ÉTOFFÉS HISTORIÉES. (PL XV, XVI, XVII
Deux ornements brodés, de la pl. XVII, sont empruntés à un orfroi de Ratisbonne, dont je donne ici au trait la partie supérieure. La longueur totale est de 1,51 cent., et la largeur de 0, "20. Comme ces deux bandes, grossièrement cousues ensemble dans leur longueur, étaient primitivement séparées, je pense qu'elles formaient une étole plutôt qu’un ornement de chasuble. Ceux-ci pourtant ont souvent été fort étroits, surtout dans les premiers temps de l’époque romane. Quoi qu’il en soit, le travail que nous avons sous les yeux nous donne une parfaite idée de l’exubérance du luxe bysantin. L’architecture se profile en perles fines, sur des fonds brodés à grands points en soie rouge épaisse. De pareilles files de perles dessinent les plis des vêtements, dont les pleins sont formés de sillons en or. 11 n’y a de soie que dans les chairs.
Nous aurons l’occasion de produire plus tard d’autres broderies bysantines où les froides rangées de perles sont remplacées sur l’or, avec avantage, par des lignes en soie de différentes couleurs, pour tracer et diversifier les vêtements. Ce dernier système, suivi sur une étole bysantine de grand prix, conservée à Aix-la-Chapelle, prévalut dans notre occident, et fit fortune au treizième siècle; date, selon nous, du rational de Ratisbonne, que nous publierons un jour, et de l’orfroi de la chasuble attribuée à S. Dominique, dont nous parlerons tout à l’heure.
Voici l’ordre des inscriptions :
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