PRÉFACE
Puisque à présent le goût des autographes est de^ venu une science^ pourquoi n'aurait-il pas ses classiques?
Pourquoi n'honojerait-on pas ces hommes patients, déYoués, intelligents, érudits, désintéressés, qui recher** chent et conservent aux dépens de leur fortune tant de monuments précieux, intéressants pour Thistoire, générale ou particulière ?
Pour l'histoire générale, le profit n'est pas niable. Mais me niera-f-on davantage l'intérêt qui peut ressortir pour les lettres et pour leur histoire des mille renseignements épars dans les correspondances, dans les notes d'étude et dans ces manuscrits de premier jet, où se révèle, à travers les ralures, les corrections, les développements, la méthode de travail d'un grand écrivain ?
La physionomie même de l'écriture est-elle inutile à la connaissance intime de la pensée et des habitudes de l'esprit? Sans aller aussi loin que le magistrat qui se faisait fort de faire pendre un homme sur l'iàspection de sa signature, ne peut-on, sans péril pour sa réputation d'homme raisonnable, chercher, trouver des analogies entre le caractère de tel ou tel personnage et le dessin hâtif ou calme, régulier ou confus de son
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