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M. Lenormant voit sur les épaules du Miles une armure grecque ou romaine : je regrette d’ignorer ce qu il trouve à répondre aux observations de la note 3, p. 36. Le seul monument que l’on puisse comparer aux nôtres est le sépulcre des Nasons, aussi l’ai-je cité, en faisant, toutefois, sentir une différence fondamentale. Car si les costumes et les scènes dans l’histoire psychique de Vibia sont également étrangers au génie oriental, ces mêmes scènes, il est essentiel de ne pas le perdre de vue, sont subordonnées à la présence du prêtre de Sabasius et de ses collègues vêtus à l’orientale. Qu’en conclure, sinon, comme je l’ai fait, qu’il s’agit, dans le premier tombeau aussi bien que dans le suivant, d’une œuvre de syncrétisme, c’est-à-dire , de cultes asiatiques transportés sur le sol romain et transformés dans un nouveau milieu. Je ne m’arrête pas sur l’idée du baptême et de l’eucharistie, qui s'évanouiront à une seconde inspection du monument.
Ln général, si nous ne trouvons ici de mithriaque que le nom, n oublions pas que Mithras est ici, aussi bien que la déesse de la Nature, entre les mains de prêtres phrygiens, adorateurs avant tout du Phrygien Sabazius qui rappelait le soleil comme le faisait Mithras, mais dont le culte renfermait d’autres cérémonies et d’autres croyances. Et, de lait, depuis Hérodote, ainsi que je l’ai exposé, Mithras se confondait avec Vénuset celle-ci avec la Mère céleste, la Cybèle, l’As ta r té, de sorte que saint Ambroise pouvait encore dire de son temps (1. V, Epist. 3i , ad Valentin . Aug .) .Quant Cœlesteni AJ ri, Milltram Persce, plerique Venerem coluut pro diversitâte nominis, non pro numinis varietate! Cependant les monuments mithriaques n ont pas encore offert, avant le nôtre, la déesse Vénus à la place de Yinvincible Mithras. La seule singularité d’un fait n’est pas une raison suffisante pour rejeter une explication naturelle, alors que le fait en question s’appuie sur de nombreux témoignages historiques à défaut des monuments figurés. Je ne vois pas non plus que j’aie quelque motif d’expliquer, autrement (pie je l’ai fait, la posture de la Vénus, attitude qu’il est impossible de prendre pour un simple caprice d’artiste, lorsque toutes les scènes environnantes indiquent un rite religieux, et que les quatre éléments rassemblés concourent à supposer la représentation d’un type solennel. Plus j étudié, plus je trouve de preuves de l’impudicité adorée par les Phrygiens. Je citerai de nouveau saint Ambroise ( 1. I de Virginitate ): Quid de sacris plirygiis loquar in quibus impudicitia disciplina est, algue utinam sexus fragilioris! Comment aussi ne pas trouver un frappant rapport entre le Miles et la Vénus impudique, quand je lis dans Arnobe (Adv. nat. !.. I, v. 7 ed. Hildebrand): Militaris Venus castrensibus flagiliis prœsidet et puerorum stupris.
Je ne veux pas revenir sur le sujet lui-même, puisque ma thèse n’a pas encore été précisément attaquée, et je me borne à ces quelques observations soit pour me conformer à l’usage, soit pour diminuer le préjudice que pourrait apporter à mon humble travail la haute autorité de notre savant ami.
Raphaël Garrucci, S. J
DES CROSSES PASTORALES
On désigne sous le nom de crosse pastorale le baculus porté par les dignitaires ecclésiastiques comme un insigne de leur puissance spirituelle, quelles que soient d’ailleurs sa forme et sa matière ; mais on ne comprend pas les simples hâtons d'honneur, tels que celui de grand chantre, et moins encore ceux qui n’indiquent qu’un pouvoir purement temporel.
Nous traiterons d’abord du droit de porter la crosse, puis des substances employées dans leur confection, de leur forme, de leurs ornements aux diverses époques, de leur signification symbolique, de leurs divers noms et de leur origine.