‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (volume 2)Chapitre 66 sur 139 · LETTRE DU P. GARRUCCI AU MÊME · texte numérisé non relu

LETTRE DU P. GARRUCCI AU MÊME

Une communication de M. Lcnormant, eût-elle pour objet d’établir quelque dissidence d’opinion, est toujours une bonne fortune pour les Mélanges, arène ouverte aux sincères recherches de l’inconnu dans la sphère archéologique. Comment la science n’aurait-elle pas à

INSCRIPTION Ll’AUTUN.

gagner dans le débat particulier oii se trouvent en présence deux de ses représentants les plus accrédités en Europe? Auprès deux, il nous siérait mal d'exposer nos propres convictions, mais le P. Garrucci, auquel j’ai dû communiquer une analyse de la lettre précédente, m’envoie de Bénévent, pour sa défense, quelques courtes observations que je ne puis me dispenser de faire connaître. Arthur Martin, S. J.

Bénévent, 25 février 1855.

D’après ce que vous me mandez, les doutes de notre savant ami tombent d’abord sur l'exactitude de mes dessins, puis sur l’origine des peintures, ouvrage qu’il croit pouvoir attribuer soit à des gnostiques, soit à des chrétiens imprudents ou timides. Pour les dessins, je ne puis que redire qu’ils sont l’œuvre d’un artiste de beaucoup d’expérience, le chevalier Ruspi, dirigé dans sa difficile étude, par le P. Marcbi, par le chevalier de Rossi et par moi. Quant à l’origine de nos peintures, M. Eenormant estime que j’ai fortement ébranlé ma thèse en entrevoyant dans 1 Angélus bonus et le mevpaxiMç yapôç des emprunts faits au christianisme. Je réponds que f Angélus bonus peut parfaitement s’expliquer en dehors des idées chrétiennes, bien que je me sois trouvé porté à y soupçonner leur influence, et j’ajoute que Carpocrate et Marc ont pu puiser dans le paganisme, et surtout dans leur propre corruption, leurs représentations des noces spirituelles. Ni l’une ni l’autre de ces expressions ne suffisent à établir une origine gnostique. Saint Irénée a jeté trop de lumière sur cette secte pour qu’il nous soit possible de la retrouver ici.

Un mot seulement sur quelques détails. Si je n’ai pas donné à Prétextât le titre de saint, c’est que tel est de vieille date l’usage romain : Prétextât est un personnage dont on ne connaît que le nom. Mon illustre ami pense que j’aurais pu me rappeler la figure décidément féminine des trois Parques sur une médaille d’or de Domitien ; mais, vraiment, mon but ne pouvait être de reproduire les notions vulgaires touchant les trois Parques; j’avais seulement à appeler l’attention sur un fait singulier, celui d’une figure virile entre deux figures de femmes, sous l’inscription fata divina. Autrement, j’aurais eu à citer un monument non moins remarquable que la médaille de Dioclétien , c’est-à-dire, 1 inscription de Valence, publiée par Masdeu. (Hist. critica de Espana , Madrid, 1789. T. V, g.) On y lit au-dessous de trois figures de femmes en relief :

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