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X. Fonds N.-D., 273 bis (A0 mcclxvii

Y. Fonds Saint-Germain, franç., 1985 (A0 mcccxxxviii0).

Z. Mss. franc., 7534 ; fol. cclij, v°, etc. (premières années du quatorzième siècle). Ce dernier est le seul (entre les quatre exemplaires cités du Bestiaire rimé) où chaque article soit accompagné de miniatures ; et comme elles ont peu d’importance, la gravure n’en reproduira qu’un choix assez restreint. Les peintures de P. et celles d’un manuscrit de la Bibliothèque du roi (S. F,, 632 25) qui n’a point servi pour le collationnement, ont seules paru dignes d’être données presque en totalité. Treize planches, sans compter les gravures sur bois, c’est un contingent bien passable.

Toutes les autres désignations p.ar lettres capitales seront de simples abréviations faciles à traduire, et dont le sens sera donné quand l’occasion d’en faire usage se présentera (T. ms. île Tolède, etc.),

La ponctuation et la coupe des mots ne seront pas transportées scrupuleusement dans l’imprimé !; mais l’orthographe a été assez exactement suivie ; bien que, sans doute, l’habitude eût donné plus de fixité à un paléographe de profession. Ceux qui savent ce que c’est que la recension des manuscrits seront probablement les moins sévères ; et pourquoi se mettrait-on en peine des autres juges? Comme du reste les gens du métier eux-mêmes ne sont point totalement d’accord entre eux aujourd’hui sur le degré d’asservissement auquel doit se ré-

1 Nul ne regrettera sans doute de ne pas trouver exacte- aspido. Testuüo cœcus ergo. est magna habens. super

ment reproduites une foule de curiosités semblables à inde corium , etc. (...quæ dicitur aspido-testudo. Cetus ergo est

uteio nomio (in Deuteronomio), inquidanima liasunt (...in- magna, habens super corium) ; etc., etc. Voilà ce que je me quit, animalia sunt), necor distui (ne cordis tui), quæ dicitur suis permis de changer. Est-ce un grand délit?

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

duire un éditeur de vieux textes , le parti mitoyen a droit d’attendre de l’indulgence. A qui accorde que les Baluze et les Sirmond n’ont pas été des éditeurs absolument parfaits, on permettra de croire aussi que ce n’étaient pas non plus des apprentis dont toute la manière soit à changer de fond en comble. Que cela suffise. 11 y aura certainement des hommes qui trouveront que je n’en ai point fait assez, et d’autres qui jugeront que j’en ai fait trop; je m’y attends et in’v résigne : de plus habiles n’ont pas eu le bonheur de contenter tout le monde.

Les leçons que je parais adopter, pour ne les avoir point rejetées dans les notes, forment une sorte de pastiche composé de phrases prises aux diverses sources où je puisais, mais déterminé bien plutôt par le désir de faciliter les indications de variantes que par le choix d’un texte préférablement à tout autre. Je dispose les pièces du procès comme je l’entends, mais le jugement demeure réservé à qui il appartiendra.

J’insère dans le texte latin l’indication des passages puisés dans l’Écriture sainte, et je souligne les paroles qui lui sont empruntées. Pour le français, je prends la liberté d’ajouter des accents, des trémas et des cédilles. Partout je ponctue comme le sens me paraissait l’exiger, et je substitue çà et là notre j [i long, ou i consonne ) à l’i simple qui régnait seul. Tout cela, quelque peu que ce soit, ne laisse pas de former une sorte de glose, et il n’y en aura point d’autre b Cependant pour les mots du vieux langage français qui sont tombés en désuétude, ou dont l’acception a changé avec le temps, quelques indications de mots semblables, encore en usage dans les langues voisines de la nôtre, pourront aider à reconnaître le vrai sens. Ces rapprochements ne veulent point dire ni que le français se soit formé de l’italien, de l’espagnol, de l’allemand actuel, etc., ni que ces langues soient sorties de la nôtre; ces divers idiomes 'ont puisé jadis à des sources communes, et chacun d’eux ne s’explique complètement que par le recours a son origine ou aux dérivés qui la représentent. Quantité d’expressions, expliquées ou non par les lexiques, s’interprètent beaucoup mieux par cette voie, si je ne me trompe, que par toutes les définitions et circonlocutions des lexicographes ou des étymologistes (du moins de ceux que nous avons en France jusqu’à ce jour). Dans ces indications, ce qui sera désigné comme latin sera souvent de la basse latinité ; on le devine aisément d’avance.

Le Physiologus, en dépit de la flétrissure que lui avait imprimée le décret de S. Gélase, se maintint, ou se releva plus tard avec quelque honneur, et ne commença peut-être à déchoir dans nos contrées que vers la fin du douzième siècle, quand l’insertion de ce décret dans la compilation de Gratien1 2 répandit avec un caractère officiel la connaissance de cette réproba-

1 1l eût été plus sévère d’exclure absolument les signes or-

thographiques modernes, dont l’emploi est pour le moins arbitraire dans un texte ancien. Mais tous ceux que celte publication peut intéresser sont-ils familiarisés avec notre vieil idiome Je crois que non ; et c’est pourquoi j’ai adopté non seulement bien des signes modernes, mais aussi plusieurs

moyens d’interprétation qui seraient inutiles pour des hommes habitués aux anciens monuments de notre langue.

2 Dist. xv, c. Sancta R. ecclesia. C’est aussi avant cette époque que se rencontrent souvent dans les écrivains ecclésiastiques du moyen âge des emprunts faits aux livres apocryphes signalés par ce canon. A partir du treizième siècle ces

BESTIAIRES, AVAST-PROPOS.

tion. C’est du reste précisément l’époque où nous voyons les données du Bestiaire perdre du terrain dans la sculpture des églisés, et des remaniements de l’œuvre primitive chercher à la supplanter ou à modifier son enseignement. Jusque-là, frappé en vain par une sentence qui pouvait passer pour non promulguée, déjà môme purgé peut-être de quelques-unes des doctrines dangereuses qui s’y étaient glissées dès l’origine1, il obtint assez de crédit pour rencontrer des interprètes qui le firent passer de bonne heure dans les langues vulgaires. L’Allemagne devait nous précéder dans cette œuvre de popularisation, parceque ses diverses tribus, auxquelles leur idiome rendait le latin moins accessible, éprouvaient le besoin de parvenir aux connaissances répandues par le christianisme, sans avoir à passer par l’étude des langues. Aussi voyons-nous les dialectes germaniques se plier promptement à toutes sortes de formes sous l’influence de l’Église2, lorsque les nations du midi n’étaient guère occupées encore qu’à percer et à rompre l’écorce latine pour s’en approprier les débris transformés. Nous trouvons des traductions allemandes du Physiologus dès le onzième siècle; et ces versions, en quelque sorte prématurées, doivent d’autant moins nous surprendre que c’est là précisément l’époque ‘où la sculpture paraît s’être inspirée davantage du Bestiaire. Chez nous, la plus ancienne version du Physiologus qui soit connue est en vers, et a pour auteur Philippe de Thaun, trouvère normand des premières années du douzième siècle. Quelque cent ans plus tard, un autre trouvère normand, Guillaume, rimait de nouveau le Bestiaire; et presque au même moment un clerc picard3 le délayait en prose du Beauvoisis. Ces diverses élaborations ne sont pas .seulement curieuses comme monuments du vieux langage, et cela seul leur donnerait bien le droit d’appeler l’attention tout aussi justement que mainte autre pauvreté plus ou moins ancienne; elles importent en outre à la connaissance du texte original, comme moyen de vérification. Toutes s’accordent sensiblement sur le fonds, et chacune d’elles a quelques parties qui lui sont propres; comme si jamais deux de ces auteurs n’eussent eu sous les yeux un même modèle. Quelque chose de pareil se voit dans les variétés que présentent les exemplaires latins comparés entre eux. Pour dégager ce qu’il y a de primitif en constatant ce qu’il y a d’universel, afin d’arriver plus tard à la publication du véritable texte grec, on ne saurait trop multiplier ces parallèles. Il convenait cependant d’être sobre dans cette première tentative, d’autant qu’une publication anglaise4 fort récente nous dispense de songer à Philippe de Thaun. Réduits à Guillaume le Normand et Pierre le... Picard

légendes équivoques sortent généralement de la littérature ecclésiastique sérieuse pour passer dans la littérature populaire, où elles sont accueillies avec faveur sur leur réputation précédente de monuments authentiques.

1 Écartons ici le rapport qu’on pourrait chercher entre l’hétérodoxie du Physiologus et les doctrines suspectes de certains constructeurs d’églises ; question très peu éclaircie, mais qui demande une place à part. Car il est impatientant de voir semblables hypothèses décidées en un trait de plume, ou en

des pages qui ne valent pas davantage. Du reste, que l’on affirme tout ce que l’on voudra, pourvu qu'on le prouve.

2 Cf. Rud. v. Raumer, D. Einwirkung d. Christentliums aufd. althochdeutsche Sprache.

3 II se donne le nom de Pierre dans les trois exemplaires que nous connaissons, et qui diffèrent l’un de l’autre en plusieurs points (mss. P, R et S).

4 Th. Wright, Popular treatises on science, written du ring the midle âge (Lond. 18/tl), p. 7ù, svv.

(comme je le suppose), nous ne primerons ni par la littérature ni par l’antiquité; mais le Bestiaire en prose nous donnera lieu de remarquer une édition latine du Physiologus revu,

corrigé et augmenté, qui appartient au douzième siècle et à la France.

Le travail de Pierre le Picard (on peut bien lui hasarder décidément ce nom), ayant plus d’étendue que les autres, servira comme de souche. C’était la rédaction à peu près la plus moderne1 II. III. * V. VI. * VIII. * X. * XII. qui fût d’abord à ma disposition quand je débutais dans ces recherches en 18/p2, c’était par conséquent la moins bonne ; mais comme plus ample et très complète en miniatures, elle offrait pour la disposition des articles en série continue un cadre quelconque auquel je me suis arrêté, n’empruntant que certaines variantes aux exemplaires du quatorzième siècle et du quinzième (Mss. R et S) que possède la Bibliothèque du roi, mais que je n’ai connus d’ailleurs qu’après avoir fait mon plan.

Pour rapprocher de chaque article ceux des Bestiaires antérieurs, il a fallu bouleverser l’ordre que ceux-ci avaient reçu dans les manuscrits; mais tous différaient entre eux sous ce rapport au moins par quelque endroit, et nul système ne pouvant être sans inconvénient, celui-là n’avait pas l’air d’être le pire. Aussi bien il y sera remédié jusqu’à un certain point, soit par les indications qui vont suivre, soit en conservant aux articles déplacés le numéro d’ordre qu’ils avaient (ou devaient avoir) auparavant.

Les lettres placées entre parenthèses près des titres, dans la publication du texte, renvoient aux miniatures reproduites par les planches gravées.

Commençons les tables des matières par la seule qui se trouvât toute faite dans le manuscrit; c’est celle de B. Elle y vient immédiatement après le titre général du livre, et les chiffres y sont généralement assez exacts, tandis qu’ils cessent de l’être en tête des articles :

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