‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (volume 2)Chapitre 23 sur 139 · LES DEUX GÉNIES · texte numérisé non relu

LES DEUX GÉNIES

Simple en apparence, la scène du fond est réellement assez compliquée. Deux petits Génies appartenant, ce semble, aux deux sexes, s’avancent des deux côtés d’une sorte d’entrée, en tenant à la main des plantes mystiques et montrent avec un visible intérêt, sur l’architrave de la porte, douze feuilles de laurier inclinées les unes vers les autres. Il est impossible de n’être pas ici frappé de l'analogie de ces jeunes Génies avec ceux également des deux sexes qui figurent dans le culte de l’Astarté babylonienne et syrienne. L’auteur des recherches sur le culte de Vénus en a produit beaucoup d’exemples ( Acad . d. Jnscr ., t. XV, p. 290), et l’on sait, d’ailleurs, que l'Orient en attribuait deux semblables à chaque planète. Quant aux douze feuilles penchées vers le centre, six d’un côté et six de l’autre, il eût peut-être été difficile d’en dire quelque chose de positif, sans un rapprochement tiré d’un basrelief mithriaque (pl. XC), où le même nombre se retrouve dans la représentation des douze signes du zodiaque. Il résulte pour moi de cette observation que très-probablement notre porte peinte est l’image de l’antre mithriaque. Nos deux Génies remplaceraient les deux lampadophores qui assistent ordinairement au sacrifice de Mithras. Us tiennent, en effet, leurs branches sacrées comme les lampadophores tiennent leurs flambeaux, l’un élevé vers le ciel, l’autre abaissé vers la terre. Les lampadophores sont tous deux sans ailes ; mais

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