‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (volume 2)Chapitre 97 sur 139 · GROSSES A SERPENT LA GUEULE VIDE · texte numérisé non relu

GROSSES A SERPENT LA GUEULE VIDE

ligures ou les vices, représentés d’abord par des hommes, le sont par des bêtes, comme dans la crosse de saint Trophime, pour que la laideur physique serve à rendre la laideur morale. Nous finissons ici la description du monument par où devait commencer l’enseignement du pasteur. L’homme, avant que la grâce divine l’ait régénéré, est pour saint Paul Yanimalis homo (I Cor., Il, i 4) dans le sens qui avait fait dire au prophète : Cuin in honore essei non intellexit, comparntus est jumentis insipientibus et similis foetus est illis ( /b. XLYlll, i3). Le Sauveur luimême appelait Ilérode un renard (Luc, XIII, 3a) et les Pharisiens une race de vipères (. Matth XII, 34 et XXIII, 33), Otez Dieu du cœur humain, l’être qui tient par sa nature de l’ange et de la bête concentre dès lors sa vie dans ses instincts inférieurs, et ne diffère plus, pour ainsi dire, de l’animal que par le crime qui s’attache à sa dégradation. A ces hommes avilis la prédication évangélique enseigne le combat contre les passions stimulées par l’enfer, combat qui se présentait naturellement à l’imagination de Prudence ( Psychomachia , ed. Avevalo, t. II, 587) sous la forme de ceux des gladiateurs, délices de la société de son temps; c’étaient des luttes corps à corps, où le salut de l’un était la mort de l’autre, dubia sub sorte duelli (p. 58q). Aux combattants victorieux Dieu promet la couronne : Esto fidelis... et dabo tibi coronam vitœ (Apoc., II, 1 o) ; cette couronne est symbolisée par celle de David. Au delà des hideuses figures de reptiles se montre béante la gueule du serpent : les vices étaient ses œuvres : ex pâtre diabolo Job., VIII, 44)> leur défaite est donc la sienne, et désormais sa haine contre les saints s’exhalera impuissante.

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