XII
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
ouvrage du siècle précédent. De telles rencontres sont de. celles que le hasard ne fait pas. En voyant sur la crosse de Hanovre une tête de serpent sortir d’une tige feuillngée,
nous avions un motif fondé de prendre cette tige pour l’arbre du fruit défendu, ici pour appuyer la même pensée, nous aurions à faire un rapprochement d’un autre ordre, celui de la croix, l’arbre au fruit divin qui rend la vie à ceux que le fruit défendu a fait périr. Medelam ferret itide liostis unde lœsernt. Derrière la scène du crucifiement la Vierge Mcre offre son Fils à l’adoration du monde et deux anges l’accompagnent le cierge à la main comme des acolytes aux pieds de l’autel. Un troisième ange soutient, agenouillé, l’extrémité des branches.
Par une curieuse rencontre il existe au Musée de Cluny une autre volute d ivoire absolument pareille à celle-ci, sauf le faire de 1 artiste. L’une est nécessairement une copie de l'autre. La copie, si je ne me trompe, est la volute de Cluny, car tandis que celle de Metz sent franchement son moyen âge, l’autre fait penser à une main italienne et annonce la venue d’un art nouveau. On trouvera sur la planche XIX la face qui permet de compléter la volute précédente. Au centre la Vierge Mère et reine porte glorieuse les trois signes de son incomparable grandeur ; la fleur de sa pureté immaculée, le fruit béni qui loin de flétrir a embelli sa fleur et la couronne qui a consommé ses privilèges en couronnant ses vertus.Vous remarquerez entre les mains de l’Enfant Jésus la colombe image de lame humaine qui ne saurait trouver de repos qu’en son Dieu. En la caressant, l’Enfant regarde sa Mère, comme pour montrer sa conquête et appeler sur elle un sourire. L’ivoire est soutenu par une
Fig. 139.
monture en métal dont les crossettes sont du meilleur style.