend père en Dieu M. le Légat., translatez de latin en {vers) françois par M^ Jean Divry^ bachelier en médecine^ selon le texte de Fauste Andrelin., petit in-8° gothique.
N" 17,452. Je suis très-porté à croire que ce Martin Dolet était père du. malheureux Etienne Dolet.
N° 17,453. N'était-il pas à propos de mentionner les principales pièces satiriques qui furent publiées en France contre le pape Jules II, sans doute par ordre secret du roi, telles que VEspoir de la paix faite à Vhonneur de tres-chrestien Loys^ XII^ de ce
nom (8 février 1510), par Gringore; la Chasse du cerf des cerfs (allusion au surnom des papes, servus servorum)^ par le même; la Moralité de Vhomme obstiné^ jointe au jeu du prince des Sots et Vihe-Sotte^ et jouée aux Halles le mardi-gras..., par le même, etc. Les éditeurs de la Bibliothèque historique de la France n'ont indiqué que le Blason du pape dans leur Supplément, tandis que la BibliotJtèque françoise de Tabbé Goujet leur offrait, entre autres opuscules marqués au cachet de Tépoque, VEpiHre d'Hector de Troie au roy Louis XII, par J. d'Auton, elVÉpistre responsive à Hector de Troye., par Jean Lemaire, dans laquelle Louis XII raconte à ce prétendu chef de la maison de France la bataille d'Agnadel et la perfidie du pape Jules, non sans faire appel à la mémoire des héros troyens, auxquels Jean Lemaire avait fait remonter l'origine de la monarchie française dans les Illustrations de la Gaule Belgique. Cette Épître d'Hector était déjà incorporée, en 17-25, dans VHistoire du XVI'' siècle., par le ministre David Durand, comme une piquante représentation de l'esprit et des mœurs de l'époque.
N° 17,459. Combien de pièces, de bulletins, de lettres, etc., sur la bataille de Ravennes! Les portefeuilles de Fontanieu, à la Bibliothèque du Roi, en contiennent seuls trois ou quatre qui ont échappé aux éditeurs de la Bibliothèque historique de la France.
W° 17,460. Le Breton Lesconvel, un des inventeurs du roman historique, faisait sortir les siens des
histoires de Varillas, mais ce n'est pas un motif suffisant pour donner accès dans la Dihliothèque historique de la France à des ouvrages de cette espèce.
N" 17,461. Les éditeurs de la Bibliothèque historique de la France n'ayant pu lire le nom de l'auteur de cet extrait dans la copie manuscrite deDuchesne, l'ont désigné seulement par son prénom Sime'on.
Voici le litre de ce fragment, qui est à la page 168, et non 169, du volume 59, et non 19, des Manuscrits de Duchesne : Extraits des Chroniques de France et de Bourgogne^ écrites par Frère Sime'on Le Couvreur, liseur en la sainte Théologie, prieur du couvent des Carmes d'Arras; mais ces extraits, resserrés dans deux feuillets, ne tiennent nullement au règne de Louis zKlI, puisqu'ils ne vont pas au delà de l'année 1470. 11 est vrai qu'ils sont suivis d'extraits delà Chronique (alors inédite) de Molinet, lesquels s'éten« dent jusqu'à l'année 150j inclusivement. La personne que Fevret de Fontetle avait chargée de l'examen de ces manuscrits a cru que les extraits des deux chroniques appartenaient à une seule et les a attribués naturellement à ce carme, qui vivait en effet environ Van 1312 (1).
(l) 31 ans se sont écoulés depuis que je cherchais ainsi à signaler les lacunes qui existent k chaque page dans la Blhlioihèque historique de la France^ et depuis 31 ans on a déjk mis au jour tant d'ouvrages anciens et nouveaux concernant le règne de Louis XII, que je devrais augmenter de moitié la liste des désidérala, qui manquent dans l'édition de Fevret de Fontclte et qui eussent aussi manqué dans la nouvelle édition qu'il était question de publier en 1838 !
Mais je m'arrête dans ce rapide aperçu de critique sommaire, quoique je n'aie pas encore examiné, en courant, la moitié des articles qui se rapportent au règne de Louis XII. Je ne continuerai donc pas même à énumérer les manuscrits que les éditeurs de la Bibliothèque historique de la France pouvaient encore ajouter à la bibliographie de cette époque, la plus pauvre en documents originaux et une des plus intéressantes de nos annales, puisqu'on sent germer en elle tout le XVI^ siècle. Je ne m'étendrai pas davantage sur les erreurs de mes devanciers, qui auraient probablement à relever celles que j'ai dû commettre en cherchant les leurs : il y aurait de racharnement à poursuivre ce procédé de dépréciation raisonnée et minutieuse, en faisant un corps compacte et effrayant de toutes les fautes qui se perdent et s'effacent dans l'ensemble de cet immense ouvrage, comme les flots de la mer. J'ai prétendu seulement faire toucher du doigt aux incrédules le côté faible de cette Bibliothèque historique de la France, qui a vieilli comme toute chose et qui a besoin d'être déchirée par lambeaux pour sortir de nos mains rajeunie et plus parfaite.
Ce ne sont pas des Suppléments partiels qui apporteraient remède à cette insuffisance et à cette imperfection générales : il faut que tout soit nouveau, l'œuvre comme les ouvriers ; il faut que la Bibliothè' que historique de la France devienne, par les efforts et les travaux de tous, l'unique trésor des chartes de notre histoire et serve de base solide aux créations
futures de la science historique. Si le père Lelong et Fevret de Fonteite vivaient aujourd'hui, en présence de cette émulation qui entraîne tous les esprits sérieux vers Tétude de l'histoire, ils seraient les premiers à remettre en question leur ouvrage et à le recommencer eux-mêmes, en avouant que nos intentions sont aussi généreuses et loyales que notre zèle est actif et courageux.