‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (volume 2)Chapitre 51 sur 139 · ORNEMENTS DES VITRAUX PEINTS · texte numérisé non relu

ORNEMENTS DES VITRAUX PEINTS

téressant de rapprocher des premiers, ne sont que des spécimens d’une collection nombreuse que nous nous promettons d’offrir prochainement au public, dans 1 intérêt de notre art chrétien renaissant.

La planche IX offre des intérieurs de pilastres appartenant à la porte extérieure du transept septentrional, dans la cathédrale de Bâle, travail du xi' siècle. On trouvera dans la planche X de nouveaux intérieurs de pilastres, dessinés à Arles, dans le cloître de Saint-Trophime; je les attribue aux dernières années du XIIe siècle.

J’ai recueilli au bord de la planche X et dans la planche XI, un choix de tailloirs, d’archivoltes ou de corniches fleuries, modèle pour la plupart de la belle ornementation du style ogival primitif, en vigueur sous Philippe-Auguste et jusqu’à la première croisade de saint Louis. L’ornement A de la planche X rappelle seul le roman. Je l’ai pris sur un tailloir de chapiteau dans le Musée de Toulouse. Les autres ornements proviennent de Strasbourg, de Vezelai, de Laon, de Cluny et d’Angers. •

Les trois dernières planches XII, XIII et XIV produisent des clefs de voûtes du xme siècle, prises à la cathédrale du Mans, à S. Gatien et à S. Julien de Tours. Le trop petit nombre d’ornements qu’il nous a été donné de réunir dans toutes ces planches suffira pour faire suivre, dans leur marche parallèle, la peinture et la sculpture d ornementation. Si nous devons surtout à la peinture sur verre de connaître, dans leur étendue, les ressources de l’art ogival, ce

n’est pas, on peut en juger, que ses produits soient en eux-mêmes supérieurs à ceux de la sculpture, mais uniquement à cause du développement de ses œuvres, de la variété et du jeu des compartiments, du système des fonds en mosaïque ou en grisaille, et enfin, du prestige de la couleur. Plus les trésors de beauté de notre ancien art seront connus et compris, plus on sentira en Europe le besoin de régénérer, en puisant à cette source, l’art religieux abâtardi. Il n’en est pas de l’architecture comme de la peinture ou de la sculpture, qui ont un type immuable dans la nature vivante. L’architecture, de toute nécessité, s’appuie sur des conventions en même temps que sur des nécessités et des convenances ; rompre avec le passé lui est impossible. C’est là quelle prend inévitablement son point d’appui pour avancer, c’est-à-dire, pour obéir à la loi de l’activité humaine, qui veut que chaque génération soit elle-même et produise dans ses édifices une expression de son savoir et de ses tendances. Au lieu de demander ce point d’appui à des civilisations, brillantes sans doute, mais de principes si différents de la nôtre, n’est-il pas raisonnable de le choisir de préférence sur notre sol national, dans notre histoire chrétienne, au moment où notre race a fait de plus grandes choses dans le monde"? Je parle d’un point d’appui ou point de départ; car je ne suppose pas que l’imagination poétique entende laisser couper ses ailes et s’emprisonner à jamais dans une forme donnée. Si le beau absolu est immuable comme le vrai, le

beau relatif est soumis aux transformations du temps, des pensées et des goûts. Diriger ces IV. 13

transformations est chose possible et désirable, les empêcher ne se peut ; mais on peut les prévoir, car elles suivent le développement moral des peuples. Que le respect des vérités religieuses, que l’amour du bien, remportent dans la lutte qui se poursuit au milieu de nos sociétés modernes, entre des principes opposés, l’art, l’art religieux surtout, resplendira de nouveau, comme la nature ranimée par la sève du printemps. Le triomphe du mal consommerait 1 appauvrissement des esprits et la stérilité de leurs œuvres.

Arthur Martin.

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