CROSSES A SUJET DE PIÉTÉ
Le tableau que nous venons de décrire devait sourire à la piété. Nous le retrouvons presque semblable sur d’autres ivoires, par exemple sur celui-ci de l’église d’ÏIildesheim ( fuj . i/jo), ou l’ange inférieur, au lieu de soutenir la scène, porte en triomphe la pomme fatale dont le mal est
réparé. Ici la tige seule est en ivoire : œuvre de travail antique et souvenir sans doute de quelque illustre nom, elle a été enchâssée au XVe siècle dans une monture en argent doré.
C'est encore comme un monument réunissant deux époques que je produis la crosse suivante (fig. i40 de la collection Lambert, dans le Musée de Lyon. Il est aisé de voir que la pomme est un ouvrage roman du XIIe siècle. D’un côté Jésus-Christ, sur son trône, est entouré des quatre Evangélistes ayant pour têtes celles des animaux symboliques, et derrière, la Sainte-Vierge est avec son divin Fils dans une gloire portée par deux anges. Entre les deux scènes se tiennent debout des séraphins aux six ailes. On lit au-dessus des quatre anges les noms de michael : uriel : Gabriel : rapiiael; les noms des Évangélistes sont écrits aussi
MELANGES D’ARCHÉOLOGIE
au-dessus de leur tête : MATHEUS :