‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (volume 2)Chapitre 22 sur 139 · LE MILES ET LA PRÊTRESSE · texte numérisé non relu

LE MILES ET LA PRÊTRESSE

de Cotytto n’accompagne-t-il plus son protégé et comment est-il remplacé par une prêtresse? Dans les rites grecs et romains, une telle confusion serait tout à fait insolite. Aussi s’agit-il de mystères orientaux. Or, dans ceux de la grande Déesse de Phrygie, les cérémonies avaient précisément cela de remarquable quelles s accomplissaient par le ministère uni d’un prêtre et d’une prêtresse. Nous apprenons ce fait par un précieux passage de Denys d’Halicarnasse '. Ce double mystère donné, on conçoit sans peine que, dans les fonctions de l’initiation, l’enseignement appartînt au prêtre, et que l’acte de consécration à une divinité de forme féminine fût réservé à la prêtresse. Celle-ci est couronnée de feuilles, peut-être de ces feuilles d’amandier qui rappellent Attis et Agdestis. Un genou en terre et la main gauche étendue, elle semble prononcer la formule que doit répéter l’adepte, agenouillé derrière elle. On trouve sur les bas-reliefs mithriaques des détails qui rappellent l’attitude de nos deux personnages. Le mythe se montre a genoux devant le Gorotman, quelquefois seul, et quelquefois dans la compagnie d’un jeune homme couvert du bonnet phrygien, et que M. Lajard croit être Mithras ou Yamker , l’assesseur de Mithras. Celui-ci semble montrer à son' élève, par un geste assez semblable à celui de notre prêtresse, le séjour de la félicité future. Ici, l’adepte est armé de toutes pièces et tient l’épée dégainée, comme pour le combat, ainsi qu’il convenait au miles par excellence. Mais il a les pieds nus, ainsi que la prêtresse. C’était les pieds nus que l’on suivait dans les rues les processions de la Cérès, que Callimaque prend pour la grande déesse , la reine des dieux 2 : ainsi suivait-on surtout les images de la déesse de Phrygie ( Prudent, Peristeph ., X, i 56) :

Nudare plantas ante carpentum scio Proceres togatos matris Idææ sacris.

Lapis nigellus evehendus essedo.

Muliebris oris clausus argento sedet,

Quem dum ad lavacrum præundo ducitis,

Pedes remotis atterentes calceis,

Almonis usque pervenitis rivulum.

Après avoir étudié le premier et le dernier des trois tableaux peints sous la voûte, nous laisserons un moment de côté la scène centrale, pour examiner celle que Ion a peinte sur la paroi verticale du fond.

1 His. Rom., II, c. 19, àvYjp <ppù£ xat yxt'jh ypvyta.

leparai Si avro; (ô:â; tppvytaçj

2 'Tfxv. à; ArlfiYjrpav. 125, 126. (Cf. Spanheim I. c.)

' Qç S’àiriStkwTOi xai àvâjjinuxz; aerv iztxTtZfitç " Q; îrô'îaç, w; Xs-tpaXàç ■jravotinipEaî ait!.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

Page 1