CROSSES A DRAGONS DANS LA VOLUTE, LE NOEUD OU LA DOUILLE
ignorance pour se dispenser de remonter aux sources historiques. Il y a dans la disposition
qui se montre à nous quelque chose de trop compliqué et de trop peu naturel pour n’avoir pas eu sa raison positive, et 1 image se reproduit trop souvent pour que le sens précis n’ait pas été grave et populaire. Outre les crosses que nous allons produire , beaucoup d’autres monuments, a notre connaissance inédits, présentent la même singularité, et elle était assez répandue aux hautes époques pour que Théophile l’ait décrite dans sa Schedula (éd. de Lescalopier, p. 242)- Selon lui, un des ornements les plus goûtés dans l'orfèvrerie était les dracones concatenati collis et candis. Le vieil écrivain nous laisse ignorer s il
connaissait la signification du symbole; mais il sera, je pense, aisé de nous en rendre compte dans un travail spécial, où, réunissant un certain nombre de monuments figurés, nous pourrons avec plus d’avantage les rapprocher des textes.
Un des plus beaux specimens de la forme qui nous occupe est la crosse du musée d’Angers (fi g- 100), qui passe, mais évidemment à tort, pour avoir appartenu au bienheureux Robert d’Arbrissel. INons avons ici de nouveau sous les yeux la grande lutte entre le bien et le mal ; seulement, elle se continue sous de nouvelles images. Nous ne sommes plus au Calvaire où Satan est écrasé par la croix, nous sommes aux Cieux, où l’ange Lucifer est puni. Révolté contre le Créateur, il combat avec les siens les anges demeurés fidèles, et les deux chefs des armées célestes se mesurent. L’archange Michel a le cri de l’adoration pour cri de ralliement: Qais ut Dais? A ce nom de Dieu il triomphe, elles rebelles sont transformés d’anges en démons. Quelle forme l’art chrétien pouvait-il donner à ces dénions, sinon celle qu’ils choisirent eux-mêmes pour tenter les premiers humains, celle